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L’éveil des chimères – Eric Amon

Qui a dit que les monstres n’avaient pas d’âme ?

Dans un monde dominé par les humains, où la magie est à peine plus qu’un soupir, les créatures mythiques de l’ancien temps (sphinx, minotaure, manticore, hydre, faune…) essaient tant bien que mal d’exister.

Dans cet univers imaginaire et extraordinaire, quand elles ne sont pas simplement considérées comme de pures fictions, elles passent désormais aux yeux des hommes pour des monstres.

Le sont-elles toutes vraiment ?

L’éveil des chimères est un roman complexe, dont j’ai apprécié certains aspects et d’autres moins.

Le récit s’ouvre en prologue sur la présentation d’une créature fabuleuse retranchée dans le désert, dont on suit l’attaque par des mercenaires venus l’acculer sur son territoire. Cette introduction s’interrompt en pleine action, suite à quoi je m’attends à ce que le roman commence véritablement.

Or il n’en est rien : la suite de l’histoire n’est qu’une succession de chapitres présentant différentes créatures chimériques au cours d’un fragment de leur vie. Ce point ne me dérange pas en soi : l’idée de présenter, au lieu d’un récit linéaire, un personnage par chapitre dont chacun permet d’en savoir un peu plus sur l’univers du livre ne m’était pas inconnue, mais reste cependant un concept littéraire que je trouve original.

Deux aspects m’ont cependant dérangée, en conséquence de quoi j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire.

Je trouve tout d’abord qu’il y a un certain nombre de descriptions au cours desquelles j’ai parfois un peu décroché, et qui sont visiblement présentes avant tout pour délayer l’action. Dans certains cas pourquoi pas, mais en l’occurrence ce motif est à mes yeux revenu trop souvent dans la première partie du récit, ce qui a fini par me lasser un peu.

Ensuite, au cours des cent cinquante premières pages, tous les chapitres ou presque s’interrompent au beau milieu d’une action, sans résolution aucune. Ce procédé narratif, parce qu’il est extrêmement classique, a tendance à m’agacer, même s’il est parfois utilisé par de bons auteurs. Cependant ici, ces personnages ne seront pas repris par la suite et, laissés à leur propre sort jusqu’à la fin du roman, on ne sait pas ce qu’il advient d’eux. Je n’ai rien contre les fins ouvertes mais dans le cas présent, finissant par comprendre comment tout chapitre se finissait systématiquement, j’en suis venue à me désinvestir des protagonistes présentés, ce qui est dommage car l’auteur au demeurant sait nous les rendre attachants assez facilement.

J’ai trouvé beaucoup plus intéressante la deuxième partie du roman (c’est-à-dire passées les cent cinquante premières pages).

Toujours suivant le même principe, les créatures fabuleuses nous sont présentées au cours des chapitres mais les histoires sont davantage résolues, ce qui permet de s’attacher plus aux individus présentés.

De plus l’auteur a su varier la manière dont il nous présente ses chimères : petite nouvelle, récit fragmenté, pièce de théâtre, récit plus classique… Il y a une vraie diversité des genres, ce qui est original et permet de casser la monotonie. Certains de ces textes évoquent d’ailleurs des idées fantastiques très intéressantes (violons dont la musique influence extrêmement les émotions, voix étranges qui rendent fous au fond des bois…) et bien exploitées. On trouve également des passages assez haletants desquels il est difficile de décrocher.

Enfin, on comprend un peu mieux vers quoi tend le récit, et les histoires se croisent un peu plus, ce qui permet de mieux s’y retrouver au sein de l’univers de l’auteur.

La deuxième partie du roman m’a donc proposé une lecture beaucoup plus agréable que la première.

L’éveil des chimères est donc un récit que j’ai trouvé intéressant mais dans lequel j’ai eu du mal à rentrer, car une grosse partie du livre m’a semblé trop éparpillée pour pouvoir former un tout cohérent. Il se décline cependant sous une forme intéressante variant les approches et dont certains très bons passages viennent rehausser le niveau.

La plume est assez agréable à lire, presque poétique à certains moments avec de jolis jeux et mots et figures de styles, même si je l’ai trouvée plus inégale à d’autres moments ; l’auteur passe parfois d’un système des temps au présent à un système au passé d’une façon qui m’a rendue un peu confuse.

Enfin des illustrations bienvenues ponctuent chaque fin de chapitre et mettent en image les différentes créatures présentées.

C’est une expérience littéraire que je ne regrette donc pas, même si je trouve que le roman aurait gagné à être un peu épuré.

L’éveil des chimères

Eric Amon

Leha éditions

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