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LES METIERS DE LA MUSIQUE : entretien avec Stéphane Birlouez, photographe

Dans notre série Les Métiers de la musique, nous avons décidé de vous proposer de lire ce que ces hommes de l’ombre que sont les photographes ont à dire. On commence cette nouvelle série avec Stephan Birlouez de Among the Living, photographe live depuis 5 ans maintenant, qui dispense sa bonne humeur et son talent au gré des pits et des festivals. Entrez donc dans son univers photographique !

eMaginarock : Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à ces questions. Pourrais-tu tout d’abord te présenter, et nous expliquer comment tu en es venu à la photo, et plus particulièrement la photo de concert ?

Stephan : Je fais de la photo depuis plusieurs années déjà, bien avant de fréquenter les pits photos des salles de concerts. C’est un intérêt qui s’est transformé en passion avec le temps. Figer le temps et le quotidien,  garder une trace d’un moment, d’une émotion, d’un visage ou d’un lieu, c’est ce qui me fait vibrer aujourd’hui dans la photographie.
Pour ce qui est de la photo de concert, j’y suis venu par hasard fin 2012 et j’ai chopé le virus directement. Je la considère à part de ce que je peux faire dans d’autres situations car elle est indissociable de l’ambiance liée aux concerts. C’est difficile à expliquer, j’imagine que c’est comme la boxe en salle quelque part : on y vient pour le sport mais aussi pour l’ambiance de la salle, l’odeur et cette excitation de groupe qui va avec.

eMaginarock : Comment travailles-tu, quel matériel utilises-tu ?

Stephan : Je suis sur du CANON en matériel, avec deux boitiers EOS 5D M3 & 4 et une série d’objectifs série L. Sinon, pour ce qui est du « comment je travaille », eh bien j’appuie sur le bouton. 😉
Plus sérieusement, mes réglages se font dès les premiers instants du concert, quand on a déjà une idée des lumières et de la mobilité des artistes. Apres, j’affine au fur et à mesure en fonction du set. Je n’ai pas vraiment de règles ni de réglages pré-définis.

eMaginarock : Comment travailles-tu en post-prod ? Quel logiciel utilises-tu ?

Stephan : J’utilise uniquement Lightroom d’Adobe, et j’ai pour habitude de ne pas passer plus de 3 minutes sur une photo en post traitement.

eMaginarock : Comment considères-tu ton boulot de photographe live ? Quelle est la vision qu’en ont les gens ?

Stephan : LA question à laquelle il est impossible de répondre… (lol) !
Je dirai que plus le temps passe et moins je suis satisfait de mon boulot. Probablement un peu par lassitude. Certains diront qu’on devient trop exigeant ou perfectionniste, mais au fond je pense sincèrement qu’il y a un peu de tout cela mélangé.  C’est aussi pour cela que je fais un peu moins de concerts en ce moment, pour ne pas me « dégoûter » du sujet.
Pour ce qui est du regard des autres sur mon boulot… Comment te répondre ? Tu es surement plus à même de répondre à cette question que moi.

eMaginarock : Quelle est la plus grosse claque que tu te sois pris sur un live (en tant que photographe) ?

Stephan : Oula, il y en a tellement ! Visuellement il y a des groupes plus « faciles » à prendre que d’autres, comme ACCEPT par exemple, qui ont des lights superbes et des membres qui posent facilement. Probablement parce que Wolf Hoffmann est aussi photographe. Apres il y a des groupes à la scénographie et au look intéressant en terme de photographie, comme GHOST, BEHEMOTH ou AVATAR par exemple. La liste est longue.

Il y a aussi l’environnement de la salle qui joue, mais le plaisir reste finalement le même que ce soit de shooter BLACK SABBATH à Bercy ou GOROD dans une MJC en banlieue parisienne.

eMaginarock : Et a contratio quel est ton pire souvenir (en que photographe) ?

Stephan : Je dirai les concerts ou il n’y a pas de lumière comme MESHUGGAH (superbe concert au demeurant) ou FEAR FACTORY, voire OPETH dans certaine configuration. Il y a eu aussi THE EXPLOITED au GLAZART ou il faisait une chaleur à crever, et tous les photographes vous diront que la salle est « compliquée » quant aux conditions de shoot. 😉

eMaginarock : Le média pour lequel tu travailles te laisse-t-il toute latitude sur tes photos et tes choix de concert ?

Stephan : Oui, je suis mon propre patron sur Among the Living.

eMaginarock : Comment fais-tu pour mener tes activités professionnelles et la photographie de front ? Car c’est tout de même un gros travail !

Stephan : En fait j’ai un don d’ubiquité, ce qui me permet de mener de front toutes les activités que j’ai envie de pratiquer. Dans la vraie vie, c’est une passion chronophage qui laisse finalement peu de temps au sommeil si l’on veut préserver sa vie de famille. J’avoue que c’est un jeu d’équilibriste qui demande vraiment de l’organisation. Parfois il faut savoir prendre de la distance et ne pas shooter pour shooter comme pas mal de photographes le font aujourd’hui.
Je fais au mieux pour que cette passion n’empiète pas trop sur mon entourage proche, et j’ai la chance d’être entouré et soutenu par ma famille.
Nous écoutons tout le temps de la musique à la maison, et c’est un environnement naturel que celui-ci , c’est une chance quant à la tolérance des absences que génère mes déplacements.

eMaginarock : Fais-tu d’autres types de photographie que du live ?

Stephan : Oui, même si je ne les diffuse pas beaucoup. J’aime la photo de rue et des gens qui la parcourent.

eMaginarock : Comment vois-tu le milieu musical actuel depuis les pits ? Est-ce difficile pour les groupes de se faire une place ? N’y a-t-il pas trop de groupes et pas assez de scène ou de public ?

Stephan : Le modèle économique des groupes et du milieu a changé depuis une vingtaine d’année. Les groupes ne vendent plus d’albums et sont obligés de tourner pour vendre du merch afin d’avoir un peu de trésorerie. Avant les groupes vivaient avec la vente d’album et tournaient pour en faire la promo, aujourd’hui ils font des albums pour tourner et vendre du merch et des places. Les gros s’en sortent, pour les autres c’est plus difficile.

Il y a effectivement pléthore de groupes qui tournent, et la scène est engorgée. Le public à du mal à suivre financièrement. On se retrouve de plus en plus dans des salles peu remplies.

eMaginarock : Merci d’avoir pris le temps de répondre à ces questions et à bientôt au détour d’un pit photo !

Retrouvez le travail de Stephan sur son Flickr ainsi que sa page Facebook !

About Thomas Riquet

Passionné de littératures de l’imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d’Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom.

Ce faisant il assure également la direction littéraire d’anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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