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LES METIERS DE LA MUSIQUE : entretien avec Cédric, aka Slaytanic, photographe

Parce qu’il n’y a pas que les parisiens qui savent prendre de belles photos, j’ai posé quelques questions à Cédric, amoureux de concerts et de photos vivant dans les terres désolées et froides du Nord de la France (nan j’déconne évidemment). Découvrez avec nous son univers photographique et sa vision du travail ! 

eMaginarock : Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à ces questions. Pourrais-tu tout d’abord te présenter, et nous expliquer comment tu en es venu à la photo, et plus particulièrement la photo de concert ?

Cédric : Cédric, 33 ans, j’écris et photographie depuis maintenant 2010 sous le pseudo de Slaytanic. J’ai commencé la photographie de concert en me rendant compte à mes tout débuts que ça servait à que-dalle de se servir d’un numérique dans des salles aussi petites qu’obscures.

eMaginarock : Comment travailles-tu, quel matériel utilises-tu ?

Cédric : J’ai longtemps utilisé un Canon 450D puis je suis passé sur un 70D, avec un Sigma 25-70mm, un Canon 50mm pour le moment.

eMaginarock : Comment travailles-tu en post-prod ? Quel logiciel utilises-tu ?

Cédric : Clairement j’utilise les outils de base de Lightroom. J’essaie de ne pas dénaturer l’origine même de la photo, que ce soit des lumières sales, une ambiance trouble ou un flou mal maitrisé. Et si c’est mauvais, j’efface !

eMaginarock : Comment considères-tu ton boulot de photographe live ? Quelle est la vision qu’en ont les gens ?

Cédric : C’est assez difficile à dire… A mesure que tu côtoies les gens dans les pits photos notamment, tu regardes leur travail et tu te rends souvent compte qu’il y a un fossé qui te sépare des grands et bons photographes. Que ce soit par le talent, l’œil et le réflexe pour capter ZE moment ou plus pragmatiquement la différence de matériel, tu fais profil bas en général et tu fais de ton mieux. Ayant longtemps évolué pour un seul et même webzine, j’ai vu l’évolution de mes photos et des retours que l’on pouvait avoir au sein de la team que nous étions. Aujourd’hui, le niveau augmente vite donc il faut suivre !

eMaginarock : Quelle est la plus grosse claque que tu te sois pris sur un live (en tant que photographe) ?

Cédric : Sans hésiter je dirais le concert de Rammstein l’an dernier au Download. Mais j’y ajouterai aussi Marillion à l’Aéronef de Lille et le In Theatro Denonium à Denain où le format du théâtre faisait un décor imparable.
Mais je garde un souvenir impérissable d’un concert au Motocultor où toutes les conditions étaient réunies pour un shoot rare : Behemoth, sans maquillage ni déguisement ni même leurs propres instruments (suite à un problème de transit aérien) étaient en tête d’affiche mais on n’a pas pu shooter. Sévère frustration.

eMaginarock : Et a contrario quel est ton pire souvenir (en que photographe) ?

Cédric : Tellement plus ! Entre des conditions climatiques défavorables ou des salles qui pensent que recevoir un groupe pour un concert est suffisant avec un potard vert sur la gueule du batteur, il y aurait bien trop à citer.

eMaginarock : Le média pour lequel tu travailles te laisse-t-il toute latitude sur tes photos et tes choix de concert ?

Cédric : Aujourd’hui je suis un peu entre plusieurs médias. Mais tous me laissent choisir et aller vers ce que je veux.

eMaginarock : Comment fais-tu pour mener tes activités professionnelles et la photographie de front ? Car c’est tout de même un gros travail !

Cédric : C’est une histoire d’organisation. Parfois tu dois faire en sorte de mettre un peu de côté tes photos et tes envies de concert parce que ton boulot te prend beaucoup de temps et parce que tu as une vie de famille… Mais globalement, si tu gères bien ton planning, ça matche assez facilement.

eMaginarock : Fais-tu d’autres types de photographie que du live ?

Cédric : Hormis quelques fois où je fais des photos de ma fille, rares sont les fois où je sors l’appareil… Avant j’allais faire des clichés d’orages, de la nature mais un jour, quand j’aurais des vacances, je pense qu’il servira !

eMaginarock : Comment vois-tu le milieu musical actuel depuis les pits ? Est-ce difficile pour les groupes de se faire une place ? N’y a-t-il pas trop de groupes et pas assez de scène ou de public ?

Cédric : Ca dépend des régions… Je sais que certaines régions ont un public plus mobilisé que d’autres. Ayant longtemps travaillé en déplacement, j’ai pu constater les différences entre l’Alsace et le Nord, la Région Parisienne, les Pays de la Loire ou la Vallée du Rhône. Mais ça n’empêchera jamais un public de râler parce qu’il n’y a pas de concert à se mettre sous la dent et au final de ne jamais se déplacer quand il y en a.
Le public en France a toujours ce côté incertain mais les groupes ne se rendent parfois pas compte qu’un renouveau est nécessaire et à force de proposer toujours les mêmes plans, le même style ou simplement aller taper dans un genre parce que ça marche en ce moment, ça n’intéresse pas forcément et au contraire ça peut se montrer assez destructeur niveau réputation. Le public en général est versatile mais ce n’est pas une raison pour le prendre pour un pigeon (bien qu’il y en ait à foison ces derniers temps)

eMaginarock : Merci d’avoir pris le temps de répondre à ces questions et à bientôt au détour d’un pit photo !

Cédric : Bécots du Nord et au plaisir de reshooter avec toi sous peu !

Retrouvez le travail de Cédric sur sa page Facebook

About Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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