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L’équilibre de l’extinction – F.E.L.I.N.E.-Création – Arnauld Pontier

Ce deuxième volume de F.E.L.I.N.E. n’est pas une suite, mais bien un prequel au premier ouvrage. Nous retrouvons Lothar Milton qui a détruit toute vie sur une planète dont les habitants auraient pu, hypothétiquement, un jour menacer la Terre. Ils avaient des pouvoirs qui pouvaient être utilisés à mauvais escient, mais encore eut-il fallu qu’ils le veuillent. Toujours est-il que pour ne pas voir leurs capacités détournées par d’autres espèces, Milton a décidé de provoquer un génocide. Mais c’est sans compter sur l’équilibre de l’extinction.

Parce qu’au début, il n’y avait rien et que rien était le tout. Puis l’univers est né, et avec lui les Meyres, forces vitales assurant la cohésion du nouveau tout. Chaque Meyres est attachée à une galaxie et veille sur l’équilibre de l’extinction. Lorsque la vie disparaît sur le moindre planétoïde, la Meyre s’assure que les causes de cette disparition sont bien naturelles, sinon elle met tout en œuvre pour rétablir l’équilibre en s’assurant que les génocidaires soient punis.

Lorsque Milton détruit Laméo, il se met à dos ces forces fondamentales de l’univers. Il va jouer de malchance, car sa demie-sœur est bien déterminée à créer un être artificiel à partir de matériaux génétiques d’origines laméennes. Ne pouvant l’atteindre directement, la Meyre décide d’investir le Central, l’intelligence artificielle qui dirige les destinées de toutes les créatures de la Fédération. Ce faisant, elle va superviser la création des répliques de la F.E.L.I.N.E. (Force d’Élimination, de Libération et d’Intervention Nano-Equipée) qui va se lancer sur la piste de Milton.

Arnauld Pontier nous livre un texte qui peut se lire indépendamment de F.E.L.I.N.E.. L’action, la sensualité, l’humour, le dépaysement sont autant des atouts mis en avant dans ce roman. Autant nous avons, dans le premier volume, suivi une F.E.L.I.N.E., autant nous assistons à des changements de perspectives tout au long du récit.

Tout d’abord, nous sommes au niveau de Milton et de sa demie-sœur, une dimension humaine qui est totalement inhumaine par son manque d’empathie pour ses pairs. Puis, nous captons le regard des Meyres et leur sens de ce qui se veut juste dans le cadre de l’équilibre de l’extinction. Et enfin, nous suivons une F.E.L.I.N.E. pour laquelle nous n’éprouvons pas les mêmes sentiments que dans le premier volume, car le lecteur connaît maintenant sa vraie nature.

Deux notions ressortent de ce récit. Tout d’abord celle de génocide. L’humanité a pour caractéristique d’être capable de s’exterminer. Quand elle retourne cette aptitude destructrice contre d’autres espèces, notamment pour des raisons d’espace vital, il n’est plus question de génocide. Et pourtant il s’agit bien d’une éradication méthodique mise en œuvre pour la détention du pouvoir, comme dans le cadre d’un génocide.

La seconde notion est celle de l’équilibre de l’extinction. On retrouve ici les principes du yin et du yang, du masculin et du féminin, de chacun des plateaux de la balance dont les Meyres assurent ici symboliquement l’équilibre. On ne parle pas de dieux, mais de l’univers en tant qu’être suprême. D’ailleurs les galaxies ne ressemblent-elles pas parfois à la disposition des neurones dans un cerveau ? On ne peut qu’espérer que l’auteur nous propose un nouveau volume où, peut-être, la F.E.L.I.N.E. rencontrerait son créateur, trouvant ainsi un sens ultime à son existence.

L’équilibre de l’extinction – F.E.L.I.N.E.-Création
Arnauld Pontier
Couverture illustrée par Mike Hoffman
Editions Black Coat Press
Collection Rivière Blanche
2018

18,00 €

A propos de Chris

Chris a toujours apprécié les littératures de l’imaginaire, mais il lit également d’autres genres pour son plus grand plaisir. Il préfère le terme de critique à celui de chronique qui lui semble toujours trop consensuel. Non qu’il dise systématiquement du mal des auteurs, mais quand il tient une bonne daube ou une resucée maladroite alors il laisse la plume glisser dans de bien sombres humeurs. Comme tout lecteur passionné – ça lui arrive parfois – il n’aime rien tant que de devenir festivalier et d’aller à la rencontre des auteurs. Chris participe de temps à autre à des appels à texte et s’intéresse depuis peu à la photographie, histoire d’apprendre à cerner l’essentiel d’une situation comme d’un lieu. Enfin, il aime plus que tout le transgenre et espère avec une certaine impatience pouvoir être à l’origine de la découverte d’un auteur qui aurait l’audace d’écrire un roman policier avec des sorcières, des mutants et bien entendu quelques créatures extraterrestres aux mœurs exotiques, à défaut d’être douteuses.

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