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Le Hobbit

Qui ne connait pas Bilbon Sacquet (oui, j’ai du mal avec Bessac) le Hobbit, ce petit personnage attachant embarqué contre son gré dans une folle aventure par le magicien Gandalf, où il aura à voyager aux côtés d’une compagnie de nains qui ont tout simplement décidé de récupérer leur bien, à savoir un énorme trésor gardé par le terrible dragon Smaug ? Si c’est votre cas, peut-être serait-il temps de lire ce classique de JRR Tolkien, petit écrivain un peu obscur qui publia, le siècle dernier, quelques livres ayant connu un certain succès d’estime.

C’est, évidemment, une introduction simplifiée, mais c’est un fait exprès dans le sens où le jeu est au départ conçu pour les plus jeunes joueurs, c’est à dires des bambins dont l’âge oscille entre 5 et 10 ans. En effet, les parents geeks cherchent forcément à partager leur passion avec leurs enfants, et, pour Noël 2016, nous n’avons pas dérogé à la règle.

En quoi consiste donc le jeu ?

Le Hobbit est un jeu coopératif (et c’est important lorsqu’on joue avec des enfants) conçu pour 2 à 5 joueurs. Chacun incarne un nain de la troupe, et les joueurs forment l’escorte accompagnant Bilbon vers le repaire de Smaug. Au cours de l’aventure, la petite troupe suivra les traces de Bilbon et aura à affronter moult aventures mettant leurs compétences à rude épreuve avant d’arriver, enfin, dans le repaire de Smaug et de s’approprier son trésor après l’avoir terrassé au cours d’une bataille épique.

Au niveau matériel, ça donne quoi ?

Au risque de répéter souvent la même chose, lorsqu’on parle d’un jeu EDGE, le matériel est très souvent de qualité. Et c’est le cas ici. La boîte contient, outre le classique livret de règles (j’y reviens un peu plus loin), un magnifique plateau de jeu, des cartes Nain, des cartes Événements et Aventure, une figurine de Bilbon, une de Smaug, cinq dés spéciaux, un pion Anneau, des pions Lembas, 5 cartes Personnage, des tuiles Dragon, des kubenbois de 5 couleurs (une par joueur) et un gros paquet de gemmes (ça, les gamins adorent !).

 C’est d’autant plus important que les plus grands peuvent faire fi d’un matériel « moyen » d’un jeu pour se concentrer sur ses mécaniques et son intérêt, mais pour les enfants, le visuel est hyper important et joue pour beaucoup sur leur implication et leur « immersion ». Ici, carton plein, donc.

Les règles ? Pas trop compliquées pour les plus jeunes ?

 Non. Pas du tout. Mais (parce qu’il y a un mais) la lecture du livret de règles (pas super clair, d’ailleurs) laisse penser à un système assez complexe qui risque donc de décontenancer les plus jeunes. Alors qu’il n’en est rien. Après relecture de certains passage, les choses finissent par s’éclaircir et quelques tours « tests » suffisent à bien comprendre les mécaniques.

Chaque joueur possède une carte Personnage qui le représente. Chaque personnage est défini par 3 caractéristiques (en gros la Force, l’Initiative et la Perspicacité) qu’il va falloir faire évoluer au cours du jeu afin que son nain puisse aider Bilbon lors des différentes aventures. Ces caractéristiques vont évoluer au cours du voyage entre les aventures. À chaque déplacement de la Communauté (défini par les cartes Événement tirées aléatoirement), chaque joueur va « enchérir » avec une de ses cartes nain (numérotées de 1 à 60, chaque joueur a 5 cartes en main à chaque moment). De la valeur de la carte choisie dépendra le moment où il déplacera la figurine de Bilbon. Lorsque la figurine arrive sur une case du parcours, le joueur modifie la valeur de la caractéristique correspondante sur sa fiche Personnage. Simple et efficace (même si le concept d’enchères n’est pas forcément facile à appréhender par les plus jeunes). Il existe un autre type de case : les cases provisions. Très importantes, celles-ci seront indispensables pour effectuer les aventures et permettront d’influencer sur leur résultat. À ne pas négliger, donc !

Les aventures, c’est comment ?

 Intéressant ! C’est là où les personnages vont devoir donner de leur personne afin de permettre à Bilbon d’avancer vers Smaug et son trésor. Comment ça se passe ? Lorsque la communauté arrive sur une case Aventures, on tire à tour de rôles les cartes du paquet aventure correspondant (il y a 4 paquets, chacun correspondant à une aventure). Sur chacune d’entre elle, un petit texte d’ambiance présente le défi à venir. La difficulté de ce dernier est exprimé avec différentes valeurs associées aux trois caractéristiques du personnage. Pour réussir l’aventure, le joueur dont c’est le tour doit lancer les dés et obtenir un résultat supérieur ou égal à ce qui est indiqué sur la carte. En fonction des valeurs de ses caractéristiques, le joueur pourra éventuellement relancer certains et obtenir des résultats bonus.

Et si vraiment le jet est catastrophique, le joueur pourra toujours compenser les « ratés » en payant ce qu’il manque avec des pions Lembas (d’où leur importance). En cas d’échec, le joueur pioche une tuile Dragon, en subit les effets négatifs et, si indiqué, Smaug sort de son antre et avance d’une case à la rencontre des joueurs. En cas de succès, le joueur récupère le nombre de gemmes indiqué sur la carte. C’est celui qui, en fin de partie, aura le plus grand nombre de gemmes dans son trésor personnel qui sera déclaré comme étant le nouveau Roi sous la Montagne.

C’est ensuite au joueur suivant de tenter son aventure, et ainsi de suite jusqu’à épuisement du paquet de cartes. Une fois la dernière aventure accomplie, la communauté reprend sa route vers l’antre de Smaug.

Plus on progresse, plus les cartes Aventures sont difficiles et les joueurs devront donc se concerter afin de savoir lequel d’entre leurs nains est le plus à même de résoudre le défi proposé (on peut en effet décider de ne pas faire une aventure, auquel cas la carte passe au joueur suivant). La communauté poursuit donc son épopée, profitant du chemin entre les aventures pour augmenter les caractéristiques de leurs personnages et accumuler le Lembas et affronter des périls de plus en plus grands au cours des aventures suivantes.

Et ce, jusqu’au grand final, qui les verra se confronter à Smaug dans une bataille épique pour récupérer, enfin, leur trésor tant convoité !

Une dernière chose : à 3 endroits sur le chemin, une des cases comporte un dessin de l’anneau. Celui qui le récupère obtient alors un énorme avantage : celui de n’avoir à se conformer, au cours des Aventures, qu’à UN SEUL résultat indiqué sur la carte, à la place des 2 ou 3 normalement obligatoires ! Mais, sa perspicacité s’atténue d’autant (l’influence maléfique de l’anneau, évidemment). C’est donc un choix difficile à faire (Bon, pour les gamins, c’est pas compliqué, ils le veulent tous !)

En conclusion, donc ?

Et bien le jeu est simple, agréable, facile de prise en main (hormis le livre de règles qui n’est quand même pas bien clair), les parties sont assez rapides (comptez entre 30 et 60 minutes environ) et le thème, joliment représenté, plait aux plus jeunes. Les plus grands (qui a dit les parents ?) y trouveront aussi leur compte et verront là un moyen de passer un agréable moment avec leur progéniture. La « rejouabilité » est importante, ce qui permet d’y revenir régulièrement sans éprouver de lassitude. Un très bon investissement, donc !

Euh, sinon, pourquoi parler d’un jeu aussi ancien ?

Parce que, na ! Non, plus sérieusement, un jeu de Reiner Knitzia n’est jamais un mauvais jeu (j’en ai d’ailleurs un autre sous le coude, plus récent – Râ – dont je vous parlerai dans pas longtemps). Parce que je suis anticonformiste, aussi, et que j’aime bien aller à contre courant. Parce que, et c’est ce qui m’a motivé au départ, lorsque j’ai cherché des jeux pour jouer avec mes grands enfants pour Noël, je n’ai rien vu concernant le Hobbit, et que je me dis qu’il y a peut-être d’autres parents qui seront ravis de voir qu’ils ont un choix de plus pour décrocher leurs bambins des leurs consoles ! Et parce que, et c’est très important, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, aussi (le rapport est lointain, je vous l’accorde).

Quoi qu’il en soit, attendez-vous à passer d’excellents moments en famille autour de ce jeu. Et puis zut, quoi, c’est le Hobbit !

Le Hobbit – Le jeu de société. EDGE. 39.95€

À propos Philippe Pinon

Trublion de 47 balais, touche à tout, autodidacte, tête de cochon. Après plus de 20 ans à effectuer un travail décérébrant, change de voie. Scribouillard, « traductier de l'impossible », il devient même éditeur (OVNI) en 2015 où il édite, accompagné de son associée et conjointe, romans et JdR. Mais ce qui le définit le mieux, c'est quand même le terme de "Gros Connard" (au grand cœur, malgré tout, pour ceux qui prennent le temps de fouiller au delà des apparences).

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