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Le crime de l’Orient-Express – Kenneth Branagh

C’est si beau.

Dans le train Orient-Express, un meurtre est commis. Le célèbre détective Hercule Poirot, pourtant en vacances, mène l’enquête…

Le Crime de L’Orient Express est un film tiré d’un roman policier d’Agatha Christie, que l’on ne présente plus.
Cet opus célèbre des aventures du détective Hercule Poirot avait déjà été adapté en film en 1974, mais également en téléfilm en 1976, 2001 et 2010, à la radio en 1993, en bande dessinée en en 1995 et en 2017, et même en jeu vidéo en 2006. Autant vous dire que pour ce qui est des spoilers, ça devrait pas être trop angoissant.

Alors, quand Kenneth Branagh décide de faire un remake d’un bouquin ultra-célèbre déjà adapté trouzemille fois, et dont tout le monde connaît la fin, ça donne quoi ?
C’est possible d’avoir une bonne surprise avec un classique ?

Où est le wagon-restaurant ?

Voyons ça ensemble.

Après avoir torché en 4 secondes une affaire à Istanbul, l’immense détective Hercule Poirot continuerait bien ses vacances, mais un télégramme urgent le force à prendre le célèbre train Orient-Express pour foncer vers Londres.
Un ami lui trouvant in extremis une place dans un wagon, il fait connaissance avec les passagers : une ravissante jeune femme, une vieille coureuse de maris, un mafieux louche; un couple de danseurs Russes…. en tout, quatorze passagers en comptant Poirot, plus le chef de wagon, s’installent tranquillement.
Très vite, papotages et rumeurs vont bon train (LOL !! Non, mais en fait j’avais pas de meilleure expression, ne me jugez pas).

On fait des mots croisés ?

Quand, en une seule nuit, le mafieux louche dénommé Samuel Ratchett est brutalement assassiné à grands coups de couteau et que le train se retrouve bloqué dans la neige après une avalanche, Poirot se décide à mener l’enquête.
Qui, des douze salopards (SUBTIL NON ?), aurait pu vouloir tuer un homme certes peu recommandable, mais en apparence, sans aucun lien avec aucun des passagers ? Plus Poirot furète dans la vie de ses suspects, plus les pistes se brouillent.
Preuves trop faciles et mobiles variés, chaque personnage se rapproche petit à petit de la victime. Les pièces du puzzle se mettent lentement en place et quand Poirot arrive enfin à démasquer Ratchett, il comprend tout. Ratchett, de son vrai nom Cassetti, avait organisé l’enlèvement de la petite fille d’un militaire anglais. Ayant reçu la rançon réclamée, il avait quand même tué l’enfant, entraînant dans une spirale d’horreur les deux parents, mais aussi tout leur entourage.
De la femme de ménage accusée à tort, aux policiers chargés de l’enquête détruits par leur propre échec, chaque passager du train est (ou était proche) un dommage collatéral de cette monstrueuse tragédie.

Chacun avait des raisons d’abattre de sang-froid le monstre qu’était Cassetti. Je vous flingue pas la fin, juste au cas où il resterait un kiki qui ait réussi à ne jamais entendre parler de ce scénar.
Alors… ?

Glacial, ce rôle.

Alors, déjà, c’est beau.
Chez Agatha Christie, on voyage et ça, Kenneth Branagh l’a compris. Des paysages, t’en veux ? T’en auras. Et c’est très bien, on se laisse emporter dans l’histoire grâce à des panoramas bien placés. Entre petits clins d’oeil politiques pour bien nous caler l’époque et grands plans larges de villes, de villages, du souk d’Istanbul aux montagnes enneigées, c’est superbe. On n’a qu’une envie, c’est de le prendre, l’Orient Express. (Bon, après, quand on sait que ça fait 800 balles par tête de faire Paris-Londres dedans, on a moins envie, mais là tout de suite, quand on est dans l’UGC avec notre seau de popcorn, on veut juste mettre un manteau en tweet et boire un Earl Grey dans ce wagon-salon de thé. C’est vrai quoi, un peu de classe que diantre).
La reconstitution du train est parfaite, du moins, on l’imagine.
Les moindres détails de vaisselle, de service… les vêtements, les dorures, les accessoires, tout est parfaitement immersif, presque un peu trop parfois. Le syndrome Titanic : REGARDEZ COMME ON A TOUT BIEN FAIT  !! DU COUP ON VOUS FAIT LA VISITE VIRTUELLE !!
(Plaisir coupable : ça me plaît beaucoup. J’avais adoré Titanic tant le bateau était beau, au point de n’avoir pas vraiment retenu la romance entre Jack et Rose : le héros de Titanic, c’est le bateau, putain ! Fin de parenthèse)
Mais pour ceux qui ne sont pas comme moi, obsédé des petites cuillères du XIXe (Siècle pas arrondissement ! Suivez un peu !), ce côté ostentatoire pourrait crisper, voire distraire.

Les acteurs sont impeccables bien que caricaturaux : un casting de malades pour un blockbuster qui rigole pas. On a plaisir à voir Daisy Ridley, Michelle Pfeiffer, Judi Dench, Penelope Cruz, Willem Dafoe en faux allemand… Des seconds rôles délirants, castés de façon tellement pointue qu’on frise parfois le too much, justement. Un petit côté « galerie des stars ». Johnny Depp en méchant, évidemment.
Kenneth Branagh endosse sincèrement et intelligemment le rôle du détective Belge, et même s’il a quelques ratés d’accent, s’en sort avec brio. Il faut dire que c’est peut-être le rôle le plus facile, Poirot étant connu pour son ego démesuré, le cabotinage est autorisé et il évite (de justesse) d’en faire des caisses. Une ou deux scènes un peu pathos, un peu inutiles, un peu « regardez comme je joue bien », mais ça reste tout à fait sympathique.
Si j’ai un immense respect pour Peter Ustinov et si le meilleur Poirot restera pour moi David Suchet, j’ai tout de même apprécié la performance de Kenneth Branagh dans la peau ce Poirot un peu plus humain. Sans doute restons-nous attachés à nos héros d’enfance, et peut-être aussi à ceux qui ont su endosser le rôle sur la longueur. Un peu comme, malgré mon amour pour Peter Cushing, Jeremy Brett sera pour toujours mon Sherlock Holmes.

Qui le fait le mieux ?

CONCLUSION

Somme toute, c’est beau comme du grand cinéma, c’est joué comme un téléfilm, ceci étant dit dans le sens positif et sympathique du terme : c’est un peu cliché, c’est un peu surjoué, c’est un peu théâtral, on veut tellement coller au bouquin, ce sont des rôles tellement cultes, que du coup, on perd en justesse ce que l’on gagne en folklore.
Agatha Christie écrivait l’ancêtre de la pop culture et nous voici donc avec un superbe blockbuster à la sauce Grand Siècle.
Alors, pourquoi bouder son plaisir ?

Le crime de l’Orient Express

de Kenneth Branagh

Scénario : Michael Green

Avec Kenneth Branagh, Daisy Ridley, Johnny Depp, Michelle Pfeiffer, Judi Dench, Penelope Cruz, Willem Dafoe

The Mark Gordon Company / 20th Century Fox

Eldricht Tales

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