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L’Arbre des pendus – Le dernier apprenti sorcier 6 – Ben Aaronovitch

 

Sale temps pour l’inspecteur Peter Grant, inspecteur de la police londonienne chargé des affaires de type « Faucon », c’est-à-dire susceptibles de receler quelques ingrédients surnaturels. Le voici lancé sur l’enquête au sujet d’un crime dont il doit à tout prix innocenter une jeune adolescente qui n’est autre que la fille d’une des déesses-rivières de Londres, et pas la moindre d’entre elles. Une enquête qui n’a rien de très simple, avec une adolescente morte par overdose-blessure thaumaturgique qui répond sans doute à un motif d’importance. Mais pourquoi liquider une simple gamine légèrement écervelée ? Quel rapport avec un manuscrit du grand Isaac Newton que tout le monde cherche depuis des lustres ? Que rôle peut bien jouer dans l’affaire le rusé Reynard, qui tient à la fois de l’elfe et de l’humain ? Pourquoi un nouveau crime atroce, et infiniment plus spectaculaire, chez le simple dealer de ces dragées Magic Babas auxquelles a été dans un premier temps imputé le décès initial ? Un gros et terriblement dangereux poisson comme le Mage sans Visage, déjà affronté dans les épisodes précédents, serait-il de la partie ? Lesley, la partenaire de Peter Grant, passé du côté obscur après un terrible accident, serait-elle de retour ? Et que viennent faire ces durs-à-cuire américains, qui pourraient bien eux aussi en savoir plus que le commun des mortels sur la manière de jeter un sort ?

« Comme vous le confirmera Beverley, j’ai certaines opinions en matière d’architecture. Pourtant, j’aime certains trucs modernes. Le Gherkin, le siège de la Lloyd, même le Shar – en dépit du sentiment persistant qu’il ferait un perchoir idéal pour les Nazgûl. »

On le sait : l’un des grands intérêts de la série du « Dernier apprenti sorcier » est la découverte de Londres, de ses quartiers, de ses architectures. Ce sixième volet ne déroge pas à la règle, et l’on en apprend beaucoup non seulement sur les extérieurs, accessibles à tous, mais également sur les intérieurs, souvent réservés à quelques élites. On aurait tort de ne pas profiter d’un guide tel que Ben Aaronovitch, qui, faussement débonnaire, promène partout son lecteur en le gratifiant de commentaires teintés d’une causticité délicieusement british. Et l’on y découvrira plus d’un pub ou d’une boutique dans laquelle on ne pourra plus désormais se rendre sans avoir l’impression d’osciller aux frontières du réel.

« Et je ne pus m’empêcher de songer à la personne qui avait écrit, en langue elfique : « Si vous lisez ces mots, vous n’êtes pas seulement un geek, vous êtres probablement déjà mort sur un piège à démons. »

Pas une rue, pas un sous-sol traversé au pas de charge qui n’ait droit à une brève description ou à un commentaire bien senti, histoire de donner un peu de véracité aux aventures et péripéties de l’inspecteur Peter Grant et de son supérieur et mentor Nightingale, toujours armé de ses talents de sorcier, de son humour britannique et de sa vieille jag. Entre enquête, filatures, poursuites, soupçons, fausses pistes, traquenards, rencontres inattendues, nouveaux personnages mémorables et affrontements magiques soit extrêmement subtils, soit laissant dans le décor des dégâts irrémédiables, on n’a guère le temps de souffler dans cette intrigue soigneusement conçue et réservant plus d’une surprise – mais conservant également certains mystères, histoire de laisser la porte ouverte à de nouveaux développements.

« Les êtres humains sont capables de laisser derrière eux des vestiges d’eux-mêmes qui, en certains circonstances particulières, peuvent interagir physiquement avec le monde matériel. Qu’en est-il des dieux ? Ont-ils des fantômes ? Dans ce cas, ne seraient-ils pas beaucoup plus puissants que ceux d’êtres humains ordinaires ? Un monde où circuleraient librement les spectres d’anciens dieux. »

Avec le cinquième volume de la série, « Les Disparues de Rushpool », l’auteur avait essayé d’échapper aux environnements et aux schémas susceptibles de lasser les lecteurs en projetant son lecteur hors de Londres. La tentative n’avait pas été probante : entre accumulation de clichés et intrigue moins consistante, ce cinquième volume avait été le plus faible de la série. En revenant aux fondamentaux, « L’Arbre des pendus » renoue avec ce qui faisait tout l’intérêt de l’univers de Ben Aaronovitch : une intrigue policière complexe, tendue, pleine d’action et d’humour, qui promène le lecteur à travers des quartiers londoniens saupoudrés d’une fine couche de magie. Le familier de cette succession d’aventures du « Dernier apprenti sorcier » verra ainsi revenir toute une série de personnages croisés au fil des tomes précédents, et glanera plus d’un nouveau détail au sujet de thématiques ou d’évènements historiques qui n’avaient été jusqu’alors qu’effleurés. Seul revers de la médaille, il sera difficile de goûter le volume sans connaître les références, allusions, ou prérequis des tomes précédents. Qu’à cela ne tienne : les aventures du « Dernier apprenti sorcier » sont rééditées avec de nouvelles couvertures, les mêmes que celles de l’édition anglaise : une belle occasion pour le lecteur qui voudrait découvrir cet univers en reprenant la série depuis le début, en commençant par « Les Rivières de Londres ».

Ben Aaronovitch

L’Arbre des pendus

Couverture : Stephen Walter

Editions J’ai lu

 

Ben Aaronovitch sur eMaginarock :

 

Les Disparues de Rushpool – Ben Aaronovitch

Magie Noire à Soho – Le Dernier Apprenti Sorcier T2 – Ben Aaronovitch

Eldricht Tales

A propos de Alaric

Lecteur surtout de littérature générale, mais fervent défenseur des littératures de l’imaginaire dès qu’elle transcendent le genre et viennent nourrir, et même enrichir, le domaine précité. Pas très attaché aux étiquettes, donc, et toujours prêt à plonger dans un volume original, en espérant y trouver une de ces œuvres qui sont capables de s’inscrire dans la durée.

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