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La tapisserie de Fionavar, l’intégrale – Guy Gavriel Kay

 

Notre terre n’est que le pâle reflet d’un monde plus ancien : Fionavar, le grand univers dans lequel cinq étudiants, Kim, Dave, Jennifer, Paul et Kévin, se retrouvent inopinément projetés. Guidés par le mage Loren Mantel d’Argent, ils vont devoir prendre position dans la guerre éternelle qui oppose les forces de la lumière et celle des ténèbres.

 

J’ai beaucoup aimé ce livre à la frontière entre la fantasy et le fantastique, qui revendique pleinement ses inspirations sans jamais basculer dans la caricature.

Il y a en effet beaucoup du Seigneur des anneaux dans ce roman : Loren Mantel d’Argent traîne des airs de Gandalf le Gris, le Dévastateur n’est pas sans rappeler Sauron et les lios alfar ont la délicatesse des elfes. Pourtant l’auteur a eu suffisamment de génie pour rendre un hommage vibrant à Tolkien sans jamais tomber dans une pâle imitation de son univers, contrairement à ce qu’on voit trop souvent en fantasy aujourd’hui.

On sent également une forte influence des légendes celtiques, que ce soit à travers les noms propres ou la manière e revisiter certains mythes.

 

J’ai apprécié le fait que ce récit s’ancre dans notre monde (et même s’il a été écrit dans les années quatre-vingts, l’ensemble n’a absolument pas vieilli), car cela permet au lecteur de croire à cette possibilité fantastique que d’autres univers croisent le nôtre.

L’univers de l’auteur foisonne de personnages, de légendes et de peuples, ce qui donne l’impression, même après avoir fini les trois tomes, qu’il nous reste encore beaucoup de choses à y découvrir. Cela renforce la sensation de complexité qui s’en dégage, ce que j’ai bien aimé.

 

Les personnages sont présentés de façon subtile, on les découvre au fur et à mesure de ce long voyage initiatique. J’ai juste été un peu surprise de constater que les cinq héros acceptent aussi facilement la possibilité d’un tel univers parallèle au leur.

Au fur et à mesure qu’on avance, d’autres protagonistes nous sont dévoilés, leurs perspectives sont abordées davantage et nous permettent une vue d’ensemble du récit.

Enfin, fait non négligeable et qui mérite d’être relevé, les femmes tiennent une véritable place dans ce récit et ne sont pas réduites à des caricatures.

 

Si le thème de départ a été vu et revu des centaines de fois (le combat de la Lumière contre les Ténèbres dans ce qu’il a de plus simple et de plus manichéen), l’auteur réussit le tour de force de le rendre original et captivant. J’ai habituellement une préférence très prononcée pour les causes complexes, les combats plus cornéliens dans lesquels il est difficile de savoir qui a raison ou tort. Ici, aucune place n’est laissée au doute et même si certains personnages se montrent plus ambigus, dans l’ensemble gentils et méchants sont parfaitement identifiés. Cela ne m’a cependant pas empêchée d’être totalement prise par l’histoire.

L’ensemble est raconté avec un style assez lyrique voir poétique par moments, un autre aspect que j’ai apprécié car il donne l’impression de lire une légende ; c’est sans doute grâce à cette façon d’écrire que l’histoire d’une lutte entre la Lumière et les Ténèbres parvient à rester crédible.

Cet aspect plus lyrique et légendaire n’exclut pas l’émotion, qui reste bel et bien présente jusqu’à la fin.

 

J’ai donc passé un très bon moment à lire La tapisserie de Fionavar.

Je conseille cependant à ceux qui voudraient se lancer dans l’aventure d’éviter de le lire par petits bouts et d’y consacrer quelques jours de vacances, car étant donné la complexité de l’histoire et les personnalités qui s’y croisent, il peut être parfois un peu compliqué de rentrer et de sortir trop souvent du récit. C’est un roman dans lequel j’ai aimé me plonger pendant des heures, sans en sortir véritablement entre deux moments de lecture.

 

La tapisserie de Fionavar

par Guy Gavriel Kay

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