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La Porte de l’Enfer – La Guerre des Démons T2 – Raymond E. Feist

Et voilà, un nouveau retour sur Midkemia, malheureux monde où la paix ne dure jamais bien longtemps.  Bragelonne nous délivre une énième production de Feist sur son univers préféré.

La traduction d’Isabelle Pernot reste de qualité  et Marc Simonetti nous livre une couverture percutante qui donne envie de prendre l’ouvrage en main. A son habitude, l’éditeur nous met l’eau à la bouche avec une quatrième plus qu’attirante :

« Le Conclave des Ombres est dévasté. Il a payé un bien lourd tribut pour repousser les monstres qui menaçaient Midkemia. Mais le deuil devra attendre, car dans une forteresse abandonnée au sein de la vallée des Hommes Perdus, le mal gronde. Belasco, le magicien diabolique, sème la terreur. Dans quel but ? L’odieux chaos qu’il a créé n’est-il pas qu’une diversion ? Pour espérer sauver Midkemia, le Conclave doit réunir les siens et découvrir ce que Belasco essaye de dissimuler. »

On retrouve donc réunis Pug , le Magicien, son fils, ses petits-fils, ses élèves, ses adversaires, ses amis, etc… Ce retour dans l’univers de Midkemia ne prête pas à sourire. La belle Miranda paraît bel et bien morte ainsi que l’un de ses fils, mais sait-on jamais ? Son père,  Macros le Noir, nous a habitués à des retours inattendus du Royaume des morts. Pug va donc devoir gérer son deuil, ses inquiétudes pour la vie de son fils, assumer sont statut de protecteur de l’univers et coller une méchante rouste aux affreux qui se mettent en travers de son chemin. Il est vraiment le seul qui alors que tout semble perdu et que le monde va périr sous les coups de boutoir des méchants à anéantir d’un seul sort dévastateur l’ensemble de ses adversaires.

Vous l’aurez compris je deviens acerbe et très critique. Je m’interroge : comment un super fan de Feist comme moi en arrive-t-il à ces extrémités ? Je crois que c’est par lassitude tout bêtement. J’ai découvert Feist et Pug dans les années 1980 et je le jure, en bon fan, j’ai dévoré l’ensemble de la série (cela fait quelques kilos de papiers) avec dans l’ensemble beaucoup de plaisir, toujours renouvelé.

Mais là, c’est l’indigestion, on sent que Feist s’use. Les intrigues tournent en rond, les personnages sont récurrents et les caractères de même. On s’attend presque à en voir certains ressusciter pour venir en aide à leurs descendants. Je crois que l’un de mes auteurs préférés a succombé comme tant d’autres à la facilité de l’écriture sur un même sujet et dans un même univers (je pense aux Terry Goodkind et L’Epée de vérité, Terry Brooks et  Shanara,  Eddings et La Belgaria). Du coup une question me vient à l’esprit : l’éditeur doit-il continuer à éditer ad vitam aeternam les ouvrages d’un auteur qui tourne en rond en mettant en avant son statut de star ou doit-il être honnête avec ses lecteurs et refuser de publier un manuscrit qu’il aurait refusé à un autre ?

Vous devinez bien entendu vers quelle solution je penche. Hélas les modèles économiques font qu’un Feist reste très vendeur. Et pourtant combien de nouveaux auteurs tant étrangers que français méritent de prendre une place qui me paraît devenir très vacante. Ce serait aussi un moyen de prévenir un désamour de la fantasy qui pourrait bien finir par se produire si l’on continue à privilégier des auteurs vieillissants et qui deviennent hélas « has been ».

Voilà, Feist, a perdu l’un de ses grands fans, mais la fantasy conserve un inconditionnel.

Que Howard et Tolkien vous protègent toutes et tous, amis lecteurs.

La Porte de l’Enfer
La Guerre des Démons T2
Raymond E. Feist
Bragelonne
20€

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