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La cinquième saison – N. K. Jemisin

 

La terre tremble si souvent sur votre monde que la civilisation y est menacée en permanence. Le pire s’est d’ailleurs déjà produit plus d’une fois : de grands cataclysmes ont détruit les plus fières cités et soumis la planète à des hivers terribles, d’interminables nuits auxquelles l’humanité n’a survécu que de justesse. Les gens comme vous, les orogènes, qui possédez le talent de dompter volcans et séismes, devraient être vénérés. Mais c’est tout l’inverse. Vous devez vous cacher, vous faire passer pour une autre. Jusqu’au jour où votre mari découvre la vérité, massacre de ses poings votre fils de trois ans et kidnappe votre fille. Vous allez les retrouver, et peu importe que le monde soit en train de partir en morceaux. 

Je suis malheureusement passée totalement à côté de cette histoire.

Nous suivons au cours de ce récit le périple de trois personnages, tout trois des orogènes : des êtres ayant le pouvoir de manipuler les forces telluriques.

Damaya, une toute jeune fille qui se retrouve au Fulcrum, école pour orogènes qui doit lui apprendre à dompter ses pouvoirs ; Syénite, une jeune femme à laquelle on confie quelques missions, et Essun, une femme dont le mari a tué le fils et kidnappé la fille.

L’auteur fait appel à un procédé narratif intéressant concernant ce dernier personnage : ses chapitres sont à la deuxième personne du pluriel. Ce parti pris est certes original, et je ne l’ai que peu (si ce n’est pas du tout) croisé au cours de mes nombreuses lectures. Il est cependant risqué : pour peu qu’on ne s’identifie pas assez au personnage, on se sent assez vite agressé à force de se voir imposer des comportements qui ne nous correspondent pas du tout. Malheureusement, des trois personnages, Essun est celle avec laquelle j’ai eu le plus de mal : je l’ai très vite trouvée antipathique, et ce « vous » m’a gênée presque tout au long du récit.

Ce roman soulève également un message important : l’acceptation de la différence. Les orogènes sont en effet rejetés pour ce qu’ils sont et victimes d’un certain racisme, ce qui aurait pu engendrer une comparaison intéressante sur la tendance qu’ont beaucoup de sociétés à mettre la différence à l’écart.

Malheureusement j’ai trouvé que là encore, ça ne fonctionnait pas : il est difficile voir impossible de justifier le rejet d’une différence qui n’est pas dangereuse. Mais peut-on vraiment reprocher à quiconque de vouloir éloigner une menace ? Les orogènes, loin d’être inoffensifs, peuvent se montrer terriblement destructeurs dès lors que leur pouvoir les dépasse : emportés par la colère, ils provoquent des catastrophes naturelles meurtrières, c’est d’ailleurs le cas de l’héroïne qui dès le début du livre provoque la destruction de la cité qui l’a accueillie et de ses habitants. On peut à mon sens difficilement juger ces êtres humains qui refusent dans leurs villes la présence d’un individu risquant de tuer des dizaines de milliers d’innocents parce qu’il s’est montré un peu trop susceptible…

Enfin, j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l’univers de ce roman.

Il est en effet beaucoup trop confus pour moi. C’est un reproche que je fais à certains romans de science-fiction, et celui-là n’y échappe pas : il y a des passages entiers que je n’ai pas saisis, tout simplement parce que je ne comprenais pas les mots utilisés (des néologismes) ou le contexte de l’histoire. Un lexique et un récapitulatif historiques sont présents à la fin du livre (pourquoi pas au début ?) mais ils n’aident pas beaucoup, et je n’y ai trouvé aucun des termes qui me posaient problème.

Je me suis donc ennuyée à la lecture de ce livre, et on ne peut pourtant pas dire qu’il ne s’y passe rien car l’action est bien présente, mais la perspective depuis laquelle elle est décrite ne m’a pas permis d’y croire vraiment. D’autant que l’orogénie y est expliquée dune façon pseudo-anatomico-scientifique qui ne m’a pas paru crédible du tout : il aurait je pense mieux valu éviter toute explication concernant ces capacités surnaturelles, ce qui aurait permis d’en faire un sujet franchement fantastique.

Je suis donc passée totalement à côté de ce roman, ce qui ne signifie pas qu’il ne puisse pas plaire à d’autres en raison de son originalité : malgré tous ses défauts, ce récit est décrit avec un style intéressant et prend des perspectives atypiques qui conviendront sans doute à d’autres que moi.

La cinquième saison

N. K. Jemisin

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