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Kataklysm + Hypocrisy + The Spirit – La Machine du Moulin Rouge – Paris – 3/11/2018

Quand on se promène à Pigalle un samedi soir, on pourrait s’imaginer aisément que chaque bâtiment, sans la moindre exception, ne renferme rien d’autre que douceurs et filles aux courbes généreuses révélées dans la confidence du mythe de ce quartier parisien. Et pourtant.

The Spirit, venus d’Allemagne, montent sur scène devant un public qui commence très doucement à grossir. Comprenez : seulement un tiers de fosse est campé là, et une bonne masse reste perchée en haut des escaliers et autres petites balustrades qui composent la salle. Le set est quelque peu à l’image de cette ambiance de début de soirée ; ce qu’il se passe sur scène soutient certes l’attention du public, mais avec quelques longueurs. Voilà pourtant une précise exécution de black/death, qui regroupe l’aspect mélodique mais dur de l’un et l’attitude de l’autre. Le public commence par écouter religieusement avant de se lâcher un petit peu. Comme quoi, il semblerait que ce soir, le spectateur parisien ne soit décidé à faire le fou que s’il n’est pas seul ! La preuve plus tard.

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Pendant le changement de plateau, la musique diffusée en fond sonore revient pour nous faire patienter, et il convient d’attirer l’attention sur celle-ci. Sont-ils bien sérieux d’avoir choisi des titres de Skills In Pills (l’album né de la collaboration entre Peter Tägtgren et Till Lindemann, ndlr) ?! Petit clin d’œil amusant à l’un des autres projets du multi-instrumentiste, mais n’oublions pas qu’il n’est pas seul ce soir.

Quand les gars d’Hypocrisy arrivent sur scène, c’est un tout autre accueil qui leur est réservé. Attendez que Peter se montre, et c’est le début de la fin. Les fans du groupe sont bien là, et quel bonheur de constater, outre leur nombre, à quel point leurs profils sont variés : genres et tranches d’âges sont merveilleusement bien représentés. Et pour répondre à cette demande, il se trouve que les suédois ont réussi à proposer une setlist qui semble agiter tour à tour ces différents agrégats de personnes. C’est beau, de voir Tomas Elofsson et Mikael Hedlund sourire à tout va. Peter papote beaucoup avec le public, et ce n’est pas pour nous déplaire. Il semble tellement sympathique qu’on serait prêts à parier qu’une grand-mère lui pardonnerait de lui avoir cassé les oreilles avec sa voix et ses copains qui font du bruit. Mais nous, qu’est-ce qu’on aime ça ! Surtout la barbichette de Peter. C’est pendant Roswell 47 que l’audience démontre autant plus de vigueur, étant donné qu’une grande partie de la salle semble maîtriser les paroles. Les gens sont tellement occupés à beugler qu’une petite pause s’impose en ce qui concerne le pit, qui n’avait presque pas cessé de s’agiter tout le concert durant.

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C’est au tour de Kataklysm de faire turbiner la Machine. On aura rarement vu un public aussi bienheureux et amusé. Maurizio Lacono n’hésite pas à narguer le public, et quelle chance nous avons de les applaudir ce soir en France, du fait que l’on puisse se délecter aussi de son accent québécois si chaleureux. Chaleureux, à l’image de la personne, qui nous invite par exemple à venir chercher une bière en bas de la scène, si on le souhaite. L’heure est venue de déclarer la fameuse bataille entre les deux clans imaginaires de la salle, à savoir un beau wall of death. À cette occasion, Maurizio une fois encore fait un véritable sketch à commenter l’organisation légèrement laborieuse du public (« Quand on part on part, mais quand je vous l’dis, pas avant. Ça va, ça ?! » à lire dans votre tête sans oublier l’accent). Il tient à protéger tout le monde, et interpelle par exemple une jeune femme : « La demoiselle, la belle demoiselle en rouge, faites attention s’il vous plaît, on veut vous garder belle comme vous êtes ». Côté musique, Kataklysm nous raconte un peu l’histoire de Meditations, leur dernier album en date (l’arbre qui se trouve sur la pochette du disque remplit d’ailleurs une grande partie de l’arrière scène, et donne une touche poétique au spectacle), mais sans oublier d’autres merveilleux souvenirs pleins de douceur comme As I Slither, dont le riff d’intro lourd fait hocher les têtes en une hallucination d’untié visuelle parfaite, avant de répandre le public en moshpit. In Shadows & Dust à l’inverse rassemble tout le monde dans un beau circle que pas mal de gens filment depuis le balcon.

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Vers la fin du concert, une poignée de gens finissent sur scène. C’est une image qui résume très bien l’atmosphère générale de cette soirée : on est à la maison, entre fous, une binouze à la main, et tout le monde est le bienvenu.

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