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Iris Zero 1 – Hotaru Takana et Piroshiki

Iris Zero est paru en février 2012 chez Doki-Doki. Cette série commencée en 2009 et qui est toujours en cours après 5 tomes sortis au Japon est l’œuvre du dessinateur Hotaru Takana et du scénariste Piroshiki. Il faut préciser que c’est leur premier manga à tous les deux, mais ces débuts semblent prometteurs comme nous le laisse penser la quatrième de couverture :

Dans chaque regard se cache un pouvoir…
Pour échapper aux brimades de ses camarades de classe, Tôru a une philosophie : s’exposer un minimum aux regards des autres. Car dans un monde où chaque enfant possède désormais « l’Iris », la faculté de « voir » des choses, il est l’exception qui confirme la règle. Se faire oublier est pour lui une question de survie.
Mais tout bascule pour Tôru le jour où Koyuki Sasamori, une des filles les plus populaires du lycée, fait irruption dans sa classe pour lui demander une faveur. Violemment tiré de sa tour d’ivoire, Tôru se retrouve alors à la croisée de tous les regards…

Alors non, ce shōnen manga ne nous présente pas la vie de martyr de Tôru. Au plus, est-il mis à l’écart des autres du fait de son absence d’Iris, mais pas de bastonnades en règle ni d’insultes sur les parents de ce déficient, etc… De même, il ne faut pas chercher chez les porteurs d’Iris des super pouvoirs, nous sommes plutôt dans le gadget de type « Savoir qui a le plus de chances de correspondre à un besoin quelconque » ou « Savoir détecter qui ment et quand ». Bref, rien que de très banal, qu’un peu de jugeote peut facilement combler. Et c’est là qu’intervient Tôru.

Il préfère ne pas se mettre en avant afin de ne pas se faire rappeler son statut d’Iris Zero. Mais c’est bien parce que Koyuki lui demande son aide qu’on s’aperçoit que l’Iris n’est pas une fin en soi et que cela ne vous rend pas meilleur. Tôru est sensé et, malgré sa prudence naturelle, sait trouver des solutions aux cas qui se posent au fil de ces petites histoires qui s’enchaînent.

Dans ce monde, seuls les plus jeunes bénéficient de l’Iris, même s’il est encore quelques Iris Zero comme Tôru. Les adultes, et notamment les enseignants de l’établissement qu’ils fréquentent tous n’ont pas d’Iris et sont particulièrement discrets dans cette histoire, alors que les jeunes n’ont pas d’autre pouvoir que leur Iris. Autre point, plus gênant cette fois, les histoires sont très simples et ne poussent pas très loin la réflexion sur une société qui vit une vraie mutation, sur l’exclusion des individus différents, sur la part d’humain qu’il peut rester au final de tout cela.

Les récits sont souvent le prétexte à découvrir les pouvoirs des uns ou des autres, car si les Iris Zero sont à part, les porteurs d’Iris se méfient les uns des autres, car ils ne savent pas les pouvoirs qu’ont les autres, ce qui donne une tension légère à l’ensemble des relations entre individus. On dit du bien de ce manga, que pour ma part je trouve ordinaire, même s’il est basé sur une idée louable et si les auteurs ont su mettre rapidement en place ce monde si particulier. Je crains, hélas, que ce ne soit qu’une suite d’historiettes bien fades, alors que j’aurais apprécié de voir les héros devenir adultes, garder ou non leurs pouvoirs et ainsi suivre la métamorphose de la société dans son ensemble. Un bon début pour les auteurs qui sauront, à n’en pas douter, s’aguerrir avec le temps. Le deuxième tome à paraître en France est prévu pour le 11 avril prochain. Dernier conseil : n’hésitez pas à regarder sous la jaquette, car la couverture vous présente les fiches personnages de deux des protagonistes.

Iris Zero 1
Hotaru Takana et Piroshiki
Traduction par Michel Le Bras
Doki-Doki
2012

7,50 €

À propos Chris

Chris a toujours apprécié les littératures de l’imaginaire, mais il lit également d’autres genres pour son plus grand plaisir. Il préfère le terme de critique à celui de chronique qui lui semble toujours trop consensuel. Non qu’il dise systématiquement du mal des auteurs, mais quand il tient une bonne daube ou une resucée maladroite alors il laisse la plume glisser dans de bien sombres humeurs. Comme tout lecteur passionné – ça lui arrive parfois – il n’aime rien tant que de devenir festivalier et d’aller à la rencontre des auteurs. Chris participe de temps à autre à des appels à texte et s’intéresse depuis peu à la photographie, histoire d’apprendre à cerner l’essentiel d’une situation comme d’un lieu. Enfin, il aime plus que tout le transgenre et espère avec une certaine impatience pouvoir être à l’origine de la découverte d’un auteur qui aurait l’audace d’écrire un roman policier avec des sorcières, des mutants et bien entendu quelques créatures extraterrestres aux mœurs exotiques, à défaut d’être douteuses.

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