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Imaginarium – Cathala/Sirieix – Bombyx

Il y a quelquefois des évidences. Un truc qui vous tombe sur le coin de la tête et que vous prenez en plein visage. C’est le cas aujourd’hui. Alors, avant de commencer, on va tout de suite poser un constat :

IMAGINARIUM EST UNE PERLE LUDIQUE

Balancé comme ça, en tout début d’article, on est en droit de douter de l’impartialité de ce que je vais vous raconter. Et pourtant, non, aucune raison. Je suis toujours honnête et sincère lorsque je rédige mes (modestes) papiers, et je n’ai pas pour habitude de passer du cirage si cela n’est pas justifié. Il ne sera donc pas question ici de cirage mais de simplement vous expliquer pourquoi Imaginarium est un « putain » de jeu.

La première claque du jeu, on la prend dès qu’on pose les yeux sur la boîte. C’est beau. Non, c’est TRÈS beau. L’illustration transporte immédiatement dans un univers Steampunk baigné de machines extraordinaires que n’aurait pas renié Jules Verne. On va voyager, c’est certain. Une fois la boîte ouverte, le voyage continue. Le matériel est pléthorique, de grande qualité, et tout aussi immersif. Que ce soit le plateau, les cartes, les plateaux personnels ou les pions joueurs, tout est magnifique. Vraiment. Aucun défaut nulle part, tout est au cordeau. Mentions spéciales à la boîte permettant de stocker les ressources au centre du plateau pendant la partie et aux petits patins en mousse que l’on colle au verso des plateaux individuels pour éviter que ceux-ci glissent sur la table ! Tout a été pensé, je vous les dis, et remarquablement !

Après, il est certain qu’un bel objet ne fait pas un bon jeu . Il faut donc que le contenu soit aussi appétant que le contenant.

Imaginarium, ça nous parle de quoi, alors ? Messieurs Cathala et Sirieix nous mettent dans la peau de Bricoleurs qui œuvrent dans la Manufacture (le plateau de jeu principal). Chacun des bricoleurs va devoir réparer des machines, puis les exploiter afin de récupérer des ressources, qui vont à leur tour permettre de réparer d’autre machines. De plus, il va falloir valider des projets (source de points de victoire), aller à la pèche aux assistants, le tout en mettant des bâtons dans les roues des adversaires !

Vous l’aurez compris, les options sont multiples et le jeu touffu.

Mais, et c’est ça qui est fort, rien n’est compliqué.

Le livret de 20 pages qui accompagne le jeu peu laisser présager une fastidieuse courbe d’apprentissage avant de pouvoir se lancer dans la première partie, mais il n’en est rien. Pour notre part, nous avons effectué une lecture complète de ces règles (après 22h) en un peu moins de deux heures tout en effectuant la mise en place pour la partie, puis nous nous sommes lancés.

Nous sommes donc dans le jeu de gestion et d’optimisation de ressources.  Il va falloir être le plus précis possible pour bien calculer ce qu’on va être capable de faire au cours de son tour de jeu.

Le tour commence d’ailleurs par le placement de son Bricoleur sur la piste de tour. Choix stratégique s’il en est, parce que la position, outre le fait de décider en partie ce qui sera effectué pendant le tour, va bloquer vos adversaire (qui a dit Caylus ?) et donc le choix doit être pesé avec minutie : « vais-je faire ceci, où vais-je empêcher les autres de récupérer du Charbonium (la monnaie du jeu) ou de prendre telle machine afin de lui chiper sous le nez ? »

Et à chaque étape du tour, les choix sont toujours critiques : tant de possibilités et si peu de temps pour les réaliser.

Au cours de son tour, le joueur va pouvoir effectuer 2 actions parmi 6. Mais pas n’importes lesquelles ! Enfin, si, mais non. Je m’explique :

Chaque joueur dispose d’un plateau individuel (qui ne sont d’ailleurs pas identiques et doivent être piochés au hasard au début de la partie) – vous savez, ces plateaux au dos desquels on colle les petits patins pour éviter qu’ils glissent ? Et ben c’est ça.

Sur ce plateau, il y a donc les 6 actions potentiellement réalisables par le joueur au cours de son tour.

Et un cadran avec 2 aiguilles ; qu’il va falloir positionner devant les actions à réaliser. Oui. Ce qui veut dire que, au cours d’un même tour, vous ne pourrez effectuer que deux actions « voisines », ce qui augmente d’autant la planification à moyen/long terme de votre façon de jouer.

Simple, efficace, tordu et juste génial.

Sur la partie inférieure de ce plateau, 4 emplacements : c’est là que vous positionnerez vos machines récupérées après les avoir réparées. Oui, 4 seulement, ça peut sembler peu. Mais quant on sait que ces machines, en fonction de leur type, sont combinables, permettant d’obtenir des machines plus efficaces, et que ces combinaisons sont multiples, je vous laisse imaginer le nombre de combinaisons et de stratégies différentes qui en découlent. D’autant qu’on peut détruire ses machines pour gagner de la place et récupérer certaines de ses ressources constituantes.

Mais ce n’est pas fini : si vous regardez la partie supérieure du plateau, vous y remarquez 3 autres emplacements. Là, ce sont les assistants (à acheter, sinon c’est trop facile) qui vont pouvoir venir vous aider. Sachant que ces assistants ont chacun des capacités spécifiques, cela multiplie encore les combinaisons et les choix tactiques.

Et encore, je ne parle pas des projets à réaliser, qui sont votre principale source de points de victoire (je dis principale parce qu’on peut obtenir des points de victoire en les achetant contre des ressources – à condition de bien placer les aiguilles de l’horloge et donc de se « restreindre » sur d’autres possibilités pour ce tour – bonjour le casse-neurones, oui ^^) qui sont choisis aléatoirement en début de partie, ni de la présence du petit paravent personnalisé derrière lequel vous allez minutieusement dissimuler aux yeux de vos adversaires vos ressources ainsi que vos points de victoire (faut pas déconner, ils ont qu’à compter !) et vous aurez un aperçu de l’énormissime potentiel et de la rejouabilité de ce jeu.

Il y a des jeux qui marquent par leur design. Il y a des jeux qui marquent par leur originalité. Il y a des jeux qui marquent parce qu’ils possèdent une rejouabilité immense. Et il y a quelques exceptions qui marquent encore plus parce qu’ils combinent l’ensemble.

Imaginarium est un de ces rares jeux à frapper fort dans tous les secteurs. Nul doute qu’on en entendra parler pendant longtemps. Coup de maître de messieurs Cathala et Sirieix.

Et un grand MERCI à Bombyx d’avoir édité ce petit bijou.

 

Eldricht Tales

A propos de Philippe Pinon

Trublion de 47 balais, touche à tout, autodidacte, tête de cochon. Après plus de 20 ans à effectuer un travail décérébrant, change de voie. Scribouillard, « traductier de l'impossible », il devient même éditeur (OVNI) en 2015 où il édite, accompagné de son associée et conjointe, romans et JdR. Mais ce qui le définit le mieux, c'est quand même le terme de "Gros Connard" (au grand cœur, malgré tout, pour ceux qui prennent le temps de fouiller au delà des apparences).

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