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Gloom Seconde édition – Keith Baker

« C’est dans un monde morose et enténébré que se déroule Gloom. Le ciel est gris, le thé est froid, et une nouvelle tragédie vous attend à chaque seconde qui passe. Endettement, maladie, peines de cœur, meutes de souris enragées et avides de chair humaine… C’est au moment où vous croyez avoir vraiment touché le fond que la situation empire. D’aucuns prétendent toutefois que les récompenses de l’au-delà sont à la mesure des tourments endurés durant notre séjour en ce bas monde. Si tel est bien le cas, une lueur d’espoir subsiste, sinon dans cette existence, du moins dans le repos éternel qui lui succède. »

Gloom Seconde Edition est un jeu so british à l’humour caustique comme on aime, et ce, même si son auteur est américain ! De beaux moments en perspective.

Dans Gloom (comprenez « morosité »), chaque joueur contrôle une famille de marginaux excentriques. L’objectif est simple et dark à souhait : faire subir les plus grands drames, maladies, incidents funestes, malheurs ou catastrophes à chaque membre de sa famille, afin de miner au maximum son estime de soi, avant de lui accorder une Mort Prématurée bien méritée.

Comme c’est écrit dans le titre, ce jeu est une réédition d’un jeu sorti en 2004, avec un concept et une thématique que je trouvais (et trouve encore) assez innovants et inhabituels.

Le jeu avait bien marché à l’époque, puisqu’il comporte 4 extensions (Invités indésirables, Expéditions malchanceuses, Foyers malheureux et Morts sans repos), et a connu 4 déclinaisons : Gloom Cthulhu, Munchkin Gloom, Fairytale Gloom et Gloom in Space.

Petit rappel des mécaniques du jeu

Chaque joueur a devant lui 4 à 5 membres d’une famille.

L’idée est de jouer sur ses membres d’horribles malheurs, sous forme de cartes comprenant des valeurs négatives de modifications d’estime de soi.

A l’inverse, le joueur peut aussi réconforter les familles de ses adversaires, avec des événements heureux (mariage, héritage, …) qui leur feront accumuler des points positifs et donc remonter leur estime de soi.

Toutes les cartes, dans ce jeu, sont en plastique transparent. Ainsi, plusieurs cartes de modifications peuvent être jouées sur un seul et même personnage – et comme elles sont transparentes, les éléments précédents sont soit laissés visibles, soit dissimulés par la dernière carte jouée au-dessus.

Ainsi, si vous avez joué un -20 sur tonton Hector (« a chopé la gangrène »), votre adversaire peut recouvrir ce joli score sombre et funeste par un +10 rose-bonbon. Beuark !

Peu importe le nombre de cartes posées sur un personnage : ce sont uniquement les valeurs d’estime de soi apparaissant au-dessus qui comptent. Et lorsque le joueur trouve qu’un de leur perso est déprimé à souhait, il joue une carte « Mort Prématurée », envoyant ainsi son perso dans l’au-delà. Le perso est alors mis de côté jusqu’à la fin de la partie.

Les cartes de modification ont parfois également un effet, parfois positif et souvent négatif (limite de cartes en main réduite de 1, piocher deux cartes, défausser toutes ses cartes, …).

Il y a également des cartes événements qui pourrissent encore un peu plus le jeu (comme par exemple : retirer le dernier modificateur posé sur un personnage vivant), et qui permettent des avantages certains

Le jeu s’arrête lorsqu’une famille est entièrement décimée. On compte alors le total d’estime de soi de tous les persos décédés de chaque famille (les morts uniquement), et la famille qui a la valeur négative la plus élevée gagne la partie.

Au-delà du système de cartes transparentes, on peut ajouter un côté encore plusse fun, à savoir : décrire à chaque fois les calamités que vous abattez sur les membres de votre triste famille, au lieu de vous contenter de juste lire ce qui est écrit sur la carte jouée. Cet aspect storytelling (j’ai pas dit narrativiste !) est totalement optionnel, et peut rajouter effectivement des barres de rire si vous jouez avec des gens à l’imagination aussi prolifique que macabre et drôle…et à l’humour décidément noir.

Ce qui change dans cette réédition

Des icônes d’effets d’actions ont été rajoutées (persistant, immédiat, défensif et continu)
Deux cartes de rappel des règles et actions possibles ont été ajoutées
Le texte de certaines cartes, qui prêtait à confusion, a été remanié
Les illustrations ont été mises au goût du jour
Les cartes de Mort Prématurée ont désormais une icône centrale, ce qui permet de mieux voir quels persos sont morts ou non (et évite de devoir les retourner pour signifier leur mort – sauf que la règle, elle n’a pas été mise à jour, et que cette mention y figure toujours…mais c’est un détail).
Les critiques restent les mêmes par contre :

Ce jeu, proposé à 26.90€, reste assez cher, surtout que chaque extension coûte en plus 13.50€. Ça fait 80€ à débourser pour avoir la totale…c’est excessif, pour un p’tit jeu !
Heureusement, il n’est nul besoin de racheter toute la gamme, si vous l’aviez déjà : chaque version est compatible avec les autres. Ainsi, vous pouvez avoir l’ancien jeu de base et les nouvelles extensions, ou vice-versa, eh bien ça marche quand même. C’est déjà ça !
Les règles de base incluent déjà des règles pour la première extension. Bon, bein du coup j’appelle plus ça un jeu de base et une extension, pour ma part, mais un jeu en deux parties. Parce que là, ça force quand même vachement à acheter la première extension, non ?

Conclusion

Pour moi, Gloom était et reste un ptit jeu fun et sympa, ce genre de jeu qu’on dégaine volontiers à l’apéro (et en plus, les cartes en plastique ne craignent pas la bière, c’est royal !), et avec lequel on va passer de bons moments. Je peux comprendre les gens qui passeraient leur chemin en raison du prix trop élevé, et des extensions fort dispendieuses également…Il vaut peut-être mieux suggérer cela comme cadeau si votre belle-maman est en mal d’idées.

En tout cas, pour ma part, j’y joue avec plaisir, la mécanique est fluide, bien trouvée, et la thématique macabro-fun du jeu, assez peu habituelle, fonctionne bien.

Gloom, un jeu à mourir de rire !

Editeur : Edge
Nb joueurs : de 1 à 5 joueurs
Durée de jeu : entre 40 et 60mn
Mécanisme : Gestion de main

Eldricht Tales

A propos de Cyn / Manolita

Véritable touche-à-tout de l’imaginaire, ma réalité a toujours été colorée de Fantasy. Jeux, livres, films, c’est bien simple : tout m’intéresse, pourvu que ça me fasse rêver ! De l’heroic à la dark fantasy, j’explore et apprécie tous les genres. Et lorsque je me suis découvert une passion pour la technologie, c’était surtout pour pouvoir appréhender tous les nouveaux possibles qu’elle offrait. Mais l’imaginaire se nourrit également d’échanges et de partages, faute de quoi il est voué à se dessécher et disparaître. Aussi, quel meilleur endroit qu’eMaginarock, lieu de toutes les cultures alternatives, pour partager mes coups de cœur et coups de gueule ?

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