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Gaïa – Yannick Monget

Yannick Monget est un jeune auteur Français, qui avait créé le « buzz » lors de la sortie de la 1ère édition de Gaïa en 2006. Son roman avait interpellé sur le rôle de l’homme sur l’évolution écologique du monde et sur les conséquences dans un monde futur. Yannick Monget est aussi le fondateur de symbiose international, un groupe dans lequel l’auteur se bat pour sensibiliser les différents acteurs sur des mesures à entreprendre pour une meilleure symbiose entre l’homme et la planète. Yannick Monget s’est aussi fait connaitre à travers deux ouvrages « demain, la terre » ainsi que « terres d’avenir », qui pour ma part, s’apparente à des docu-fictions, où par le biais d’image de synthèse l’auteur projette ce que sera la planète, si rien n’est entrepris pour mieux préservé la Terre. Ce sera donc dans une ambiance fortement teinté d’écologie que l’intrigue de Gaïa va prendre ses racines.

Les éditions Bragelonne nous propose donc une réédition de Gaïa corrigé et enrichi par rapport à celle de 2006. La couverture reprend sans trop de nouveauté l’édition de 2006, on note une nouvelle mise en page, « l’apophtegme » reste le même : L’Homme n’a pas su respecter la Nature. Il n’y a plus aucune raison pour que la Nature respecte l’Homme. L’illustration de couverture sans être une révolution du genre a le mérite de nous dévoiler l’entité principale de son roman, à savoir La Terre. Voyons ce que nous annonce la 4ème de couverture :

Et si un jour l’homme prédateur devenait la proie, à son tour menacée d’extinction ?

Le monde sombre dans le chaos : un phénomène nouveau et inexpliqué affecte les écosystèmes du monde entier. Le comportement des animaux est bouleversé, les espèces végétales sont frappées d’impossibles mutations alors qu’une étrange épidémie se répand, qui pourrait causer la mort de millions de personnes.

Au cœur de la forêt tropicale amazonienne, Alexandre Grant, P.-D.G. d’une société de biotechnologie américaine, rencontre Anne Cendras. La célèbre biologiste française est convaincue que ce cataclysme n’a rien à voir avec le réchauffement climatique, mais qu’il menace la survie de toute l’humanité. Aucun gouvernement ne sait comment enrayer ce phénomène et déjà le contact est rompu avec certaines régions du globe. Seuls quelques individus, que tout oppose en apparence, sont bien décidés à comprendre et à lutter…

Le livre est donc un roman d’anticipation, où l’écologie vous l’aurez compris tient une place prépondérante. L’intrigue commence avec plusieurs événements notables à travers le globe, la terre est actuellement tourmentée par des éruptions solaires qui n’ont de cesse de fragiliser les moyens de communications modernes. C’est dans ce contexte que l’on découvre Alexandre Grant, P.D.G d’une multinationale, dont évidemment les seules préoccupations sont « l’appât du gain » et qui ne se pose pas vraiment de question sur les conséquences environnementales de ses activités professionnelles. C’est à cette occasion qu’il se rend dans un village d’Amazonie, où il y possède une exploitation de bois exotique, et qui depuis quelques temps connait des perturbations aux niveaux électriques et par conséquent des perturbations au niveau de son exploitation. Et c’est dans ce contexte, qu’il fait la connaissance d’Anne Cendras, une biologiste Française, qui vient interpeller Grant sur les conséquences néfastes qu’induit son exploitation sur l’environnement. C’est dans ces circonstances que l’auteur ne manque jamais de nous rappeler les relations de causes à effet de l’exploitation irresponsable des richesses de la planète, du rôle important de la biodiversité, de la préservation des espèces et de la disparition d’espèces endémiques, du réchauffement climatique etc … Anne Cendras joue en quelques sorte le porte voix de l’auteur et Grant vient lui joué le rôle de l’antithèse …  Certains lecteurs pourront peut être voir ceci comme des propos moralisateurs, mais ce n’a pas été mon cas, ce n’est malheureusement que des faits qu’il fait bon de rappeler de temps à autre …  Et ce n’est pas ce qui m’a dérangé lors de la lecture de Gaïa. Grant quitte le village Amazonien en ayant constaté les disfonctionnements électriques et repart sans en avoir compris la cause. Ces fonctions l’appellent alors à Paris et c’est rendu en France qu’il se fait mettre en quarantaine dans une base militaire. Le Village Amazonien dont il vient serait  la souche d’un nouveau virus qui se transmet de manière pandémique et qui provoque la mort sur certains individus. Il y retrouve donc Anne Cendras qui subi également la quarantaine avec d’autre scientifique qui l’accompagnaient en Amazonie.

C’est donc coupé du monde qu’ils parviennent à obtenir des informations via la télévision, la nature s’emballe, le monde connait des records de température, accompagné de pluies diluviennes. Les éruptions solaires continuent de couper successivement les moyens de communications, et l’épidémie ne cesse ne gagner du terrain, et la nature semble reprendre ces droits avec une croissance exponentielle et indomptable. C’est dans ce contexte de Chaos Planétaire que va se jouer l’intrigue de Gaïa. Grant qui se révèle finalement plus averti sur l’environnement qu’il n’en parait au début du roman, va être le personnage qui connaitra sans aucun doute le meilleur développement. Mais c’est quand même mis au pied du mur qu’il réalise enfin les actions néfastes de l’homme sur l’environnement.

L’auteur a lui-même expliqué lors d’une interview qu’il a opté pour un style simple. Donc pas de surprise, le style employé est effectivement simple et adapté pour être lu et compris par un large lectorat. J’ai été toutefois marqué par une expression régulièrement employé par l’auteur, « bonté divine » qui n’est pas très usité tout de même à notre époque. On a le sentiment d’une certaine retenue de l’auteur dans les dialogues qui reste toujours propre et correct, chose que je n’ai pas souvent rencontrée dans des romans d’anticipation. Les protagonistes, dans un ce type d’ouvrage, souvent poussés à leur limite ne se soucis guère d’employer un langage convenu.

Cependant, le roman ne manque pas d’action, même si par moment j’ai ressenti quelques longueurs. Je n’ai toutefois pas adhéré au dénouement finale, ce n’est pas qu’il m’a surprise ou dérouté c’est que je n’ai pas adhéré tout simplement. Je me serais pour ma part contenter du roman avec 40 pages en moins. La vraie conclusion, me concernant, se situe page 411 : « L’idéal aurait été de bâtir une civilisation (…) offrant le confort moderne aux hommes, mais respectueuse de la planète, élaborée en symbiose avec le monde naturel. La plupart des hommes ont pensé que c’était une utopie alors que la vraie utopie était de croire qu’ils pourraient continuer à vivre ainsi, détachés de la nature, bafouant ses règles les plus élémentaires. »

Pour finir, je dirais que ce livre est écrit pour le plus grand nombre, et il en a vocation par le message qu’il veut délivrer. De mon point de vue ce roman ne s’adresse donc pas à un public SF averti, ayant déjà l’habitude de lire de l’anticipation.

Gaïa
Yannick Monget
Illustration de couverture : Yannick Monget
Éditions Bragelonne

20 €

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