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Freaks Corp. n°6

Le genre de l’horreur peine à revenir sur le devant de la scène en France. Pour son sixième numéro, la revue Freaks Corp. choisit de remettre la terreur et l’horreur au centre de l’intérêt des lecteurs. Décryptage d’un numéro surprenant à plus d’un titre…

L’illustration de couverture est signée Jérémie Fleury et met immédiatement en place l’ambiance du numéro : le sang va couler et les morts seront à l’honneur. Obscure, effrayante et alléchante, cette couverture donne réellement envie de poursuivre plus loin l’aventure. Bon boulot pour ce qui est de la première impression puisque le format est lui aussi intéressant et maniable (semi-poche souple).

L’édito qui vient ensuite est simple et clair. Agréable à lire, il tient son rôle informatif sans pour autant tomber dans les pénibles digressions sur les mondes de l’édition et de l’imaginaire que l’on trouve chez un de leurs concurrents.

Puis on rentre dans le vif du sujet avec une section vidéo qui m’a permis de découvrir ou redécouvrir certains des films d’horreur les plus cultes. Intéressante sans être indispensable, cette rubrique a le mérite d’exister et d’être instructive.

Et vient le moment attendu par les lecteurs : une nouvelle de Bastien Lecouffe-Deharme et Gilles Oswald qui met en place l’univers de Retrocity, dont le roman graphique sort en ce moment aux Editions du Riez. Poétique, surprenant et effrayant, ce texte est selon moi un petit bijou qui aurait toutefois mérité d’être plus développé tant il est plaisant à lire.

A cette nouvelle succède un article sur le « shock rock », fort intéressant pour moi qui ne connaissais pas ce style musical. Le mot-mêlé est également une petite cerise sur le gâteau, ce genre de jeu ayant malheureusement disparu de nos revues préférées.

L’interview de Sire Cédric est un autre grand moment de ce numéro. Toujours aussi sympathique, l’auteur se prête au jeu sans sourciller et nous parle de sa manière de travailler, de ses ambitions,… Manque juste une news alléchante sur son nouveau roman, mais on ne peut pas tout avoir…

Le reste de la revue est assez classique. Sur les quatre nouvelles restantes, seules deux m’ont vraiment marqué : Vol interrompu de Sylvain Johnson et Titus Mandragore de Guillaume Lemaître. Le premier texte est très immersif et inquiétant tandis que le second répond plus aux clichés « classiques » de l’horreur. Terreur par-delà les mots de Stéphane Soutoul n’est pas un mauvais texte mais j’ai eu le sentiment qu’il lui manquait quelque chose pour le faire sortir de l’ombre. Concernant le texte d’Anaïs Douillard, Le tableau de Noël, je dois dire qu’il ne m’a pas séduit, tombant trop dans les clichés faciles…

Les Aphorismes de Fernando Gancalvès-Félix ont su me surprendre et j’en ai été ravi. Le numéro se termine sur la Bibliothèque de Freaks et un dossier. La Bibliothèque était trop peu fournie à mon goût avec un seul livre chroniqué. Pour conclure, le court dossier sur les zombies, « Children of the Dead », m’a fait le même effet que celui sur les vampires : informatif mais sans offrir quoi que ce soit de neuf sous le soleil…

Passons rapidement sur les illustrations intérieures. Tant de styles différents pourraient nuire à la cohérence de la revue et pourtant, chaque image apporte un charme particulier. Je n’ai bien entendu pas aimé toutes les illustrations, me sentant plus proche de Bruno Wagner, Bastien Lecouffe-Deharme ou Kerast que d’Okiko Da. Mais je dois reconnaître que l’ensemble est très agréable à regarder.

Pour conclure, je dirai que ce sixième numéro de Freaks Corp. tient ses promesses. Il y a quelque chose d’horrifique dans ces pages et j’ai été agréablement surpris par la qualité et la cohérence de l’ensemble.

Freaks Corp. n°6

Spécial Horreur

3,90 €

À propos Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

2 plusieurs commentaires

  1. (Osvald)

  2. (mais sinon, j’apprécie beaucoup tout ce qui a été écrit à mon sujet)

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