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Food for Maggots – Virginia Schilli

Second titre des éditions du Riez chroniqué ici, Food for Maggots est un recueil de nouvelles fantastiques d’une qualité proprement hallucinante. Dix textes, dix nouvelles pour envoûter le lecteur, le faire entrer dans un univers sombre, mais néanmoins terriblement attirant… J’avais été conquis par le concept des Sombres Romantiques mais cette fois c’est un recueil de nouvelles « à l’ancienne » qui est proposé et la tâche n’est pas simple…

La couverture, qui donne la première vision à un lecteur du contenu du livre, est une merveille réalisée par Aurélien Police, illustrateur que l’on voit de plus en plus travailler dans le domaine de l’imaginaire. Ses techniques, entre photographie et peinture, ses illustrations empreintes d’une obscurité, d’une sensibilité rares, sont autant d’atouts pour créer des couvertures alléchantes à souhait.

Mais il est temps d’entrer dans le vif du sujet avec dans un premier temps la préface signée Charlotte Bousquet. Etant un grand fan de cette auteure, sa caution sur ce recueil est déjà une sorte de gage de qualité. D’autant plus qu’elle écrit cette préface avec concision, présentant de manière agréable et poétique l’univers de Virginia Schilli. Je n’aime pas les préfaces trop longues, dépourvues de véritable sens. Celle-ci est pour moi un modèle du genre : simple, directe, qui laisse la place à l’auteur de s’exprimer.

Le lecteur embraye ensuite sur la première nouvelle, L’Ami du Beffroi. Dans un style très gothique où l’obscurité et la mort règnent, Virginia Schilli emporte le lecteur dans un vol funèbre d’une rare intensité. Death in the Box est une nouvelle d’inspiration plus punk avec toujours cette composante étrange, très gothique, qui fait de ces textes des petites merveilles. Le coffre à poupée est réellement criant de vérité et l’on se prend à ne jamais vouloir tomber dessus… Le concept d’Ars Moriendi, la nouvelle suivante, est très intéressant : un texte en deux parties, séparés dans le recueil mais chacun racontant sa petite histoire appartenant à une idée plus grande. L’histoire du peintre torturé par de sombres desseins est particulièrement appréciable à lire et sa suite, Exitium ipse sui, qui voit ces peintures dramatiques exposées est un pur chef d’œuvre d’imaginaire. Il s’agit à mon sens de l’un des meilleurs diptyques de nouvelles qui soit.

Le lecteur continue sa lecture avec Bilirubine. Il s’agit de LA nouvelle phare de ce recueil, pour moi du moins. Mélancolique et punk, gothique et électrique, elle vient mélanger les genres, mener le lecteur sur de fausses pistes et enfin propose une conclusion haute en couleurs. Scarlett feathers  est une nouvelle qui  trouve également sa place dans ce recueil mais de manière moins évidente. Cette histoire d’esclave au paradis est particulièrement intéressante mais j’ai eu du mal à en déterminer les aboutissants, ce qui m’a un peu gêné dans ma lecture. Avant dernier texte, Hadess, appartient presque au champ de la parodie. Les anciens personnages mythologiques de la Grèce se trouvent obligés de tenir une sorte de bar à strip-tease osé qui leur permet de se nourrir, je ne vous dirai d’ailleurs pas de quoi… Très bonne nouvelle même si elle m’a réellement surpris. Dernier soupir vient conclure ce recueil de la plus belle des façons, avec un récit macabre de la plus grande beauté, en forme d’adieu au lecteur.

La plume ténébreuse et douce de Virginia Schilli parvient à attirer le lecteur dans des rets particulièrement attirants, où il viendra se perdre dans l’obscurité du sang et de la mort. Seule note négative au tableau : quelques fautes de frappe et coquilles viennent émailler parcimonieusement le texte. Le rendu est bien loin d’être mauvais et la lecture n’est pas gênée par celles-ci.

Pour conclure, je dirai que Virginia Schilli est entrée dans le cercle des auteurs que je compte suivre de très près tant leur talent m’a sauté au visage. Entre poésie et macabre, le dosage est parfait. Les éditions du Riez proposent donc à nouveau un texte d’une qualité exceptionnelle qui ne pourra que satisfaire tout lecteur de fantastique gothique, et il y en a croyez-moi…

Food for Maggots
Virginia Schilli
Editions du Riez
Collection Brumes étranges
17,90 €

À propos Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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