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Erased – Ten Shimoyama

Satoru Fujinuma est un jeune mangaka, qui rêve de vivre de son art. En attendant ; il livre des pizzas. Nous sommes en 2006 et le jeune homme a la capacité de revivre certains moments. Un jour en rentrant du travail, il découvre sa mère dans un bain de sang. Elle a été assassinée. Sa capacité le renvoie 18 ans auparavant, à l’école primaire, pour la première fois.

Erased, est une série de 12 épisodes tirée du manga Boku dake gainai machi (la ville sans moi), de l’anime du même nom, et du live action (film, en ce qui concerne les adaptations de manga en long métrage), sortie en décembre 2017 et réalisée par Ten Shimoyama et produite par Netflix. Ce drama (puisque c’est ainsi qu’il faut dire), est maîtrisé de bout en bout, le visuel est magnifique. Il y a un je ne sais quoi de poétique qui plane ici et là dans le ciel et la neige, faisant un lien entre différents moments. La photographie est très belle et certains détails nous gardent en haleine tout en induisant un vrai sentiment d’empathie pour ces personnages hauts en couleur. L’adaptation de l’oeuvre de Kei Sanbe pourrait bien devenir incontournable avec une seule et unique saison.

Je ne suis pas une grande fan de mangas. Ma fille, pourtant, m’en abreuve régulièrement et du coup j’ai appris les différences entre shonen, seinen etc… j’avoue, la plupart m’ennuient prodigieusement. Il n’y a guère que quelques exceptions que je regarde ou lis avec plaisir. Là, le manga m’était totalement inconnu, je n’avais jamais entendu parlé de Kei Sanbe, ni de cette histoire. Une certaine chef de la section geek (Cyn:p), m’a dit qu’elle avait trouvé l’adaptation en drama très belle et j’ai promis d’y jeter un œil. Je m’attendais à quelque chose d’un peu surjoué, avec une histoire un peu niaise. Comme beaucoup de productions japonaises, à destination des femmes ou des ados. Quelle ne fut pas ma surprise de trouver un seinen (manga destiné aux jeunes hommes de 18 à 30 ans) bien adapté et en plus passionnant (en tous cas pour la majorité de l’histoire) ! Je ne savais pas ce que j’allais regarder, la surprise fut donc complète.

L’histoire démarre sur Satoru, le jeune mangaka, qui livre des pizzas. Presque immédiatement, nous sommes mis au fait de son habilité à sauter dans le temps pour sauver des vies, changer les choses. Puis il rentre chez lui, et trouve sa mère assassinée. Les preuves sont contre lui et alors qu’il s’enfuit il réussit à faire un autre saut dans le temps. Il se réveille dans la petite ville où il a grandit et se rend compte qu’il n’a fait un saut de 18 ans en arrière, l’année où un serial killer sévissait et où ses camarades ont été enlevés, puis tués.

La série nous plonge alors dans une ambiance étrange, mêlant thriller et effet papillon, tout en abordant un certain nombre de thématiques. Tout d’abord il s’agit de montrer l’importance de la famille et des amis, ce qui est tout à fait réussi. La mère de Satoru s’occupe de son fils, mais aussi des différents amis qu’il va se faire pour éviter qu’ils soient pris dans le filet du serial killer. Il va tout d’abord se rapprocher de Kayo, qui est une thématique à elle seule, puisqu’elle est maltraitée et par conséquent cela appuie encore un peu plus sur le côté « les amis peuvent aider ». Au final, on se rend compte que l’enfance comporte aussi son lot de problèmes et qu’il ne faut parfois pas grand-chose pour que les choses s’arrangent. Le voyage dans le temps est lui aussi exploité à son maximum et les différentes timelines se croisent, mais ne semblent pas incohérentes.

Dans la seconde partie de la série, le thème change quelque peu puisque Satoru se retrouve dans le coma, et il s’agit à ce moment-là de reconstruire sa mémoire et son esprit qui semble un poil perdu dans cette réalité difficile à appréhender. Il recroisera l’une ou l’autre de ses rencontres et cela lui fera quelques effets pas forcément évidents à gérer. Malgré les soupçons qui planaient sur le tueur, qui se vérifient, le spectateur est pris en otage par un suspens toujours présent. La seconde partie a été à mon sens plus mièvre que la première, mais on a envie de savoir et de voir comment tout ça se terminera. Les scènes de fin à nouveau ont quelque chose de poétique et fantasmagorique. Les choses qui tombent du ciel semblent être le liant de toute cette histoire…

J’ai été assez bluffée par la réalisation et les acteurs de ce drama. J’ai tendance à dire que les Japonais sont un peu comme les Américains sur le bon ton, bien pensant. Ici c’est faux. Les thèmes sont assez durs et tout est traité de façon à ce que tous les publics puissent voir cette production. J’ai été particulièrement impressionnée par la jeune Rinka Kakihara (Kayo, 10 ans) et Reo Uchikawa (Satoru, 10 ans). Globalement, ils sont tous assez justes et pour une fois, ne surjouent pas. A part la seconde partie qui est beaucoup plus guimauve en terme de dialogues et la fin qui m’a totalement blasée, j’ai vraiment été étonnée.

Justement la fin parlons en. Ma fille m’a pointée du doigt plusieurs différences entre l’anime et le drama et certaines ne sont pas négligeables, et notamment la fin. Dans le drama, nous nous situons sur une montagne et les explications se font, dans l’anime cette scène n’existe pas. En fait Satoru ne quitte pas l’hôpital où il est et son amie Kumi se fait opérer le jour de la résolution de l’histoire. Il y a également un élément beaucoup plus sombre dans l’anime (ATTENTION SPOILER !!!!! le prof se fait exécuter ! ATTENTION SPOILER!!!!!). La dernière scène quant à elle est identique et heureusement. La conclusion est bien amenée et clos la boucle de poésie avec quelque chose qui vient du ciel 🙂 .

En conclusion, je dirai que cette mini série a su se réinventer et tenir les spectateurs en haleine pendant 12 petits épisodes (25 min par épisode seulement), sans jamais tomber dans la facilité. C’est effectivement très beau et tout à fait passionnant. Je recommande !

Erased

d’après le manga de Kei Sanbe Boku dake gainai machi

réalisé par Ten Shimoyama, 

avec : Yuki Furukawa, Reo Uchikawa, Rinka Kakihara

Netflix

Eldricht Tales

A propos de 13

13, blackD, true evil darkness... appelez moi comme vous voulez. Whatever. L'image, aaaaaahhh l'image. Tellement belle, tellement infinie, tellement omniprésente, tellement incroyable, pourtant si mystérieuse. Ma passion, (avec le jeu et la lecture faut pas déconner!) la plus dévorante. Je pourrai philosopher sur ce sujet pendant des heures! Néanmoins, je vais vous épargner cette très douloureuse expérience (si, si je vous assure, lire une personne sans âge -la version polie d'ancêtre- déblatérer sur telle ou telle chose, c'est pas franchement un cadeau !), et passer directement à la distribution de bons points. Ceux qui sont pas sages, fessée cul nu devant tout le monde. Allez bisous, à tout vite.

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