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Entretien avec Stephany, chanteuse de Deus Ex Machina

Deus Ex Machina, on vous en a déjà parlé sur eMaginarock. Ce groupe suisse de death metal envoie du bon son et est très prochainement en tournée, donc on ne pouvait pas ne pas leur envoyer quelques questions par mail afin d’en savoir plus sur eux avant qu’ils ne viennent à le rencontre de leur public français.

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Pourrais-tu tout d’abord te présenter et nous expliquer ce qu’est Deus Ex Machina exactement comme groupe ?

Salut et merci à toi pour cette interview ! Je suis Stephany, chanteuse du groupe depuis son commencement. Deus Ex Machina est un projet qui a vu le jour il y a 5 ans à Genève en Suisse. Difficile de nous mettre dans une case particulière, mais on aime dire que l’on fait une sorte de metal moderne, composé de nos influences qui changent et évoluent avec le temps (plutôt typées Death/Melo/Groove), je pense que c’est un des aspects intéressants qui contribue à notre originalité.

Comment en es-tu venu à la musique, et plus particulièrement au metal ?

J’ai grandi dans un univers musical entre mon grand père paternel qui était un musicien de jazz reconnu dans notre région, et mon père, batteur, qui m’a emmenée à une multitude de concerts depuis mon plus jeune âge. J’ai donc commencé la musique assez naturellement, mais c’est vers mes 13/14 ans que j’ai voulu m’y mettre plus sérieusement. Après quelques années de solfège catastrophiques, j’ai choisi de jouer de la guitare et c’est dans ce rôle que j’ai fondé mon premier groupe, avant d’abandonner totalement cet instrument au profit du chant.

Le metal, c’est grâce à mon père rockeur! Il enregistrait des clips de Hard rock et Metal sur des VHS qu’on se regardait ensemble le week-end, dans la voiture c’était Iron Maiden, AC/DC à fond… Et un jour il a acheté un DVD de Rammstein, et pour moi ça a été l’éléctro-choc total.

A New World To Come est le tout dernier album du groupe. Comment s’est passé sa réalisation ? Qui a écrit la musique et qui s’est penché sur les paroles ?

C’est un album assez particulier pour plusieurs raisons: premièrement, les 9 chansons qui le composent ont été écrites à des périodes très différentes. Certaines au tout début du projet, avec d’autres musiciens, et d’autres 2 jours avant de rentrer en studio, 3 ans après. C’est en quelque sorte un album hybride entre nos compositions du début faites avec les influences de l’époque, quand on tâtonnait encore un peu, et d’autres compositions plus affirmées qui commencent à trouver leur voie (Les titres   « A New World to Come »  et « Born » pour la dernière chanson, n’y sont d’ailleurs pas pour rien dans l’affaire, c’est assez évocateur). Et puis c’est aussi notre premier album, alors il y a eu toutes les expériences des « premières fois », aussi bonnes et mauvaises soient-elles.

La musique est principalement écrite par Mortimer, le guitariste fondateur. Il crée en général les squelettes, enregistre des riffs, puis ça jam en répète pour construire la suite. ça se fait par étapes et c’est souvent un processus assez complexe qui demande beaucoup de réflexion à chacun, mais on a la chance d’avoir une excellente cohésion entre nous tous, on est tous sur la même longueur d’ondes, ce qui rend le processus hyper intéressant et motivant. Pour les paroles, c’est moi qui les écrit.

L’artwork de cet album est finalement assez mécanique et sombre, correspondant parfaitement à l’album. Comment s’est passé le travail dessus ? Et finalement pourquoi ce choix ?

On a travaillé avec un super artiste avec lequel on avait déjà collaboré par le passé (Flo de Chromatorium). On lui a fait un petit briefing sur l’univers de l’album, des compositions. Il a tout de suite capté l’histoire de l’album et nous a proposé une idée de base sur laquelle on a immédiatement accroché. Pour le processus, il nous envoyait d’abord des croquis, on lui faisait part de nos commentaires, et on a fait plusieurs allers et venues comme ça jusqu’à arriver au résultat final.

Quel est ton morceau préféré de l’album et pourquoi ?

Ahhh c’est difficile! Plusieurs chansons ont une signification très particulière pour moi, mais je dirais quand même « A New World to Come ».
Cette chanson représente vraiment le renouveau, elle a une énergie folle et c’est justement une des compositions qui a été écrite très peu de temps avant de rentrer en studio, elle démontre une certaine maturité. C’est un peu la chanson qui dissipe tous les doutes: on quitte une période chaotique, on laisse le passé derrière pour se jeter  les deux pieds en avant dans un avenir certain, dans lequel on sait où l’on va !

Quels sont actuellement les prochains projets de Deux Ex Machina ?

Notre but pour ces prochains mois est de tourner un maximum, découvrir de nouveaux endroits, de nouvelles personnes, pour faire découvrir notre musique. On est d’ailleurs très contents d’avoir déjà pas mal de dates programmées en Suisse, France, Belgique, Italie… Et on fait tout pour que ça continue sur cette lancée.
Nous avons également en tête le deuxième album: la composition a déjà commencé, et je pense qu’après cette belle série de concerts nous n’allons pas trop tarder à reprendre le chemin du studio.

Peux-tu, en cinq mots, donner envie à nos lecteurs de se pencher sur ta musique ?

> Moderne
> Inventif
> Technique
> Emotion
> Groove

Jo, le bassiste, avait aussi proposé :

>VA
>NOUS
>ECOUTER
>VILAIN
>BRANLOTIN

C’est un style d’écriture différent mais ça marche aussi !

Quel est ton pire souvenir sur scène, en tant que musicien ?

Je ne sais pas si c’est mon côté optimiste, mais j’ai beau chercher je n’ai pas de catastrophe à te raconter. C’est clair qu’on a connu quelques galères (comme tous les musiciens), mais ça s’est toujours soldé avec quelque chose de cool: on a par exemple joué une fois dans un lieu qu’on ne connaissait pas et sur lequel on ne s’était pas particulièrement renseigné: quand on est arrivé on s’est rendu compte que la salle était en faite une cave, avec murs de béton apparents, terre battue au sol, et toute l’humidité possible en raison de l’isolation inexistante.  Le bakcline censé être présent sur place c’était une batterie qu’ils ont sorti sous nos yeux (ébahis) d’un énorme tas de décombres, les peaux étaient trouées (autant te dire qu’on a pas joué dessus). Et bien malgré tout ça, on a quand même réussi à s’éclater tellement les gens sur place étaient cool. Il y avait sérieusement une ambiance de malade et aujourd’hui on en garde un bon souvenir. Après c’est sur, ça nous a appris à mieux se renseigner sur les endroits dans lesquels on va jouer, ça fait partie de l’expérience! ahah

eMaginarock : Quels sont les prochains concerts du groupe ? Je crois savoir qu’une tournée avec Monolyth est prévue ?

Tout à fait! Du 13 au 21 avril nous partons sur les routes avec Monolyth: on commence par Genève (Undertown) car on avait vraiment envie de les faire jouer dans notre ville, puis on va partir vers l’Italie, Allemagne, Belgique, France, et nous terminerons à Lyon (Hôtel de la Musique).

Après ça on a encore prévu une petite série de concerts sur 3 jours du 10 au 12 mai, où nous retournons du côté de la Belgique. On a aussi quelques dates de prévues un peu plus près de chez nous à partir de juin, dont la Fête de la Musique à Genève. Dans tous les cas n’hésitez pas à aller checker ça sur notre site ou page Facebook pour être au courant!

Mêler ses activités professionnelles et personnelles tout en étant musicien est généralement compliqué. Comment fais-tu pour gérer ces aspects de ta vie ?

Personnellement, j’ai beaucoup de chance car je travaille à mi-temps, et j’ai un patron qui est également dans le milieu metal et qui nous encourage beaucoup. Je n’ai donc pas de problème à ce niveau. Les autres musiciens ont des boulots à plein temps, mais ont tout autant la patate que moi! Je pense qu’on est dans une dynamique tellement positive, que cela soit en tant qu’amis ou dans la musique, qu’on ne prend pas ça comme quelque chose de compliqué. On a tous fait le choix de se donner à fond, ça fait partie intégrante de nos vies maintenant, on y pense même plus.

Que répondrais-tu aux gens qui disent qu’à l’heure actuelle il y un trop grand nombre de groupes sur les scènes rock et métal et comment vois-tu le marché musical actuel ?

Franchement je leur dirais que je ne sais pas trop à quoi ça sert de se poser ce genre de questions. ça veut dire quoi « un trop grand nombre », par rapport à quels critères? Parce qu’au final, ce qui est important, c’est de se faire plaisir et de s’épanouir dans son projet. Surtout que chacun a des objectifs différents. Pour moi se poser ce genre de question c’est se « parasiter » sans grand intérêt, surtout que chaque musicien, chaque groupe à quelque chose a apporter d’une façon ou d’une autre à la musique. C’est au contraire cool de pouvoir avoir une très grande diversité de groupes: ça évite de tomber dans une routine musicale, ça permet de découvrir constamment des nouveautés, ce qui je pense stimule l’inspiration et l’ouverture d’esprit.

Concernant ta question sur le marché musical, il faut dire qu’avec un album au compteur sorti récemment, je suis encore trop novice pour parler de ça d’une façon personnelle. Maintenant, de façon générale, on voit bien que la vente d’album est en chute libre au profit du streaming qui ne rapporte pas grand chose aux musiciens, sauf si tu t’appelles Rihanna et encore… Comme dans beaucoup de métiers artistiques, il y a cette tendance à penser « mais de toute façon tu fais ça pour le plaisir, alors pourquoi tu fais payer? ». Certains ont vraiment de la peine à se rendre compte que même si bien entendu le résultat est cool, il a fallut passer des heures, des mois, des années pour y arriver, et investir des sommes d’argent conséquentes pour l’enregistrement, le mixage, le mastering, le graphisme de la pochette, etc… Quand on est pas là dedans on a tendance à penser que ça tombe du ciel comme par magie, que c’est facile, du coup payer 15 euros pour ton disque c’est vraiment abusé! Heureusement, d’un autre côté, il y a également ceux qui respectent ton travail, qui te suivent et te soutiennent, et qui sont heureux de pouvoir acheter ton album et venir te voir en live. Ces personnes il faut en prendre soin car c’est aussi grâce à elles que tu pourras continuer d’évoluer!

Merci pour tes réponses et à très bientôt au détour d’un concert !

 

Eldricht Tales

A propos de Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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