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Entretien avec Oxy et Johann, d’Asylum Pyre

Quelques groupes français vont se produire au Metaldays 2018, et parmi eux nous retrouvons Asylum Pyre, que l’équipe d’eMaginarock connaît bien. L’occasion de leur poser quelques questions !

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Pourrais-tu tout d’abord te présenter et nous expliquer ce qu’est Asylum Pyre exactement comme groupe ?

Johann : Musicien-ingénieur-rêveur-utopisto-realiste 😀 En quelques mots. Et finalement, notre musique doit ressembler un peu à ça ! De la mélodie, de la patate, de la science, de la poésie et du réalisme ! Des refrains accrocheurs. Une voix lead principalement féminine mais avec pas mal d’interventions masculines également !

Comment en es-tu venu à la musique, et plus particulièrement au metal ?

Johann : A la musique et au metal… Ado, en cours d’espagnol, en voyant quelqu’un écrire « Helloween » sur une table et en lui disant : « Non, ça s’écrit avec un « A » » et puis il m’a expliqué… et la lumière fut !

Asylum Pyre a sorti il y a quelques années un album, Spirited Away, et beaucoup de choses ont changé depuis, notamment la chanteuse. Comment s’est passée l’intégration d’Oxy ? Et pour les autres membres du groupe qui ont changé, cela n’a pas été trop difficile à la fois pour eux de prendre le train en marche, et pour toi de les accepter dans le line-up ?

Oxy : De mon côté, tout s’est très bien passé. Artistiquement et humainement, je me suis sentie en phase rapidement ! Tous les musiciens qui gravitent dans le cercle premier d’Asylum Pyre ont le même état d’esprit : partage, travail, propension à parler tant sérieusement qu’à dire tout un tas de conneries, générosité.

Johann : On auditionne parfois des dizaines de musiciens sans trouver la personne qu’il faut et puis parfois, le hasard fait que la première personne à se présenter te fait avoir un coup de cœur artistique ! Ce fut le cas avec Oxy.

Le nouvel album est d’ores et déjà terminé d’enregistrer si j’en crois mes échos. Comment s’est passée sa réalisation ? Qui a écrit la musique et qui s’est penché sur les paroles ?

Oxy : Johann est complètement la tête pensante du groupe ! Il a une vision d’ensemble qu’il nous livre, illustre en musique et en paroles. Puis chacun apporte sa touche, le supplément d’âme de chacun des musiciens. Nous avons passé beaucoup de temps avec Johann à travailler l’interprétation, à faire démos sur démos, jusqu’à trouver une ligne de chant satisfaisante. Nous avons travaillé comme des artisans, avec minutie, patience, faisant et refaisant jusqu’à trouver la ligne, l’interprétation, le grain de voix, la façon de chanter, qui fait tilt. Idem concernant l’instrumentation ! De longues heures de travail, de patience, de remise en question, pour parvenir à un résultat aboutit.

Johann : Pas mieux, si ce n’est qu’à l’avenir j’espère inclure de plus en plus les nouveaux membres d’Asylum dans l’écriture de notre univers musical. Mais je pense que la griffe des musiciens ayant participé à ce quatrième album sera reconnaissable. Pour tous les instruments !

L’artwork de cet album n’a pas encore été révélé, peux-tu nous en dire plus ?

Oxy : Pour l’instant, nous ne pouvons rien dire ! Mais à la rentrée, nous commencerons à dévoiler ce nouvel univers.

Johann : Pas de chose officielle à diffuser mais ça sent bon !

Des clips sont dans les tuyaux en vue de la promo de cet album ?

Oxy : Bien sûr ! Mais tout reste à faire.

Peux-tu, en cinq mots, donner envie à nos lecteurs de se pencher sur ta musique ?

Oxy : « Britney Spears mode », chant bulgare, rythme africain, « on va se faire lyncher », famous guests.

Johann : mixing old and new stuff !

Très bientôt vous allez tous jouer au Metaldays, qui est quand même une des grand messe de la scène metal actuelle. Comment le sens-tu ? Comment cela s’est-il fait ?

Oxy : Ecoute, pour l’instant, tout va bien même si cela reste stressant en termes d’organisation. Pour le reste, nous passerons assurément un bon moment entre nous et avec les personnes qui seront présentes ! Nous avons simplement déposé un CD par le biais de mes camarades de Nemost, lesquels ont joué deux fois au Metaldays, notamment l’an dernier sur la Mainstage !

Johann : Vivons tout cela au max !

Quel est ton pire souvenir sur scène, en tant que musicien ?

Oxy : Je n’ai à ce jour pas de « pire » souvenir. Chaque concert est unique, tout comme son public même si dans le metal, nous avons la chance de compter sur une solide base de fans que nous avons plaisir de voir à chacun de nos concerts. Ils donnent la sensation de jouer pour une famille exigeante que l’on ne veut en aucun cas décevoir et avec lesquels nous avons à cœur de partager notre musique, notre expérience et des moments de vie forts. Cependant, je me souviens à titre personnel d’un concert avec The Experiment n° Q, en Espagne, où nous avons joué à… 4h du matin, au lieu de 23h ! Cela faisait 24h que j’étais debout, j’avais fait le déplacement Paris-Salamanque dans la journée, la salle était enfumée. Pendant le concert, je me souviens m’être posée sur un canapé situé près de la scène entre deux chansons, prête à m’endormir sur le titre que je n’interprétais pas. Mais il fallait faire le show, en dépit de la fatigue, de l’accumulation de fumée…

Johann : Un concert larsenique lors d’un de nos premiers concerts…  du début à la fin ! insoutenable autant pour nous que pour le public.

Quels sont les prochains concerts du groupe hors Metal Days ?

Oxy : Pour le moment, nous n’avons aucun concert prévu. Après la phase enregistrement, tout reste à faire, à préparer, orchestrer, stratégiquement parlant. Nous restons cependant ouverts aux propositions pour cet automne !

Mêler ses activités professionnelles et personnelles tout en étant musicien est généralement compliqué. Comment fais-tu pour gérer ces aspects de votre vie ?

Oxy : Occuper un poste à responsabilité et faire de la musique de manière exigeante implique nécessairement des sacrifices, en termes de sommeil et… de relations sociales. Majoritairement… Dans Asylum Pyre, Johann est une véritable locomotive ! Toujours en ébullition, à soumettre de nouvelles idées, à relancer. Je lui dis même parfois d’aller se reposer, mais il ne s’arrête jamais ! Mais il va vous donner sa potion magique.

Johann : J’ai arrêté de dormir, ça sert à rien !

Que répondrais-tu aux gens qui disent qu’à l’heure actuelle il y un trop grand nombre de groupes sur les scènes rock et métal et comment vois-tu le marché musical actuel ?

Oxy : J’ai une vision complètement business de la musique, de par mes connexions professionnelles et mes appétences personnelles. Certes, la scène s’est émancipée, mais les formations structurées pour évoluer plus professionnellement restent rares car comme dit au-dessus, faire de la musique sérieusement implique bien des sacrifices. Mais qu’importe ! Plus il y aura de demande, plus il y aura de réussites populaires et surtout économiques (cf. Hellfest), plus les politiques culturelles seront obligées de s’intéresser à notre marché de niche. Structurellement parlant, le marché musical actuel continue sa lente transformation, avec de nouveaux modèles économiques numériques qui peinent encore à trouver une véritable stabilité. La question de la rémunération des artistes est au cœur des préoccupations actuelles, alors même que les supports de diffusion encore « nouveaux » il y a quelques années comme YouTube, commencent à développer de nouveaux schémas financiers, notamment pour gérer du contenu transmedia, impactant bien sûr le monde de la musique. Toujours est-il que dans notre secteur, les gens continuent à soutenir les artistes. Le CD est à la frontière du goodies et de l’objet de collection. Toujours pour notre genre musical, il représente encore quelque chose pour son possesseur qui appréciera le rapport physique à l’objet, aura plaisir à lire les paroles du livret, découvrir qui sont les gens qui se cachent derrière un nom de groupe. Nous avons la force d’une communauté qui s’identifie à des codes, des rites et l’objet CD est toujours plébiscité.

Johann : Il y a des milliers de groupes mais très peu avec une réelle personnalité, sans même parler d’originalité. Pour moi c’est là que ce joue la différence.

Ce qui est difficile aujourd’hui, c’est que la seule musique ne suffit plus. Il faut un univers et réussir à passer son temps sur les réseaux sociaux… Pénible !!

Merci pour tess réponses et à très bientôt au détour d’un concert !

Oxy : « Avec plaisir », comme on dit chez moi !

Johann : Merci à toi et à bientôt !

Eldricht Tales

A propos de Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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