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Entretien avec Fabrice, batteur de Deadline

Deadline vient de sortir son tout nouvel album, intitulé Nothing Besides Remains, et je ne pouvais passer à côté de la possibilité de poser quelques questions au combo parisien ! Un entretien tout en borsalino et bon rock des familles…

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Pourriez-vous tout d’abord te présenter et nous expliquer ce qu’est Deadline comme groupe ?

Je suis Fabrice Trovato batteur du groupe DEADLINE formé en 2009. DEADLINE joue du hard rock. Mais au diable les étiquettes. Chacun pourra s’y retrouver.

Comment en es-tu venu à la musique, et plus particulièrement au rock ?

J’ai commencé en 1982. Après le concert d’Iron Maiden, je voulais être guitariste…The number of the beast… bref j’ai fini batteur… C’est mon père qui m’a transmis le virus en passant Elvis à la maison…

Nothing Beside Remains est le tout dernier album du groupe. Comment s’est passée sa réalisation ? Qui a écrit la musique et qui s’est penché sur les paroles ? Et que t’inspire au final ce titre ?

L’album a été composé sur plusieurs mois après le départ de l’ancien guitariste. Chaque membre a amené ses idées. DEADLINE est une démocratie où chacun peut s’exprimer tout en restant cohérent avec notre identité. C’est notre force. Les thématiques abordées ainsi que les paroles sont l’œuvre du binôme Arnaud-Sébastien, respectivement chanteur et bassiste. Sébastien a eu l’idée du titre… c’est en fait le titre d’un des morceaux de l’album. Pour le coup nous trouvions qu’il se prêtait bien au titre de l’album. « Nothing beside remains », en français « plus rien ne subsiste» difficile à traduire mais c’est l’idée. Ca laisse libre court à l’imagination. Et ces 3 mots instillent une forme de gravité. Ca claque (rires) !

Est-ce que tu peux nous expliquer quel est le concept, l’histoire, qui se cache derrière cet album ? Pourquoi choisir cette ambiance de polar des années 50 ? Est-ce un choix personnel ou bien as-tu profité d’un créneau libre ?

Le choix artistique est venu naturellement suite à l’écoute de « Man on a mission »… Les chansons de cette album racontent toutes des histoires qui évoquent le genre d’univers que tu retrouves dans les films les « Affranchis » et « Donnie Brasco » mais pas seulement…Il faut se pencher sur les paroles. Attention nous avons semé des indices tout au long de l’album.

L’idée de la pochette et du look des années 50/60 du personnage sur la pochette est venue naturellement…  Ce personnage est le Chasseur : personnage inquiétant qui fait l’objet du morceau « Man on a Mission » (et du morceau « The Hunter » sur le précédent album), une sorte de tueur à gage insaisissable qui surgit de nulle part voire même peut-être des cauchemars de ses victimes…On  voulait aussi se démarquer des stéréotypes classiques en matière de design « metal » et « hard rock »…  Comme le disait Toschie du groupe Audrey Horne dans une interview accordée pour le Fernando Rock Show, l’esthétique qui nous plaît en matière de cover de disque c’est davantage celle des pochettes des vieux Scorpions genre « Lovedrive » : des images qui interpellent… pas des crâne, ni des dragons,  ni des filles en string (quoique – rires)!

L’artwork de cet album est finalement assez classique. Comment s’est passé le travail dessus ? Et finalement pourquoi ce choix ?

Classique ?  Le travail ? Le modèle en costume avec un chapeau sur fond violet… C’est un concept ambivalent comme la pochette de notre précédent album (« Fire Inside ») mais dans un autre registre encore. Cette pochette ne laisse pas entrevoir de style précis.

C’est voulu. Et puis dans un bac de disque ou en tête de gondole d’Amazon.com la pochette se voit bien (rires).

Deadline en est où niveau clips ? N’est-ce pas trop dur de passer de l’autre côté de la caméra ?

Le premier clip est en cours de montage. Nous l’avons tourné au début du printemps.

Le titre clipé est « Fly Trap ». Etre derrière la caméra c’est plutôt facile…mais devant ça l’était beaucoup moins pour Arnaud qui a dû subir un tas de tortures au nom de l’Art Visuel (rires). Sérieusement, le clip va être très créatif, très loin des clichés, et je pense qu’il va surprendre.

Quel est ton morceau préféré de l’album et pourquoi ?

« Natural Born Pimp » et son intro « énervée » réalisée par notre copine CJ, front woman du combo canadien CJ Sleez. Le groove basse – batterie et les parties de guitare me rappellent le groupe Ratt de la grande époque… Oui les fans de Ratt existent toujours (rires) !

Comment se passe la promo de l’album ? Les premiers retours sont bons ?

La promo se passe bien. C’est Elie Promotion qui s’en charge pour la France et notre label Bad Reputation pour l’étranger. Les retours sont positifs dans l’ensemble. La voix singulière d’Arnaud partage les avis, question de sensibilité. L’album ne laisse personne indifférent. Les suédois apprécient « Last Shot ». La chanson « Silent Tears » qui traite de l’attentat du Bataclan du 13 novembre interpelle aussi. Nous voulions rendre hommage aux victimes en refusant toute forme de pathos. Le placement de ces 2 morceaux sur l’album n’est pas le fruit du hasard non plus…

Notre style n’a pas forcement beaucoup de public en France. On ne joue pas du métal extrême ni du heavy metal… on se sent plus proche de groupes comme Great White et Lynch Mob… Attention j’ai dit « proche »… Je n’ai pas dit qu’on faisait la même chose.

En fait, nous sommes un groupe de rock au sens large du terme. Nous sommes DEADLINE.

Peux-tu, en cinq mots, donner envie à nos lecteurs de se pencher sur votre musique ?

Ecoutez sans apriori…si vous aimez le big rock vous ne serez pas dépaysés et dans le cas contraire on vous convertira (rires) !

Quel est ton pire souvenir sur scène, en tant que musicien ?

Un concert avec Holster (vieux groupe parisien)…au premier coup de caisse claire, mon index a joué le rôle de drumstick…  c’était sanglant !

Quels sont les prochains concerts du groupe ?  

Nous allons jouer à un nouveau festival fin septembre prochain en région parisienne. Nous démarchons activement les autres. L’album vient de sortir. C’est encore tôt.

Mêler ses activités professionnelles et personnelles tout en étant musicien est généralement compliqué. Comment fais-tu pour gérer ces aspects de ta vie ?

Etre méthodique et regarder très peu la TV ! C’est vrai qu’entre la famille, le groupe, le boulot et les autres activités (Fernando Rock Show… Still Square…), ça va assez vite…   Mais DEADLINE  est bien rôdé et nous sommes devenus des cracks de l’organisation !

Que répondrais-tu aux gens qui disent qu’à l’heure actuelle il y un trop grand nombre de groupes sur les scènes rock et métal et comment vois-tu le marché musical actuel ?

Le marché est saturé avec une majorité de disques d’une banalité inquiétante. Dans cette masse informe où la sélection naturelle n’opère même plus, la scène reste maintenant le seul moyen d’exposition. La plus grande difficulté est de trouver les scènes ! Il faut s’accrocher, faire preuve d’enthousiasme et d’originalité et puis avoir de la chance. Autant de conditions à réunir pour se démarquer !

Merci pour tes réponses et à très bientôt au détour d’un concert !

Avec plaisir ! Si le Chasseur ne te trouve pas avant …    

Eldricht Tales

A propos de Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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