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Entretien avec Celtachor – Cernunnos Pagan Fest X

Merci d’être là et de répondre à nos questions ! Pour commencer, pourriez-vous vous présenter ?

David : Je suis David Quinn de Celtachor et je joue de la guitare.

Stephen : Je suis Stephen Roche, chanteur et je joue de la flûte.

Anaïs : Je suis Anaïs Chareyre et je joue de la batterie.

 

Liam : Je suis Liam Henry et je joue du violon

Comment définiriez-vous votre groupe, et pourriez-vous nous dire quelles sont vos influences ?

Stephen : Nous avons tous des influences différentes, issues de métals différents je suppose. Il y a du folk, du trash, du black et du doom… Le concept avec Celtachor, c’était de promouvoir la mythologie irlandaise, parce qu’aucun groupe ne raconte les histoires en entier façon métal. Nous aimons montrer les atmosphères, les émotions, le côté sombre de la mythologie. C’est ce que nous voulions faire. Le projet a débuté avec Dave et moi. Nous voulions montrer les histoires de la mythologie celtique en entier, donc c’est comme lire un livre et en faire un album. Donner un contexte plus émotionnel à l’histoire.

David : Il y a un aspect traditionnel celte dans ce que nous faisons. On a essayé de modeler notre musique à l’image de ce folklore. Mais ce n’est pas non plus de la musique typiquement irlandaise. Nous avons notre mythologie, nos histoires et nous en faisons notre propre interprétation. Nous pouvons modeler nos propres chansons, nos propres airs. Il est très difficile de s’écarter de la musique traditionnelle et de faire quelque chose d’original, parce que c’est ce que tout le monde essaye de faire, donc c’est compliqué de faire quelque chose qui soit spécial pour chacun. Un exemple de comment nous essayons de rendre cela original se trouve dans l’introduction de notre premier album Nine waves from the shore, qui joue véritablement sur les émotions et casse avec la musique traditionnelle. Cela vous touche, ça créée un sentiment entre tous les musiciens. C’est comme une peinture que l’on transcrit en musique pour l’auditeur.

 

Anaïs : C’est une description très précise du groupe, merci beaucoup !

Stephen : David l’a très bien décrit. Cela dessine une peinture dans l’esprit de l’auditeur et l’emmène à l’intérieur de la mythologie pour qu’il ressente et vive les émotions des personnages. Quand c’est juste une histoire, sur le papier c’est simplement un garçon qui tue un chien et qui est destiné à devenir un guerrier. Mais il y a plus que ça, ça parle aussi de la vie et de l’histoire… Nous voulions faire ressortir le côté sombre de la mythologie irlandaise. Parce que c’est sombre, ce sont des tragédies, pas des contes de fée. C’est ce que nous faisons.

David : Nous pourrions en parler toute la journée !

Es-ce que vous utilisez des instruments traditionnels sur scène ?

Stephen : Nous avons récemment introduit le violon, c’est le plus récent. La dernière fois nous avions du violoncelle, et j’essaye aussi de jouer un petit peu de flûte entre autres.

Anaïs : Nous avons aussi de la harpe.

Liam : C’était intéressant de rentrer en contact avec Celtachor. Ils cherchaient un violoniste parce qu’ils voulaient un autre instrument folk traditionnel. Le violon n’était pas sur les albums précédents, donc quelle que soit la setlist, j’avais la liberté d’ajouter quelque chose de folk par dessus tout ça. Mais c’était aussi difficile parce que ce n’est pas une façon habituelle de jouer. Donc c’était intéressant d’ajouter ce nouvel instrument folk, d’apporter un peu de désespoir et de profondeur. C’est ce qu’il y a de bien avec l’album que nous venons de finir : tout à été écrit avec des instruments traditionnels ensemble, et pas juste un instrument traditionnel qu’on aurait rajouté. Donc moi et un autre membre, Rob, qui joue lui aussi beaucoup d’instruments folk, avons eu l’opportunité de travailler avec tous ces instruments et de mettre ça ensemble. C’était assez amusant.

David : Quand on a commencé, il n’y avait que quatre ou cinq instruments. Je jouais seulement de la guitare, et très peu d’instruments folk. Donc il a fallu que je joue de la guitare comme si c’en était un. Prenez Anaïs, sa façon de jouer de la batterie n’est pas simple, elle est très créative.

Anaïs : Je vais t’interrompre ici, je suis désolée… Non.

David : Ce que je voulais dire, c’est que tu n’es pas une batteuse typique.

Anaïs : Mais c’est ce que nous avons toujours fait. Et dans ce nouvel album, nous avons apporté beaucoup plus d’instruments folk.

Il y a un clip vidéo de The arrival of the Tuatha qui mélange des dessins animés très colorés avec des séquences en noir et blanc…

Stephen : Oui, c’est issu de notre second album.

Comment avez-vous eu l’idée ?

Anais : Ça, c’est moi ! Je me suis intéressée au desing autour du groupe, les t-shirts, les vidéos… Et pour ce clip en particulier, qui a été notre premier, ç’a été beaucoup de travail. J’ai fait toutes les animations moi-même sur mon ordinateur et j’ai organisé les parties dans lesquelles on voit le groupe. Nous sommes chanceux d’avoir une super équipe vidéo très professionnelle qui inclut des costumiers, un directeur de la photographie, et avec leur aide nous avons eu notre première vidéo. Aujourd’hui deux autres sont à venir et plus particulièrement l’une pour la première chanson de notre prochain album Sons of Mona, et celle-là ce n’est pas du tout de l’animation. Elle a été intégralement filmé dans les montagnes de Dublin, ce qui a demandé beaucoup de travail. J’espère qu’elle vous plaira !

Stephen : C’est énorme. Dans cet album nous racontons l’histoire de Fionn le Fenian , la façon dont il devient adulte, son entraînement et ce qu’il doit effectuer en tant que roi. La vidéo est comme l’interprétation visuelle de la mythologie irlandaise. C’est fantastique.

Anaïs : Nous sommes très fiers de cette vidéo.

 

 

Justement, je voulais vous parler de votre nouvel album, Fiannaoícht

Stephen : Ca veut dire « Les cycles de Fenian » en irlandais.

Anaïs : C’est du gaélique irlandais.

David : Il y a trois cycles différents, et la première partie, Fiannaoícht, on peut dire que cela relate le début de l’histoire de Fionn et des Fenian. Il y a une bonne dynamique. Nous passons à travers différents stades de l’histoire dans l’album, donc notre musique change au fur et à mesure, particulièrement avec ce nouvel album. C’est un nouveau début, c’est dingue.

Stephen : Nous sommes vraiment heureux. Pour être honnêtes, nous l’avons écouté non stop !

Anaïs : L’album sortira le 28 avril de cette année avec notre label Trollzorn, une fois de plus. Nous espérons que les gens l’écouteront et apprécieront !

Stephen : Vous pouvez écouter une de nos chansons sur facebook, Tuiren. Il y a aussi un instrumental (ndi : Tears Of Aoife ). Vous pouvez nous suivre et voir ce que ça donne !

Les légendes celtes sont nombreuses. Comment choisissez-vous ?

Stephen : C’est l’une des histoires que je préfère dans la mythologie irlandaise. J’aime faire les choses dans l’ordre ! Il fallait que j’aie les bases, il y a tellement d’histoires ! La plupart des histoires irlandaises, de sa mythologie ont été écrites à partir de vraies batailles qui se sont déroulées en Irlande, des batailles ici et là. C’est tellement riche. Ce que je voulais, c’est en savoir plus sur les personnages. Si on prend un personnage comme Cúchulainn par exemple, c’est une longue histoire, le livre a plus de 600 pages. Mais le fait est que si on résume toutes ces pages en une chanson, on ne peut pas développer le personnage. C’est comme pour un livre, prenez Harry Potter : si on résume en disant qu’à la page 1 il a une cicatrice et qu’à la fin il est devenu un sorcier, on ne peut pas obtenir toutes les émotions qui en découlent, parce qu’en définitive ce sont aussi des gens. Ils ont leur famille, des gens qu’ils aiment meurent… Je pense que c’est la raison pour laquelle nous sommes si passionnés sur ce sujet : cela vient de vraies personnes, mais c’est de la mythologie. Ce sont des gens qui se changent en loup, qui font de la magie… Et quand je m’intéresse aux histoires, je n’aime pas manquer quoi que ce soit, j’ai envie d’en couvrir le plus possible. C’est la raison pour laquelle, quand nous irons de l’avant après cet album, il pourrait y en avoir deux autres qui s’intéressent au personnage une fois qu’il est plus vieux, parce qu’on ne peut pas tout raconter en un album. Et c’est la même chose avec Cúchulainn. On ne peut pas tout faire en un album parce qu’il y a tant d’histoires !

Anaïs : C’est habituellement Stephen qui décide, nous le laissons prendre la décision. Il nous dit ce que va être le concept et nous partons de là. Comme vous pouvez le voir, il est passionné par ce sujet !

David : Nous sommes passionnés. Nous interprétons cette idée, cette histoire et nous les incarnons, nous y mettons notre cœur et nous vous le donnons à vous, auditeurs, pour que vous puissiez dire « Ah, maintenant je comprends ». Mais ce n’est pas uniquement factuel, du style « Ah, le grand guerrier, bla bla bla », ce sont les émotions. Stephen nous donne le concept à partir duquel nous partons.

Liam : Ce que je trouve intéressant, c’est que nous développons ces histoires à travers tant de chansons différentes ! Les légendes portent sur des batailles et la vie des gens, et cela permet de véritablement comprendre à quel point c’était sombre, et que cela impliquait la vie de personnes qui sont mortes, et des choses comme ça. Et c’est pour ça que c’est bien pour moi, parce que je peux jouer le violon d’une manière très émotionnelle, et capturer des émotions très sombres. C’est ce qui m’a attiré. Quand on commence à comprendre de quoi on parle.

Avez-vous des anecdotes sur scène ?

Stephen : Je vais vous en donner une. Nous jouions à un festival en Angleterre. J’avais cassé une de mes flûtes, et je l’ai réparée avec de la superglue. Et quand sont venues les chansons sur lesquelles j’en jouais, j’avais mes deux pouces tenant la flûte au niveau de la séparation, et à la fin des morceaux, j’ai jeté la flûte au public ! Alors mon conseil à tous les joueurs de flûte est le suivant : n’utilisez jamais jamais jamais de superglue pour réparer votre flûte en plastique, ne le faites pas, ça ne marche pas !

Stephen : Ou alors une fois, nous avons commencé à jouer une chanson avant de réaliser que ce n’était pas la bonne… Parfois, ça arrive ! Nous avons des anecdotes stupides, comme tout le monde ! Ça fait aussi partie de ce qui rend ça appréciable.

Anaïs : Une autre fois, tu as commencé à headbanguer sans te souvenir que tu avais toujours tes lunettes !

Stephen : Oui oui, et elles sont parties dans le public !

Anaïs : C’était très drôle !

Liam : C’est toujours drôle aussi quand quelqu’un qui a l’habitude de partir en tournée raconte une histoire amusante, tu te dis « oui, je vois exactement de quoi tu veux parler ! ». Ce qui est amusant, c’est qu’on est un peu comme une famille et qu’on en vient à apprécier ce genre d’histoires nous-mêmes. C’est bien de pouvoir raconter ce genre d’histoires aux gens quand on est dans un groupe.

Anaïs : Ces anecdotes sont importantes.

Stephen : C’est comme une seconde famille, parce que nous sommes si proches les uns des autres. Je pense que la seule raison pour laquelle ça marche, c’est que nous sommes passionnés. C’est important, si par exemple certaines de mes idées sont mauvaises ils vont pouvoir me dire : tu sais, on pourrait essayer de partir sur autre chose ». C’est une des choses géniales quand on écrit de la musique, on fait des essais pour étoffer toutes ces idées-là.

Anaïs : Voilà !

Merci beaucoup !

 

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