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Entretien avec Bruno et Seb, membres de Unswabbed

Après avoir écouté puis chroniqué le dernier album du combo lillois, De l’Ombre à la Lumière, je ne pouvais pas passer à côté de la possibilité de leur poser quelques questions. Et ce sont Bruno, le batteur, et Seb le chanteur qui ont pris le temps de répondre à mes questions.

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Pourriez vous tout d’abord vous présenter et nous expliquer ce qu’est Unswabbed exactement comme groupe ?

Bruno (batteur) : Merci surtout à vous de parler de Unswabbed ! On n’a jamais vraiment essayé de caractériser Unswabbed, mais c’est un groupe qui voyage entre le rock et le metal. L’important pour nous est surtout de faire sincèrement des morceaux qui nous ressemblent le plus. On aime les grosses guitares, les mélodies envolées, les arrangements finement cuisinés… Quand ça nous touche, on sait qu’on est dans la bonne direction.

Seb (chanteur) : Unswabbed c’est aussi une grosse bande de potes depuis des années, toujours boostée par la même envie de jouer et de partager avec les gens sur la route.

Comment en êtes vous venus à la musique, et plus particulièrement au metal ?

Bruno : Au départ, ce sont juste des rencontres, des potes avec l’envie de jouer de la musique ensemble sans trop se poser de questions. Au tout début, c’était du rock un peu grungy et puis les goûts et les affinités changent, on bascule vers le metal au fil des groupes qu’on écoutaient à l’époque (Korn, Deftones, Limp Bizkit, Pantera ou Machine Head). Mais on ne s’est jamais auto-proclamé « groupe de metal », on fait clairement partie de cette mouvance mais sans vouloir s’enfermer dans une seule étiquette.

De l’Ombre à la Lumière est le tout dernier album du groupe. Comment s’est passée sa réalisation ? Qui a écrit la musique et qui s’est penché sur les paroles ?

Seb : Sa réalisation a été assez longue, un peu trop pour les gens qui nous suivent et qui s’impatientaient un peu ;). On a voulu prendre le temps de revenir avec un album réfléchi, abouti et surtout qui nous ressemble. Chacun des membres du groupe est concerné par chaque note et chaque mot dans cet album. Nous l’avons réalisé au studio In Situ (Le studio de Tof, le bassiste). On a la chance de pouvoir bénéficier de ce super outil : on y a enregistré les répètes, puis on y a fait les prises, le mix et le mastering ! Tof s’est chargé de tout, il a réalisé cet album de bout en bout et c’était beaucoup de boulot. Pour ce qui est de la compo, tout le monde s’implique dans tout et à fond, puis une fois qu’on a trouvé la direction, ça reste assez « logique » au final, les zikos pour l’instru et le chanteur pour les textes.

L’artwork de cet album est finalement assez classique et sombre. Comment s’est passé le travail dessus ? Et finalement pourquoi ce choix ?

Seb : On voulait vraiment une photo pour la pochette de l’album, on a eu plusieurs propositions qui n’ont jamais convaincu l’ensemble du groupe. Puis on a découvert le travail de Robin Ryck alias Mindwide par hasard via les réseaux sociaux. On est entré en contact avec lui et ça a matché direct ! Ses photos représentent parfaitement les thèmes abordés dans l’album : le saut dans le vide, la solitude,  l’envie de liberté et tant encore. Dès le premier contact avec Mindwide, il est devenu une évidence pour l’artwork. On vous conseille d’aller jeter un œil sur ses photos sur Instagram, Facebook ou mindwide-photographe.fr

Un premier clip lié à cet album est sorti récemment. Comment s’est passé le tournage ? Ce n’est pas trop stressant de passer de la scène à la caméra ?

Seb : Tout à fait, le clip de « De l’ombre à la lumière », 1er extrait de l’album. C’est Sylvain Regniez qui l’a réalisé. C’est quelqu’un qui est passionné par l’image, ce qu’elle raconte et doté d’une écoute incroyable. En très peu de temps, il a réussi à comprendre ce que voulait le groupe : quelque chose de « live » mais assez esthétique. On est super content du résultat. Ce n’était pas trop stressant car on avait déjà eu l’occasion de tourner plusieurs clips auparavant et Sylvain a chapoté le projet main dans la main avec le groupe et quelques potes. Du coup, maintenant il nous suit sur les dates pour le live et on bosse déjà sur les clips prochains, à suivre 😉

Quel est votre morceau préféré de l’album et pourquoi ?

Bruno : Chaque membre du groupe te dira un titre différent. Ceci dit, « De l’Ombre à la Lumière » est un bon résumé de ce qui se passe dans le reste de l’album, c’est en cela qu’il fait probablement partie de nos préférés. Le côté riff lourd mélangé à des mélodies hautes et ce texte symbolique sur l’envie de se tourner vers l’avenir, de se battre pour donner un sens à nos vies…

Lors de ma chronique j’ai fait l’analogie entre la musique d’Unswabbed avec celles de Mass Hysteria et No One Is Innocent. Les voyez-vous comme des modèles ?

Bruno : On partage des scènes avec Mass et No One depuis une vingtaine d’années. On a clairement le plus grand des respects pour ces mecs avec qui on a des points communs musicaux mais aussi dans l’histoire de nos groupes. C’est toujours un vrai plaisir de jouer avec eux, de discuter de nos expériences, de nos erreurs qui font grandir. Vivement les prochaines dates avec eux !

Seb : Quand on se croise sur la route, c’est toujours la grosse fête aussi !

Comment se passe la promo de l’album ? Les premiers retours sont bons ?

Seb : L’album est sorti très récemment et on est très heureux des retours. On a sacrément bossé dessus mais au fond de notre « grotte » (le studio In Situ). On a fait le choix de s’enfermer sans regards extérieurs, pour la première fois. C’est très cool pendant tout le processus mais quand arrive le moment de le faire écouter, tu ne peux pas t’empêcher de penser : « euh j’espère qu’on ne s’est pas trompé… ». On était assez sur du truc mais il y a toujours une mise en danger. Les premiers retours, chroniques et les réactions sur les premiers live nous prouvent que c’était le bon choix pour cet album là. Maintenant on va bosser comme des dingues pour le défendre en live.

Pouvez vous, en cinq mots, donner envie à nos lecteurs de se pencher sur votre musique ?

Bruno : Ahahah ! C’est « le mot de la fin » mais au milieu ! (rire !) Je dirai… sensible, puissant, mélodieux, énergique et addictif.

Quel est votre pire souvenir sur scène, en tant que musicien ?

Bruno : Franchement et sans démagogie aucune… On n’a pas de mauvais souvenirs, de catastrophe… On a eu des trucs pas cool comme se faire piquer du matériel sur une date parisienne, se retrouver avec des conditions techniques déplorables, se faire voler de l’argent du merch (par un mec de notre équipe !)… Mais sur scène, on arrive toujours à prendre le dessus, à se concentrer sur ce qu’on est en train de vivre ensemble, peu importe les aléas, les problèmes techniques… On se considère comme chanceux, après plus de vingt ans de carrière, de pouvoir continuer à faire autant de concerts devant toutes ces personnes sans qui on ne serait rien. On essaye de ne jamais oublier pourquoi on est là.

Seb : Bruno, t’as un peu oublié le festival avec le fond de la scène qui s’effondre avec Filoo (notre guitariste de l’époque) et son ampli tout neuf… Un gros larsen et puis plus rien…deux mains qui ressortent du trou béant puis la tête de ton pote qui dit « rien de grave les gars, allez on y va, on enchaine ! » Ouais, en fait, c’est plutôt un bon souvenir. mdr

Quels sont les prochains concerts du groupe ?

Bruno : Je t’avoue qu’on ne pensait pas avoir tout de suite autant de dates. Les gars de chez Rage Tour, et plus particulièrement Kass, ont bossé comme des dingues. Plein de dates sont encore en discussion, mais pour l’instant, après un inoubliable 1200 personnes à Lille, on sera en tournée en France et en Belgique avec notamment Rennes, Angoulême, Brest, Quiévrain, Nantes, Amiens, Strasbourg… Pour Paris, ce sera le 18 février 2018 au Klub !

Seb : Trop hâte

Mêler ses activités professionnelles et personnelles tout en étant musicien est généralement compliqué. Comment faites-vous pour gérer ces aspects de votre vie ?

Bruno : Ah ! Grosse question ! (rire !) On segmente, on ne compare pas, on place nos priorités de façon différente selon les périodes. Mais on ne donne pas plus d’importance à un élément qu’à un autre. La façon de fonctionner de Unswabbed nous y aide aussi. On marche par session de travail. On n’est pas du genre à répéter pour répéter tous les mardis à la même heure. Pour ça, on préfère aller boire des coups ensemble et se marrer. On s’attaque aux projets les uns après les autres en condensant notre travail au mieux sur des périodes précises et on ne tient jamais les délais ! ahahah !

Seb : Ce n’est pas tout le temps mais quand le groupe se met au boulot, c’est un bulldozer !

Que répondriez-vous aux gens qui disent qu’à l’heure actuelle il y un trop grand nombre de groupes sur les scènes rock et métal et comment voyez vous le marché musical actuel ?

Bruno : On pourrait en débattre pendant des heures ! Je ne pense pas du tout qu’il y ait trop de groupes. Cela reviendrait à dire que des gens n’ont pas cette opportunité de s’exprimer. L’arrivée d’internet, du téléchargement, la démocratisation des outils de production musicale ont bouleversé la donne. Aujourd’hui tu peux être écouté par plus de personnes plus rapidement, et ça c’est cool. L’accès à la culture en est plus facile. En revanche, en tant qu’artiste, les possibilités d’en faire ton métier à 100% sont infimes, le reversement des droits sur le streaming est ridicule, on te laisse des miettes de pain pour un album sur lequel tu as passé 1000 heures de travail. Il faut vraiment être motivé et croire en ton projet pour continuer. Tu rajoutes à ça une situation franco-française de la variété à tout prix, du subventionnement délirant de certaines pratiques (théâtre, danse, musique classique, chanson française…) et du coup d’un délaissement de certaines cultures comme le metal (mais pas que), alors que cette musique remplit les salles, les festivals… Tu as donc un tableau difficile pour les artistes. Ceci dit, cela nous donne envie de nous battre plus qu’autre chose !

Seb : En tout cas, si tu espères vivre de la musique en France, ne fais pas de rock ou de metal. Mais ce n’est vraiment pas grave car c’est ce qui fait aussi que ce style de musique sera toujours aussi vivant, les mecs sur scène sont là pour vivre des moments uniques avec ceux qui ont fait la démarche de venir les voir et rien de plus. Pareil pour tous les bénévoles sur les festivals, les passionnés dans les webzines, les fanzines, les radios indés etc… tous dans le même bateau et on va naviguer encore très loin quoiqu’il arrive. C’est de ça que parle le morceau « Dans le Chaos » sur notre nouvel album.

Merci pour vos réponses et à très bientôt au détour d’un concert !

Seb : A très très vite en concert ! C’est là que tout prend encore plus de sens pour nous. On a la chance grâce à Rage Tour d’avoir une bonne tournée qui arrive ! Donc il y aura le choix du lieu où on pourra partager autour d’un verre après le concert !

A propos de Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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