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Entretien avec Arthur, guitariste de Kera

Après avoir écouté Kera lors de leur dernier concert au Dr. Feelgood et avoir appris qu’ils sortaient en novembre un tout nouvel album, je ne pouvais pas ne pas les interviewer. Et c’est Arthur, guitariste du groupe qui a pris le temps de répondre à mes questions, nous en dévoilant plus sur l’attendu Hysteresis !

eMaginarock : Bonjour, et merci à toi de prendre quelques minutes pour répondre à ces quelques questions. Pourrais-tu d’abord te présenter et nous expliquer comment tu en es venu au metal ?

Arthur : Salut, je m’appelle Arthur, je suis le guitariste lead de Kera. Comme beaucoup de gens, mon arrivée dans le metal s’est fait par étapes. Ado, je suis devenu dingue de punk et j’ai lâché mon saxophone pour piquer une guitare à mon père et ne lui ai jamais rendu. J’ai débuté le metal progressivement avec les classiques du genre (notamment Metallica et SOAD qui me plaisaient beaucoup à 16 ans) et Dream Theater dont je suis resté un grand fan. Mais c’est pendant un job d’été en 2007 que tout a basculé lorsqu’un collègue m’a passé Drawing Circles de Textures et From mars to Sirius de Gojira. Par la suite je me suis tourné vers diverses formes de metal, plus ou moins extrême en gardant un penchant pour les styles plutôt techniques et bien écrits.

eMaginarock : D’où est venue l’idée de ce groupe ? Et pourquoi ce nom ?

Arthur : Je ne suis pas à l’origine du groupe ! J’ai été recruté par audition après la séparation de Thanatic Eyes lorsqu’une partie des membres voulait rebondir avec un nouveau projet. Le nom Kera est d’ailleurs un clin d’œil, puisque dans la mythologie grecque, les Keres (pluriel de Kera) sont les sœurs de Thanatos. Mais Kera n’a plus grand-chose à voir avec Thanatic eyes. Il ne reste d’ailleurs de ce line-up que Clémence, notre batteuse.

eMaginarock : Vous venez de finir l’enregistrement du nouvel album du groupe. Comment est-il né ? Qui a composé la musique et qui s’est occupé des paroles ?

Arthur : L’idée est là depuis nos premières répétitions et se veut l’aboutissement de 3 ans de travail, de consolidation, de maturation du groupe. C’est un album qui a trait à la persistance des chocs émotionnels. Certaines chansons s’inspirent directement de notre vécu, de celui de proches. On les a construites une par une, au gré des événements. Si je suis à l’origine du gros des compositions, chaque musicien a apporté ses idées, sa patte aux chansons et cet album est un travail assez collectif. Les paroles ont tantôt été écrites en solo, tantôt à plusieurs. Ce qui nous semblait important, c’est que l’ensemble soit cohérent et bien construit. Nous avons porté une attention particulière à l’enchainement des chansons, à leur tonalité, à la dynamique globale de l’album. Peu de chose ont été laissées au hasard et notre ingénieur du son et coproducteur, Arnaud Condé, nous a beaucoup aidé sur ce point.

eMaginarock : Comment s’est déroulé l’enregistrement ? Pourquoi avoir choisi cette méthode d’enregistrement ?

Arthur : Les enregistrements se sont déroulés en 3 temps : d’abord, les guitares rythmiques ont été enregistrées sans amplification à Paris pendant l’hiver et au printemps. Puis nous sommes partis dans les Vosges, dans une ferme centenaire d’un village de moins de 300 âmes, perdu entre Bruyère et Grande-Sur-Vologne. Là, nous nous sommes enfermés 3 semaines avec notre ingénieur du son, beaucoup de matériel, de très bons amplis, d’excellents micros et des caisses de vins… Si l’album était en gestation depuis trois ans, on peut dire qu‘il est vraiment né là-bas. Nous avons terminé d’enregistrer les guitares – les soli notamment – et peaufiné les compositions et arrangements. Nous avons enregistré la batterie et une partie des voix et de la basse. Ce que nous n’avons pas eu le temps de finir sur place, nous l’avons terminé à Paris dans notre local de répétition habituel.

L’esthétique de l’album est né pendant ces 3 semaines dans les Vosges, notamment grâce aux amplis utilisés, un mélange d’EVH 5150 et de Mesa boogie rectifier pour les sons saturés, et un Fender hot rod pour les sons clairs et crunch. Le fait que nous ayons déjà enregistré une grande partie des guitares pour les ré-amper sur place nous a donné pas mal de latitude pour peaufiner les sons, les réglages des amplis, les placements des micros etc. Le son massif des guitares tient aussi au fait qu’il y a toujours au moins 4 pistes guitares (quadritracking). Les autres instruments et les voix n’ont pas été moins soignées pour autant, mais je trouve qu’une des grandes réussites de cet album à paraître, c’est le son des guitares qui est massif et 100% analogique, du gros son d’amplis à lampes !

eMaginarock : Comment considères-tu ce nouvel album ? Est-il le meilleur de Kera ? Et si oui pourquoi ?

Arthur : C’est sans hésiter bien meilleur que notre premier EP, tant sur la production que sur la qualité des compositions. Notre groupe a beaucoup évolué depuis. Notre chanteur est un tueur. Il est technique, puissant et versatile. Il maitrise tellement de voix différentes. C’est la même chose pour notre bassiste, qui sait allier puissance, vitesse et précision. Et le reste du groupe a énormément progressé depuis notre EP. On a aussi quelques collaborations d’artistes très connus avec notamment Joe Tal, guitariste de Textures, qui nous a fait un solo et le Acle Kahney, aussi connu pour être le guitariste de Tesseract, qui a masterisé l’album.

eMaginarock : Quelle est ta piste préférée et pourquoi ?

Arthur : C’est difficile, je les aime toutes ! Si j’ai une chouchou, c’est probablement Silence Slight Return. C’est une de celle où j’ai pris le plus de plaisir à composer. Elle rappelle l’autre Silence, emploie la même grille mais avec des arrangements et des sophistications dont je suis ne suis pas peu fier. Il y a un superbe solo de basse, très jazzy, et le solo de guitare de l’album qui a le plus de mojo. Et puis cette chanson parle de ma mère, d’une agression terrible qu’elle a subie qui ne laisse personne indemne. Ecrire cette chanson a été ma façon de gérer le choc. Et comme cette sinistre histoire, la fin est épique et ramène de l’espoir.

eMaginarock : Maintenant que l’enregistrement est terminé, va commencer la période de promotion. Comment penses-tu que l’album sera reçu par le public ? Est-ce un peu angoissant d’attendre à la fois le retour du public mais aussi des chroniqueurs ?

Arthur : C’est angoissant oui, mais c’est le jeu. On sait que ça ne plaira pas à tout le monde. Le risque pour nous c’est d’être trop metal pour des fans de prog’ et trop prog’ pour des fans de death !

Mais ce qui m’angoisse plus encore, c’est que notre travail n’arrive pas aux oreilles des gens. On s’est donné du mal sur cet album, on a investi beaucoup d’énergie, de temps et d’argent et on est très fier du rendu. Mais le « marché » de la musique est tellement saturé, les gens voient tellement passer d’infos de groupes même géniaux qu’ils n’en peuvent plus. On subit de plein fouet le paradoxe de notre temps où il n’a jamais été aussi facile de produire et diffuser de la musique de qualité et où il n’a jamais été aussi difficile d’atteindre son public.

C’est pour ça qu’on travaille avec Ellie promotion pour cet album en qui on a toute confiance pour réussir à surmonter ce défi.

eMaginarock : Qui a réalisé l’artwork de l’album ? Et comme s’est passé le travail avec lui/elle ?

Arthur : C’est Edouard Noisette qui a réalisé cet artwork. J’ai rencontré Edouard à plusieurs reprises notamment dans des événements organisés par Amelie Ciccarelli (https://www.facebook.com/amelieciccarelliart/). Edouard est aussi venu nous voir jouer plusieurs fois. On adore son travail, Il fallait qu’il nous fasse notre artwork, et il a accepté. Il nous a alors proposé 4 croquis, tous très convaincants mais c’est cette illustration que nous avons retenu à l’unanimité. La mise en page du livret a été assurée par Amélie Ciccarelli et Arnaud Condé.

eMaginarock : Question difficile : peux-tu, en cinq mots, tenter de convaincre nos lecteurs de jeter une oreille sur ce nouvel album ?

Arthur : Très, Très, bonne musique. Ecoutez !

eMaginarock : Des clips sont-ils d’ores et déjà prévus ? Comment te sens-tu à l’idée de passer devant la caméra ?

Arthur : Oui, il y aura plusieurs vidéos dont un clip bien produit et probablement plusieurs playthrough de divers instruments.

eMaginarock : Quelles sont les prochaines dates programmées pour le groupe ?

Arthur : 7 octobre à l’espace Dennis Hopper à Bagnolet avec Monolyth, Fractal Universe et Fallcie. Le 10 novembre on doit faire la release de l’album, la salle sera annoncée très bientôt. Puis on jouera au headbang contest le 5 décembre. Le 26 Janvier on sera à Amiens aussi. D’autres dates sont en cours d’organisation mais il est trop tôt pour les confirmer.

eMaginarock : Quel est ton pire souvenir sur scène en tant que musicien ?

Arthur : J’en ai peu, et c’est tant mieux. Je crois que le pire, c’est une date de la première tournée Kera où il y a eu 4 entrées payantes, et où même le premier groupe s’est cassé. On s’est senti un peu seuls ce soir là…

eMaginarock : Merci beaucoup pour tes réponses et je te souhaite le meilleur pour la suite de la promotion de l’album.

Arthur : Merci à toi !

About Thomas Riquet

Passionné de littératures de l’imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d’Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom.

Ce faisant il assure également la direction littéraire d’anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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