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Deadpool 2 – David Leitch

Deadpool, le retour de la force. Cette fois, il essaye de venger la mort de sa petite amie, et se retrouve à faire équipe avec une héroïne chanceuse. Il se bat contre un super soldat dressé pour tuer, et essaye de sauver un super héros en devenir.

Plus grand, plus fort, plus gore, plus drôle… La bande annonce présageait un film sympathique, dans la veine du premier, avec, je l’espérai, quelques surprises. Ryan Reynolds semblait dire (à Entertainment weekly) qu’il fallait résister à l’envie de surenchérir dans ce second opus. La perte de Tim Miller à la réalisation, laissait pourtant potentiellement la place à une réalisation plus agressive (certains bruits ont couru sur Quentin Tarentino). C’est finalement David Leitch (cascadeur et co-réalisateur de John Wick) qui a été pris pour faire le job. Plutôt un bon gage d’action si l’on en croit son CV, et récemment le très mouvementé et sympathique Atomic Blonde (j’ai adoré ce film mais c’est une autre histoire).

Deadpool 2 commence sur une scène d’action, des membres volent, il y a du sang, c’est le bordel. L’impression générale : c’est Wade Wilson, y’a pas de doutes. Sans surprise, le héros nous explique tout de go que cette fois n’est pas la bonne, et que il va nous dire pourquoi il se retrouve dans cette situation, et paf, nous voilà projetés un peu en arrière.

Le grand amour de Wade, est mort, bim, là comme ça, tout de suite. What the Hell??? Alors, il décide de déprimer tout son soûl, à grand renforts de trucs violents. Enfin plus ou moins. Super Colossus le récupère, et tente de lui redonner goût à la vie. Wade qui est en mode laissez-moi-mourir-je-suis-un-loup-solitaire-tout-le-monde-meurt-près-de-moi, refuse toutes les propositions, ou les foire. Et là arrive Cable. Campé par Josh Brolin, Thanos dans l’autre blockbuster du moment, totalement métamorphosé pour l’occasion, et disons le, le seul vrai intérêt que j’ai trouvé à ce film.

Le personnage de Cable est quelque part un copié collé de notre ami Wade, même situation, même esprit de contradiction, même loyauté au final… Il est la raison aussi, à la seule ligne de dialogue que j’ai trouvé intelligente et drôle, hors de la diarrhée verbale dont deadpool nous abreuve (si si, encore plus que dans le premier opus). Et ce personnage, nous entraîne donc vers les deux autres protagonistes, si on peut dire, Domino et Firefist (oué ce nom est VRAIMENT pas terrible), ce dernier nous emmenant encore vers autre chose (là, faut que j’arrête de raconter sinon il n’y a plus aucun intérêt à voir ce film…).

Ces persos redonnent néanmoins un coup de fouet à notre pauvre petit poussin égaré dans les méandres et la turpitude de son moi profond, en essayant au passage de lui voler la vedette (et y parviennent, il faut le dire). Il y a quelques scènes très chouettes avec Domino, qui s’en tire somme toute pas mal (après atomic blonde, on se dit que Leitch a vraiment un faible pour les femmes badass). En ce qui me concerne, j’adore le personnage de Cable même si Josh Brolin semble quelque peu « éteint » par moments, les effets spéciaux étant un poil visibles, cela n’arrange pas le truc.

Sur tout ce méli-mélo superhéroïque, vient se greffer un vrai dilemne. Wade rêve et voit sa Belle, toujours dans son appartement et dans différentes circonstances, pourtant rigoureusement similaires. Elle lui parle et le convainc de continuer le combat tant que tout n’est pas achevé en quelque sorte. Cela ressemble fort à une conscience qui quelque part se mettrait en branle quand il perd totalement pieds. Peut être est ce la fameuse touche plus « émotion » dont j’ai entendu parlé ? Je ne sais pas. Je n’ai pas trouvé le film particulièrement plus émouvant, bien au contraire. Il m’a semblé beaucoup trop classique et limite pétri de bons sentiments, à mon grand regret. Deadpool est passé de badass fun à clown triste, en quelques plans et c’est fort dommage.

Tout l’effet de surprise est passé et il ne reste que de la surenchère réchauffée, vue et revue, au niveau de l’histoire, rien de bien excitant. Je ne parle même pas des dialogues qui auraient pu être quasi copiés collés, à vrai dire, et c’est beaucoup moins drôle la seconde fois.

Concernant la réalisation, je n’ai rien à dire. Les effets sont assez beaux (sauf quelques loupés visibles mais comparés à d’autres films c’est tout à fait honorable), la lumière est relativement fade et en tous les cas banale, tous les plans sont bien étudiés pour nous en mettre plein la vue, mais ça ne fait pas souvent mouche.

Les scènes avec Vanessa ont leur propre couleur qui rappellent son statut et le côté doux, opposé à la fureur vive et le sang des membres qui se baladent de la vraie vie. David Leitch maîtrise son sujet et nous abreuve d’action, toujours avec une bande son efficace (ça semble être sa marque de fabrique, l’action, il sait faire!). Film d’action donc, mais extrêmement convenu, ce qui est pour le coup, l’inverse de toute la folie du premier opus et qui avait créé un petit raz de marée dans le monde bien fade des films actuels de super-héros. La production très importante (le budget est colossal, il a doublé depuis le 1er film) a aussi apporté une espèce de touche lisse du super-héros parfait et prévisible.

 

En conclusion, Deadpool 2 est pour moi un très bon produit marketing, amenant la masse vers où elle a envie d’aller, sans creuser une seule seconde, du côté vraiment subversif qui était censé exploser dans cette suite. Je n’ai pas compris la mort de Vanessa, ni l’intérêt de Domino. Disons que Cable peut être perçu comme le pendant « maléfique » de Deadpool, si on occulte plusieurs paramètres mais bon c’est très capillotracté. La dimension familiale que Leitch essaye de nous montrer me semble plus être de l’esprit d’équipe, et les tentatives pour montrer les débuts de la Xforce, un poil trop légères. Je n’ai pas été convaincue par ce film, et je ne peux donc que dire que j’aurai sans doute dû en rester à ma première bonne impression du n°1 et skipper la suite. J’espère néanmoins que certains iront voir ce film et m’opposeront des arguments pour que je révise mon jugement, j’ai horreur de rester sur une impression d’inachevé !

DEADPOOL 2
Réalisé par David Leitch, d’après le personnage des comics Marvel
Avec Ryan Reynolds, Josh Brolin, Morena Baccarin
Marvel –
20th Century Fox

Eldricht Tales

A propos de 13

13, blackD, true evil darkness... appelez moi comme vous voulez. Whatever. L'image, aaaaaahhh l'image. Tellement belle, tellement infinie, tellement omniprésente, tellement incroyable, pourtant si mystérieuse. Ma passion, (avec le jeu et la lecture faut pas déconner!) la plus dévorante. Je pourrai philosopher sur ce sujet pendant des heures! Néanmoins, je vais vous épargner cette très douloureuse expérience (si, si je vous assure, lire une personne sans âge -la version polie d'ancêtre- déblatérer sur telle ou telle chose, c'est pas franchement un cadeau !), et passer directement à la distribution de bons points. Ceux qui sont pas sages, fessée cul nu devant tout le monde. Allez bisous, à tout vite.

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