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Colossal – Bear McCreary


Si Bear McCreary est un compositeur prolixe et reconnu sur petit écran (Battlestar Galactica, Les Chroniques de Sarah Connor, Outlander, Walking Dead, Black Sails, Agents du SHIELD), il peine à s’imposer sur des projets d’importance au cinéma. Il semble enfermé dans des productions de genre à petit budget comme Europa Report ou 10 Cloverfield Lane. Colossal vient s’ajouter à cette liste dans une veine résolument rock.

Colossal parle d’une fille un peu paumée (Anne Hattaway) qui se découvre une connexion mentale avec un lézard géant – non, pas Godzilla – en train de détruire Séoul. Elle va tenter de maîtriser ce pouvoir pour ne pas entraîner la destruction du monde. Derrière ce pitch très actuel liant super pouvoir et gros monstre avide de destruction se cache pourtant une toute petite production au budget de quinze millions de dollars.

Malgré ce budget modeste, Colossal propose une musique de film jouée par un petit ensemble sous la direction de Bear McCreary. On reconnait instantanément le style du compositeur dans cette partition, qui mêle passage intimistes pour cordes ou piano, moments tendus sur les vents et cuivres, et mise en avant de la guitare électrique.
Un thème central charpente toute la bande originale. Il se découvre dès A monster hypothesis d’abord au piano solo, puis avec sa guitare électrique narratrice d’un thème simple, volontiers entêtant, qui sera repris ensuite par les cordes. On le retrouvera notamment sur Separate Ways dans une interprétation cordes/guitare électrique du plus bel effet. Il éclate finalement en fanfare sur The Colossal Finale Part 1, où l’on retrouve une ampleur très proche des envolées super héroïques de Bear McCreary pour Agents du SHIELD. Porté par les cuivres, le thème principal est ici plus développé, nuancé, avant que The Colossal Finale Part 2 nous propose des orchestrations moins glorieuses, plus douces, notamment sur le violoncelle et le piano.
Il est dommage que les variations manquent pour pleinement apprécier le potentiel de ce thème charpente. S’il est facilement identifiable dès qu’il se manifeste, il peine à créer une identité propre au CD par un manque de force et le retour à l’identique d’ambiances et de gimmicks du compositeur.

The most irresponsible thing est une piste un peu à part sur l’album, évoquant plus franchement le rock indépendant avec la batterie, la basse et la guitare. Il ne manque qu’un chanteur pour parfaire l’illusion. Ce morceau se trouve au milieu de pistes plus intimistes, plus sombres aussi, qui rappelleront à quelques nostalgiques les élans introspectifs de Battlestar Galactica (Have a beer et sa conclusion par exemple).

Conclusion

Si l’album de Colossal est court (une quarantaine de minutes avec plusieurs pistes autour de trois minutes), il offre un plaisir d’écoute constant grâce à la diversité de ses approches. Tantôt intimiste, tantôt plus tendu et sombre, il offre à son thème principal quelques moments exaltants. Certes, les moyens sont limités et Bear McCreary échoue a créer une identité forte pour son score, mais il agglomère les routines et réussit à les agencer avec réussite.

Colossal
Musique composée par Bear McCreary
CD disponible chez Lakeshore Records et sur les plateformes de téléchargement légal (Itunes…)

About Kevin

Passionné d'imaginaire, Kevin lit, voit et assiste à pas mal de choses. Il partage ses découvertes et aime repartir vers le passé, le temps d'une chronique ou d'un article. Depuis 2008, il joue aussi les scribouilleurs amateurs chez Rivière Blanche (Dimension Ecologies Etrangères), Malpertuis (Malpertuis VI) ou les éditions Mots & Légendes où son premier roman de Fantasy débarquera courant 2017.

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