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Black Panther – Ryan Coogler

Après les événements qui se sont déroulés dans Captain America : Civil War, T’Challa revient chez lui prendre sa place sur le trône du Wakanda, une nation africaine technologiquement très avancée. Mais lorsqu’un vieil ennemi resurgit, le courage de T’Challa est mis à rude épreuve, aussi bien en tant que souverain qu’en tant que Black Panther. Il se retrouve entraîné dans un conflit qui menace non seulement le destin du Wakanda, mais celui du monde entier…

Tandis que l’univers Marvel ronronne depuis un moment au cinéma et peine à se renouveler, le Studio tente des « coups » pour essayer de renouer -non avec le succès financier, qui lui se porte bien, merci-, mais avec l’enthousiasme des débuts.
On peut être un cadre de Disney attaché à ses dividendes et son yacht stationné à Monaco, tout en cultivant intérieurement un reste de fibre artistique qui vibrera de plaisir à la lecture de critiques élogieuses de son dernier produit.

D’où un Gardiens de la Galaxie qui surprenait agréablement et amenait un relatif vent de fraîcheur, ou plus récemment un Thor, Ragnarök coloré et décalé. Avec Black Panther, on nous a vendu un « retour à une ambiance plus sombre », quand les critiques vantent « un renouveau de Marvel au cinéma ».

Alors on n’a pas du voir le même film.

Ce n’est pas mauvais, soyons clair !! Mais niveau originalité, euh… on a affaire exactement au même schéma que tous les autres :
Action / coup d’éclat => défaite / coup de blues / perte des pouvoirs => le side-kick qui remonte le moral => re-action / suspense léger / le héros gagne.
La recette du « film de super-héros » appliqué à la virgule près.
Même le schéma type de l’épisode d’introduction du personnage est respecté !
Le méchant est un alter-égo du héros, avec le même costume / pouvoir : Iron Man et son armure, Hulk et le sérum, Ant-man et le costume, Strange et ses pouvoirs magiques, et donc Black Panther et son costume. A force, ça finit pas se voir…

Je ne reviendrai pas sur le coté « héros africain », en tant que blanc-mâle-hétéro-cisgenre-carniste-mais-je-me-soigne, je ne suis pas spécialement touché par ce point particulier. Fondamentalement, ça ne change pas grand chose : que l.e.a hero.ine.s soit blanc/noir/homme/femme (Captain Marvel !!)/raton laveur, ça n’a pas grande importance peu tant que l’histoire est intéressante et bien racontée, non ?

A moins que le caractère « particulier » soit exploité, comme ce fut le cas pour Groot ou Rocket. Mais ici, en dehors de l’exotisme des superbes décors et coutumes tribales, le héros en lui-même est parfaitement semblable aux autres, jusque dans sa morale. Ça colle certainement au message universaliste d’Hollywood, mais on passe peut-être à coté de nuances intéressantes.

Passé son manque total d’originalité, le film se tient et offre son content d’action super-héroïque de rigueur. La petite couche « différenciatrice » se situera ici dans la couleur ajoutée au matériau ultra formaté de base. Après la comédie seventies de Ragnarök, on est ici dans un James Bond futuriste, avec son labo et son « Q » inventeur de gadgets géniaux. Même l’agent de la CIA est là !!! Évidemment, comme dans tous les épisodes d’introduction, l’intrigue est relativement simple et rapidement évacuée. On ne peut pas présenter le héros, son contexte, ses alliés, ses ennemis, et développer en plus un drame shakespearien.
Enfin, l’amateur de B.O. pourra être titillé par certains passages moins insignifiants que d’habitude. Le score proposé ici offre quelques morceaux sympathiques, notamment si l’on aime un peu les musiques du monde. Mais toujours dans le cadre d’un film Marvel hein ? Ce n’est pas non plus de l’expérimental, ni la collection Ocora-radio-france.
Hors chanson de génériques rappées par une star du moment et nappes d’ambiance, la composition de Ludwig Goransson offre quelques mélodies et harmonies vocales africaines, passées au filtre de la mondialisation occidentalisante : synthés et reverb adoucissant la rugosité des musiques traditionnelles. Un peu ce que Era est au chant Grégorien. Oui, effectivement, dit comme ça ce n’est pas très engageant, mais dans le film, ça passe très bien et ça peut même surprendre agréablement.

Donc voilà le Marvel du trimestre, ni meilleur ni pire que les autres, et plutôt réussi. Le train-train, ni surprenant, ni décevant ; un peu comme le « western de la semaine » des années 60″ que nos parents allaient voir par automatisme sans vraiment en attendre grand chose… Rendez-vous dans deux mois pour Avengers : Infinity War.

Black Panther

De Ryan Coogler

Scénario : Ryan Coogler et Joe Robert Cole,

avec Chadwick Boseman, Michael B. Jordan, Angela Bassett, Martin Freeman, Andy Serkis, Forest Whitaker

Marvel Studios / Walt Disney Pictures

Eldricht Tales

A propos de Martin Silenus

"L'évolution donne l'être humain. L'être humain, après un long et douloureux processus, donne l'humanité." Dan Simmons - Hypérion.

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