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Beloved Antichrist – Therion

Quand j’ai appris que Therion sortait un nouvel album, je n’ai pas pu faire autre chose que de sauter de joie. Quand en plus j’ai découvert que c’était le fameux opéra metal sur lequel bosse Johnsson, le leader du groupe, depuis des années, j’étais encore plus ravi. En voyant arriver un énorme pavé de pas moins de 46 titres pour plus de trois heures de musique j’ai pris peur. Le moins que l’on puisse dire c’est que cela semble pour le moins consistant, mais voyons voir ce que cela donne à l’écoute car cela peut soit être la consécration soit la chute pour ce groupe qui ne cesse de prendre ses fans à contrepied.

Dès les premières pistes la veine opéra se fait très clairement sentir. Les amateurs de la période Death du groupe peuvent se ranger et regarder ailleurs, ici Johnsson cherche à nous proposer quelque chose de grandiose et de beau. L’alternance des morceaux entre opéra pur et metal symphonique est vraiment intéressant et le moins que l’on puisse dire c’est que le compositeur sait ce qu’il fait et pourquoi. Le projet est réfléchi et cohérent même si soyons très clairs je ne vais pas vous passer en revue les morceaux un par un car cet article ferait dès lors une bonne dizaine de pages et ce n’est pas utile.

Les choix de composition proposés m’ont semblé parfaitement cohérent et le groupe parvient à merveille à se mêler aux instruments de l’orchestre symphonique qui joue derrière. Finalement le seul bémol de cet album reste la durée et la nécessité d’être pleinement investi dans l’écoute pour que cela prenne. Une première écoute à la va-vite dans le métro m’avait laissé sur ma faim mais en prenant bien le temps de réécouter, au calme, l’intégralité de l’album j’ai vraiment été séduit par ce mélange presque alchimique entre deux genres musicaux semblant aisément aux antipodes l’un de l’autre.

Johnsson nous rend ici son grand œuvre musical et très clairement il convaincra beaucoup de monde. Complexe, beau et prenant, cet opera parvient magnifiquement à faire la jonction entre le classique et le metal de très belle manière. Toutefois certains s’y perdront et l’aspect perturbant d’un album de 46 pistes sur trois heures demande un véritable niveau d’investissement auditif pour bien saisir toute la teneur de l’ensemble proposé. Le fait est que malgré un début que j’ai trouvé poussif car peu habitué à l’opéra la musique a finalement su m’emporter et me bercer. Une belle réussite donc, en tous cas cela me donne envie de crier au génie musical.

Beloved Antichrit
Therion
Nuclear Blast
2018

Eldricht Tales

A propos de Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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