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Arktis – Ihsahn

Figure emblématique du black metal symphonique, Ihsahn se place en véritable innovateur du genre. Depuis presque 10 ans, le leader d’Emperor nous offre une discographie riche et surprenante. L’exploration musicale reste donc toujours de mise avec Arktis, même si le norvégien a voulu s’atteler à une écriture plus directe et accessible.

Arktis s’ouvre sur le très entraînant et sombre Disassembled. Les guitares lourdes côtoient les mélodies typées pop au son d’un refrain au chant clair. Les riffs sont rock’n’roll, les screams rappellent les heures de gloires d’Emperor. La voix est ici utilisée comme véritable élément musical et la couleur de celle d’Einar Solberg (Leprous) se mêle parfaitement au tout, notamment sur les parties plus posées du morceau.

Dans la lignée de la chanson précédente, Mass Darkness reprend cette dualité d’ambiance à la fois pop et sombre. Dualité que l’on retrouve dans le refrain de par les « Give in » scandés en voix claire par Matt Heafy (Trivium) combinés aux cris black metal caractéristiques d’Ihsahn. Les riffs de guitares, quant à eux, sonnent dans un esprit death mélodique qui s’apparenterait à la musique des finlandais de Children of Bodom !
Le titre suivant, My Heart is of The North, très personnel, met en avant les guitares (entre riffs puissants, solo énergiques et passages calmes). L’orgue complète les parties de guitare avec brio. Cet instrument, très présent sur ce titre, a même droit a un solo bien barré sur fond d’accord plaqués de guitare sèche accompagnant la voix d’Ihsahn lors du pont.

South Winds marque une entrée dans l’exploration de la musique électronique en nous proposant une introduction digne des années 1980. La voix ensorcelante du norvégien, qui se place ici en véritable démon tentateur, ainsi que l’arrangement de la mélodie principale en riff bien lourd et groovy et tout aussi envoûtant, nous entraînent dans les profondeurs infernales et glaciales de l’univers d’Ihsahn.

In the Vaults apparaît comme le morceau le plus lumineux de l’album.

La partie mélodique est assurée par les violons et les voix agencées en chœur planants. Le chant presque essentiellement clair mêlé aux sons de «boites à musique» et aux accords tenus à la guitare donnent un aspect un peu plus léger à ce titre. Une véritable bouffée d’air frais avant de replonger dans les ténèbres.

Tout comme South Winds, un petit air tout droit sortie des années 80 se dégage du titre Until I Too Dissolve. Cet aspect heavy old school (!)  vient en grande partie du riff principal qui semble surgir tout droit d’un vieux bar glam de Los Angeles. Cette chanson, encore une fois, nous laisse apprécier la maîtrise vocale du compositeur.

Retour aux ambiances lourdes et glaciales avec Pressure. Rythmiques militaires, tempo lent, longues notes tenues confèrent une ambiance plutôt pesante au morceau tandis que les parties orchestrales doublées par les screams rappellent l’aura massive et conquérante propre à la  musique d’Emperor. Cette pression est presque palpable à l’écoute de ce titre. Les dissonances des guitares saturées et des sons électroniques amplifient cette sensation.

Pour Frail, les sonorités électroniques côtoient les sons de piano, les voix planantes et l’énergie de la partie rythmique. Ce titre renoue avec le thème de la misanthropie si chère à nos artistes nordiques.

Crooked Red Line se veut jazzy et pour l’occasion Ihsahn à refait appel aux services de Jørgen Munkeby (Shining) au saxophone. Comme pour leurs collaborations précédentes, la participation musicale du leader de Shining se marie parfaitement à la musique d’Ihsahn.
Arktis fini en beauté sur le très théâtral Celestial Violence. On peut noter le retour du premier invité de l’album : Einar Solberg. Le piano et la guitare se complètent autant qu’ils s’opposent (frottements et dissonances) sur un air de metal symphonique. Un morceau parfait pour la voix incroyable du beau frère d’Ihsahn !    

Til Tor Ulven (Søppelsolen), est le fruit d’une collaboration lors d’un festival de littérature avec l’auteur et romancier norvégien Hans Herbjornsrud. Pour l’occasion, un poème de Tor Ulver fut récité sur la musique composée par Ihsahn. Ce bonus track reste dans la continuité de l’album précédent (Das Seelenbrechen) tant par l’approche des mélodies que par l’improvisation dans la composition. En ce sens, il joue son rôle de titre bonus à la perfection.
Ihsahn nous livre un album plus épuré structurellement en comparaison avec le reste de sa discographie (surtout en opposition avec la démarche créatrice du précédent opus) sans pour autant s’éloigner de l’exploration musical qui lui est si chère. On voyage à travers les époques et les sonorités. La musique emprunte des éléments black metal, indus, heavy ainsi que du metal progressif et symphonique pour les coupler aux ambiances froides, glaciales et personnelles, typiques du travail du norvégien. Les voix et instruments des invités se posent ici en compléments de la palette musicale d’Ihsahn. Les thématiques nordiques (nature, introspection, solitude) sont toujours au rendez-vous, notamment avec l’utilisation de l’image de ce grand explorateur norvégien Fridjof Nansen dont les photos figurent sur la pochette. Une fois encore Ihsahn nous livre une œuvre riche, personnelle et intense.

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