Deux ans après leur passage à l’Elysée Montmartre pour leur tournée anniversaire, les goth pailletés de Lord of the Lost sont de retour pour leur Tour Noir qui fait suite à leur triple album dont le dernier volume est sorti le matin même.
Mais avant leur arrivée c’est League of Distortion qui prend place sur scène. Face à l’éternelle difficulté d’une salle en cours de remplissage, le quatuor mené par une chanteuse pleine d’entrain ne se démonte pas. La soirée commence sans ce petit flottement de de démarrage qu’on vit parfois, il y a une énergie scénique palpable qui se transmet bien à la fosse. Même sans révolutionner le genre, League of Distortion vaut le coup de s’attarder à la barrière.
C’est ensuite le quintette féminin de Dogma qui vient transformer l’Elysée Montmartre en une messe… molle. Peut-être est-ce juste moi qui passe à côté de l’engouement que je vois aux premiers rangs mais je me retrouve particulièrement déçu par ce groupe qu’on m’avait présenté comme une vraie expérience scénique. Au final une fois passée la découverte des tenues dignes du clip de Demons are a girl’s best friend et des poses un peu répétitives, il ne reste qu’un metal assez peu inspiré et des pains dans le jeu (et ça vient de quelqu’un qui ne repère jamais les fausses notes tant que l’énergie est bonne). De mon point de vue l’expérience aura été un peu longue mais une grande partie du public a l’air entrainé, et finalement c’est le plus important.
Les stars de la soirée font basculer l’ambiance dès leur arrivée, avec une entrée sur Kill the Lights qui annonce la couleur, ou plutôt la noirceur : oubliez l’ambiance joyeuse de la tournée précédente, Lord of the Lost est de retour du côté Goth de la scène.
Etonnamment le show qui se déroule semble beaucoup plus représentatif de l’ensemble de la carrière du groupe que ne l’était celui des 15 ans de scène, ce qui n’est pas forcément le cas quand on regarde les albums joués mais le ton sonne plus comme un retour aux sources. En ce sens Lord of the Lost a réussi le pari qu’était la sortie d‘Opus Noir en contraste avec la période Blood and Glitter qui a précédé.
On notera que le bassiste Dom R. Crey qui remplace sur la tournée Klaas se trouve sur scène là où était le second guitariste Benji lors de son arrivée deux ans plus tôt… Y a-t-il un spot réservé aux nouveaux chez Lord of the Lost ? Blague à part, on pense très fort à notre bassiste historique qui a dû prendre du recul vis-à-vis de la scène en raison de sa dépression.
Lord of the Lost cultive un rapport fort à son public et le set est entrecoupé d’interactions qui vont du jet de peluches à la demande d’une multitude de « one person cirle pit » qui a donné un joli tournis à beaucoup d’entre nous.
C’est finalement au bout de 23 morceaux qu’on doit se quitter, et quand les lumières se rallument on a du mal à sortir de cette soirée qui sent à la fois la nostalgie et un renouveau. 17 ans de scène, 10 albums (si on compte Opus Noir comme un seul) sans citer les escapades orchestrales… et Lord of the Lost continue de nous faire vibrer comme ils l’ont toujours fait. C’est ce que je retiendrai de cette soirée, et ce pourquoi bon nombre d’entre nous attendent déjà avec impatience leur prochain passage sur scène.
