Entretien avec Thibaud Latil-Nicolas pour la sortie de Les Flots sombres

J’avais adoré le premier roman de Thibaud Latil-Nicolas sorti chez les éditions Mnémos, Chevauche-Brumes, et sa suite, Les Flots sombres a également su me surprendre énormément. Voici donc une petite interview, à distance comme il se doit, qui fait suite à la première que nous avions faite l’année dernière.

Bonjour Thibaud, et merci de prendre le temps de répondre de nouveaux à mes questions. Nous nous étions rencontrés il y a un peu plus d’un an pour la sortie de Chevauche-brumes donc nous allons passer sur les présentations d’usage et entrer directement dans le vif du sujet : content de la sortie de ce second roman ?

Très ! Quoique, malheureusement, celle-ci a été repoussée en raison de la crise du coronavirus mais bon… Il y a des choses bien plus graves et après tout, cela ne fait que maintenir le suspense ! Je suis surtout ravi d’avoir réussi à écrire un deuxième volume et cela, en m’amusant deux fois plus.

Lorsque nous en avions parlé la dernière fois tu disais vouloir développer l’univers en y revenant mais sans forcément centrer le tout sur les Chevauche-brumes. J’ai envie de dire que cette mission est à moitié réussie et à moitié ratée puisqu’ils sont de nouveau au centre de l’histoire, mais avec pourtant plein de petits nouveaux. Pourquoi avoir fait ce choix de les remettre en avant plutôt que de repartir d’une ardoise vierge ?

Pour deux raisons : d’abord parce que les personnages du premier roman ont suscité l’adhésion des lecteurs (et la mienne aussi, bien entendu). Je pense que beaucoup de gens seront ravis de les retrouver et d’en apprendre davantage sur leur pérégrinations.

Ensuite, cela me permettait de développer les pistes posées dans le premier tome et de m’en servir pour développer l’histoire, explorer de nouvelles terres et de nouveaux personnages. Je trouve que cela rend le livre et son univers, plus riches.

Je voulais ainsi conserver ce qui a fait le succès du premier tome et offrir quelque chose de nouveau aux lecteurs.

L’un de mes personnages préféré, comme pour beaucoup de tes lecteurs je pense, serait Ophélie. Comment l’as-tu conçue ? T’es-tu inspiré de personnages réels ?

Ophélie est, comme toutes les femmes de mes romans, inspirée de femmes que je connais. C’est d’ailleurs le prénom de ma sœur aînée. Ma cadette s’appelle Blandine… Devine qui elle m’a inspiré…

Je voulais qu’Ophélie soit plus équilibrée que les doryactes dans le sens où celles-ci sont issues d’une culture martiale et sont donc inflexibles, très courageuses et ne doutent que très peu. Ophélie est en revanche rongée par des questions sans fins sur sa légitimité, sa compétence, sa place vis à vis de sa souveraine et de son équipage. Cela la rend plus proche de nous et de nos préoccupations.

Dans ta première interview tu nous dis que tu d’identifie le plus à Varago. Mais sur les nouveaux personnages que tu développes dans ce roman, lequel a ta préférence ?

J’aime toujours la gouaille de Varago mais je développe un faible pour Belon… Dans les nouveaux personnages, j’ai évidemment une empathie certaine pour Ophélie mais aussi pour Berak de Ferbourg.

Il y a par moment dans ton roman un petit côté Pirates des Caraïbes sur les passages maritimes. C’est volontaire ?

Oui et non. Je me suis inspiré de livres sur la flibuste et les grands explorateurs que j’avais dévorés avant (notamment les ouvrages de Georges Blond). Melville n’est pas loin non plus. C’est l’Histoire qui m’a inspiré avant tout et il est donc logique que Pirates des Caraïbes, qui a lui aussi pioché dans le même imaginaire, vienne à l’esprit. Pourtant, je ne suis pas vraiment « fan » des pirates des caraïbes. Je ne les ai pas tous vus d’ailleurs.

Tu développes également dans ce roman, ainsi que tu l’avais annoncé, l’aspect géopolitique du Bleu-Royaume. On peut même dire que tu ne fais pas semblant. A la fin du roman soyons très francs je t’ai pris pour un fou furieux ! Et pourtant je n’ai qu’une envie, découvrir la suite. Pourquoi avoir pris le parti de rendre ton scénario aussi extrême ?

Parce que je voulais que les enjeux soient importants ! Je désire conter une histoire palpitante et de ce fait, créer de l’instabilité dans un univers me semble être un bon moyen de faire s’interroger le lecteur sur ce qui va bien pouvoir arriver par la suite.

Il ne nous reste plus, si je me fie à tes propos précédents, qu’à en découvrir plus sur le système de magie que tu développes. Est-ce l’objet de ton troisième roman ?

Pas seulement. Le troisième roman va effectivement parler de cela mais il y a d’autres arcs narratifs que je vais conclure dans ce dernier tome.

Et justement, venons-en à la suite de ce Les flots sombres. As-tu déjà commencé à l’écrire ? Peux-tu nous en dire un peu plus sur ce que tu souhaites faire ?

J’ai commencé à écrire le dernier roman mais je ne peux pas trop en dire pour ne pas divulguer trop d’informations concernant le tome 2. Bien sûr, je veux apporter une conclusion à cette trilogie, faire en sorte que les personnages évoluent d’un bout à l’autre du récit. Je veux que le Bleu-royaume change, se convulse, se transforme. Et surtout, je veux m’amuser en l’écrivant et que cette passion se transmette à celles et ceux qui liront ces pages. Je suis fier d’imaginer que des gens attendent désormais mes livres, sont contents de mettre enfin la main dessus et courent chez eux pour le lire en jubilant. J’ai vécu cela en qualité de lecteur et pouvoir procurer ce genre de félicité me fait extrêmement plaisir.

Merci pour toutes tes réponses et à un de ces jours au détour d’un salon ou d’une dédicace !

 

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