Entretien avec Julien, chanteur et compositeur de Chemical Sweet Kid

Le nouvel album de Chemical Sweet Kid, Fear Never Dies, m’a clairement fait l’effet d’une bombe. De l’électro indus de qualité, comme on en entends rarement de l’aussi bonne. Et donc il semblait évident d’envoyer un petit mail à Julien,chanteur et compositeur du projet, afin d’en savoir plus sur lui, sur sa musique…

Bonjour, et merci de prendre le temps de répondre à ces quelques questions. Pouvez-vous tout d’abord vous présenter et nous expliquer ce que vous faites dans Chemical Sweet Kid ?

 Bonjour, merci à toi ! Je suis Julien Kidam, fondateur, compositeur et chanteur du groupe CHEMICAL SWEET KID.

Comment définiriez-vous le groupe et sa musique pour quelqu’un qui ne vous connaît pas ?

Je dirais que c’est un mélange d’électro, d’indus et de métal avec une ambiance assez sombre, parfois malsaine. Une musique à la croisée de MARILYN MANSON, ROB ZOMBIE et COMBICHRIST.

Fear Never Dies est le cinquième album du groupe. Comment s’est passé le travail dessus ? Qui compose la musique, qui écrit les paroles ? Et surtout quelles sont vos influences musicales ? On y discerne clairement du Rammstein mais il doit y avoir d’autres choses je pense.

Le travail sur Fear Never Dies s’est passé plus ou moins comme pour les albums précédents. Je compose la musique seul dans mon studio et j’envoie ensuite les morceaux à notre guitariste qui apporte sa touche. Nous avons ensuite été à Hambourg, au Chameleon StudioS, où les guitares ont été enregistrées par Chris Harms de LORD OF THE LOST. C’est la principale différence avec les autres albums pour lesquels nous avions enregistré les guitares nous-mêmes. Tout comme pour la musique, j’écris également les paroles. Il faut savoir que le groupe a été créée en 2008 et j’étais tout d’abord seul. Les autres membres s’y sont greffés par la suite et il y a d’ailleurs eu plusieurs changements de line up depuis le début. C’est donc un projet très personnel et c’est la raison pour laquelle je m’occupe seul de l’écriture des morceaux et paroles. Je ne suis cependant pas fermé à la collaboration, au contraire. Nous venons d’ailleurs de changer de guitariste et nous allons essayer de travailler en ce sens.

À ses débuts, la musique du groupe était très électro avec des premières influences comme TAMTRUM et SUICIDE COMMANDO. Puis le son a évolué vers un côté plus rock-metal, avec des ambiances proche de MARILYN MANSON, parfois ROB ZOMBIE mais aussi COMBICHRIST.

Je suis toujours assez surpris lorsque l’on me dit qu’on distingue du RAMMSTEIN dans la musique de CHEMICAL SWET KID car c’est un groupe que j’écoute très peu et dont je ne m’inspire pas vraiment. Mais tu n’es pas le premier à me faire la remarque et j’imagine que c’est le côté martial qui incite à cette comparaison.

Comment s’est monté l’univers visuel du groupe, assez dark et inquiétant ? D’où sont venues les premières idées en la matière ?

Comme je te le disais précédemment, le groupe existe depuis 2008 et cet univers sombre et inquiétant était présent dès le départ. Comme tout projet, le groupe et l’univers se sont affirmés et développés au fur et à mesure des concerts et albums. J’ai toujours était attiré par les musiques et ambiances sombres, c’est donc tout naturellement que j’ai reproduit cela dans ma musique.

Quelle est votre chanson préférée de l’album et pourquoi ?

C’est assez difficile à choisir. Tout comme il me paraît impossible de n’avoir qu’un seul groupe favori parmi plusieurs styles musicaux que j’affectionne, je ne peux choisir qu’une seule chanson.  J’essaie de varier les morceaux au sein de l’album pour avoir plusieurs ambiances (dansante, pesante, etc.) et ne pas tomber dans un côté trop répétitif afin que l’auditeur ne se lasse pas. Je dirais que j’aime bien Under The Spell car elle dénote un peu du reste avec un côté à la fois très martial et des passages plus mélodiques, Forgiven pour son aspect lourd et pesant et Sick Of You All, qui est à mon sens plus un interlude qu’une chanson à part entière, pour son ambiance de comptine malsaine sur fond de boîte à musique.

Au final c’est album est assez long, avec seize pistes. Était-ce un choix dès le départ de faire un album très consistant, ou bien le fil de la création s’est-il emballé ?

Au contraire, je voulais au départ faire un album assez court avec tout au plus 10 morceaux. Puis j’y ai rajouté une intro (Shall We Begin) que j’ai quelques mois plus tard décliné en petite comptine un peu flippante (Sick Of You All). Puis, en attendant de travailler sur l’artwork, j’ai finalement composé un dernier morceau, puis un autre, auxquels se sont ajoutés des remixes de groupes phares de la scène electro gothique AGONOIZE et NACHTMAHR.

Cela faisait déjà quelques années qu’avec Chris (chanteur-compositeur d’AGONOIZE) on discutait d’une collaboration et cela s’est finalement concrétisé avec un remix du titre Lights Out. Alors que l’album était complet et pratiquement prêt à sortir, j’ai passé quelques fins de soirée à l’Amphi Festival à partager quelques verres avec Thomas de NACHTMAHR qui m’a proposé de remixer un titre en remerciement d’une cover que j’avais fait pour lui quelques années auparavant.

Voilà donc comment je suis passé d’un album que je voulais être assez court à l’album le plus long que le groupe ait sorti.

Comment s’est fait le travail sur la pochette, par ailleurs glauque à souhaits ?

 Je ne te cache pas que le travail sur la pochette a été assez long et laborieux ! J’avais contacté plusieurs designers qui s’étaient engagés et m’ont lâché au dernier moment. J’ai l’impression que certains ont tendance à devenir de vrais divas et je n’en voyais plus le bout. C’est par hasard que je suis tombé sur le travail de Wendy Sabercore auquel j’ai de suite accroché. En voyant la pochette, tu peux facilement comprendre pourquoi. Ambiance sombre, design se rapprochant des affiches de films d’horreur…. Tout ce qu’il fallait pour illustrer l’ambiance de Fear Never Dies !

Point de vue clip, vous avez déjà sorti des choses avec Lights Out et Lost Paradise, mais d’autres sont-ils actuellement prévus pour soutenir la sortie de l’EP?

 On a en effet sorti 2 EPs avant la sortie de l’album : Lights Out  et Lost Paradise. Ce dernier est un featuring avec Marcus Engel, guitariste du groupe RABIA SORDA, qui y a posé ses guitares lourdes et puissantes. Chacun de ces singles étaient accompagnés des remixes d’AGONOIZE pour le premier et NACHTMAHR pour le deuxième.

Afin d’illustrer ces morceaux, on a opté pour des lyrics vidéos plutôt que des clips à proprement parlé. Ces lyrics videos ont été réalisées par Gautier, le claviériste du groupe. On a ensuite sorti, en même temps que l’album, un clip scénarisé et conçu par des personnes extérieures pour le morceau Playing With Knives.

Notre tournée devait débuter au mois de février en Allemagne avec PROJECT PITCHFORK (groupe dont RAMMSTEIN faisait la première partie en 1995). Malheureusement, suite à des soucis de santé du chanteur, celle-ci a dû être décalée au mois de mai et, au vu de la situation actuelle, va être décalée à nouveau. C’était donc le moment parfait pour sortir un deuxième clip. Depuis décembre, le sujet était sur la table, le clip devait être tourné en avril, mais maintenant, ça me paraît un peu compromis. Nous verrons bien à la fin du confinement ce qu’il en est et si cela est techniquement et humainement faisable ou non.

Quel est votre pire souvenir sur scène ?

Je n’ai pas  vraiment  de pire souvenir. Quelle que soit la situation, on apprend toujours à être sur scène. Cela dit, il est certain qu’on se passerait bien de problèmes techniques ou de jouer à un festival à 13h sous 35° lorsque le soleil est au plus haut, aveuglé par la lumière du jour et le public qui se réfugie sous les arbres pour trouver un peu de fraîcheur.

Et justement ça ressemble à quoi sur scène Chemical Sweet Kid ?

Ça ressemble à ça :

Sachant que, pour les dates à venir, lorsque la salle le permettra, on vous réserve quelques petites surprises !!

 Merci et à très bientôt j’espère !

 

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