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Entretien avec Mihai Tivadar (Dirty Shirt)

A l’occasion de la sortie du dernier album du groupe roumain Dirty Shirt, nous avons rencontré le compositeur principal Mihai Tivadar, afin d’en savoir plus sur Letchology…

Izzy : Bonjour Mihai, merci de m’accorder cette interview. Comment vas-tu ?
Ça va très bien, impatient de démarrer la tournée et lancer le nouvel album !

Peux-tu m’expliquer ton rôle dans Dirty Shirt ?
Je fais des claviers et guitare dans le groupe, mais aussi c’est moi le principal compositeur.


Depuis combien de temps le groupe existe ? Car j’avoue n’avoir jamais entendu parler de Dirty Shirt, ici en France, mais j’ai écouté les albums disponibles sur différentes plateformes digitales et j’ai vraiment beaucoup aimé !
Peux-tu me dire quel est précisément le genre de musique que vous jouez avec Dirty Shirt ?
Le groupe a commencé au milieu des années 90 en Roumanie, un pays qui venait de sortir d’un communisme très dictatorial, et donc sans aucune scène ou expérience dans le domaine. Le projet s’est beaucoup développé surtout après 2010, le moment où on a décidé d’essayer d’avoir une activité plus intense. Ainsi, les dernières années, on a pas mal tournée en France, je pense qu’au moins une vingtaine de dates entre 2013 et 2016, surtout à Paris, Lille, Lyon, Grenoble, Marseille, Aix en Provence, etc…Mais évidemment la scène métal française est grande et donc il faut encore monter dans l’Hexagone de même manière comme on l’a fait en Roumanie 🙂

Dirty Shirt propose une musique avec un univers à part, assez unique dans le paysage musical metal actuel. Sur un squelette nu metal– hardcore moderne nous avons rajouter la joie de vivre et la tendresse des musiques traditionnelles de l’Europe de l’Est et plein d’autres influences, presque sans limite. Mais malgré cet potentiel amalgame, je pense que notre grand atout est qu’on a réussi de mélanger tout cela d’une manière homogène et naturelle, en combinant à la fois des orchestrations complexes et des mélodie très « catchy » et dansantes.

Peux-tu me présenter ton groupe ? Qui fait quoi ?
Dans la formule « standard » nous sommes 8 : Vlad (batterie), Pali (basse), Cristi & Dan (guitares), Rini et Robi (chants), Cosmin (violon) et moi. Mais en studio comme en live, on collabore souvent avec des orchestres traditionnels, on arrivant à un record de 25 musiciens en studio sur le prochain album « Letchology » et 28 en concert au festival Rockstadt Extreme Fest 2018 (Roumanie).

 J’ai remarqué qu’il y a beaucoup de sonorités et d’influences musicales roumaines dans vos morceaux. Est-ce que c’est un choix volontaire de les avoir mis en avant ?
Après un break assez long au début des années 2000, on a passé plusieurs années à expérimenter et essayer de trouver notre son. Généralement, l’idée est de ne pas s’autocensurer et du coup cette ouverture pour le mélange de styles. En temps, de manière assez naturelle les sonorités traditionnelles sont apparues et développées dans notre musique.

Les paroles de vos chansons sont en plusieurs langues: anglais, roumain, français, serbe et hongrois. Pourquoi avoir fait ce choix ?
Comme  notre musique mélange tout, pourquoi les paroles devraient rester dans une seule langue. On choisit la langue en fonction de la lyrique de la chanson, ou de la partie.

Comment est accueilli le style Rock/Metal en Roumanie ?
La scène métal roumaine s’est beaucoup développée les dernières années et je la considère une des meilleures dans la région. Mais comme en France, ça reste une musique de niche, avec un public moins nombreux, mais plus fidèle.

Tu es actuellement en promotion pour l’album Letchology, qui sort le 08 Mars prochain. Que peux-tu dire à nos lecteurs sur celui-ci ? Comment s’est passé sa réalisation, l’enregistrement de cet album ?
C’est mon album préféré de Dirty Shirt, je le trouve le plus varié, plus original et expérimental et en même temps le plus dansant et mélodieux. Pour les enregistrements, on a eu pratiquement la même « démarche » que sur l’album précédent « Dirtylicious ». D’abord je compose et j’envoie les maquettes démo instrumentales enregistrées dans mon home studio. Mes collègues les retravaillent et ensemble et par la suite je prépare les stems pour le studio. D’abord on enregistre en studio les instruments acoustiques, pour pouvoir adapter et changer les structures des chansons en fonction de cette collaboration, et enfin, on arrive à enregistrer les instruments typiques : batterie, basse, guitares, claviers, samples, etc… Le mix et le mastering ont été fait par Charles « Kallaghan » Massabo, à Los Angeles.

Quel est ton morceau préféré dans celui-ci ? Pourquoi ?
Killing Spree, je le trouve le plus dynamique, le plus varié, le plus fou, tout ce que tu veux 🙂

Peux-tu me parler de l’artwork ? Que représente-t’il exactement ? Qui en est l’auteur ?
L’artwork a été réalisé par Costin Chioreanu, un artiste roumain bien reconnu au niveau international. Comme d’habitude, il est partie de l’idée générale et le « concept » de l’album avec une grande liberté artistique. Ainsi, le titre de l’album vient d’un plat traditionnel de Transylvanie, notre région, appelé Letcho, proche de la ratatouille. Du coup, Letchology c’est la science de mélanger les choses dans un tout unitaire.

Quels sont les groupes que tu écoutes en ce moment ? Est ce qu’ils vous influencent dans vos compositions ?
J’écoute beaucoup de groupes, en fonction des sorties ou des nouvelles. C’est vraiment difficile à suivre, il y a tellement de bons groupes qui sortent. Dernièrement j’ai écouté les derniers BMTH (certains super ok, d’autres un peu moins), j’ai réécouté du Diablo Swing Orchestra, Dubioza Kolektiv, Gojira, Nothing More, etc… bien sur toute la musique que j’écoute m’influence, et c’est tant mieux, non ?

Avez-vous des concerts prévus en France cette année ?
Oui, une tournée de 5 concerts en fin mars, dont 4 dates avec une production assez importante (16 musiciens sur scène), accompagnés par Transylvanian FolkCore Orchestra : Paris, Grenoble, Lyon, Lille et Les 2 Alpes.

Est ce que tu as des passions, autres que la musique, qui t’influencent dans la réalisation des morceaux ?
Difficile de savoir cela. Il est possible que d’une manière inconsciente ça peut m’influencer, mais ce n’est pas évident…

En tant que musicien il est souvent difficile d’alterner la vie d’artiste et la vie de famille. Comment gères-tu cette problématique ?
On fait de notre mieux pour trouver un bon équilibre entre la famille, le travail et la musique. Pour l’instant, ça tient encore 🙂

As-tu un dernier message pour nos lecteurs ?
Je vous invite donc nous découvrir sur le net, mais aussi en concert, probablement vous allez adorer !

Merci beaucoup pour le temps que tu m’as accordé à cette interview et à bientôt sur scène !

Eldricht Tales

A propos de Izzy

C’est l’histoire d’une fille qui n’a pas toute sa tête… Passionnée d’arts graphiques et de littérature fantastique, issue de diverses formations artistiques et amoureuse de la musique depuis belle lurette, elle cherche à faire partager ses passions à travers des productions de concerts. C’est ainsi qu’en 2012 elle crée une association de production de concerts indépendante sur la capitale, Extrême Factory. En parallèle, elle est chroniqueuse pour différents webzines musicaux et commence ainsi une carrière de schizophrène mélomane.

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