Entretien avec Dave et Mike de Red Sun Rising

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A l’occasion de leur passage Anaïs a eu l’occasion de s’entretenir avec deux membres du groupe Red Sun Rising, notamment à propos de leur dernier album, Polyester Zeal. Une rencontre toute en décontraction et bonne humeur à découvrir ci-dessous.

eMaginarock : Bonjour, tout d’abord pouvez-vous vous présenter et nous dire quel rôle vous tenez au sein du groupe?

Mike : Je suis Mike, chanteur et guitariste

Dave : Moi c’est Dave, guitariste et je chante les chœurs.

eMr. : Pourquoi appeler le groupe « Red Sun Rising »?

Mike : Quand on a commencé le groupe, nous voulions être les nouveaux Rage Against The Machine car nous étions très centrés sur la politique. Mais nous ne sommes plus vraiment comme ça. Nous avons trouvé plus tard le nom de Red Sun Rising et il explique plutôt bien des sujets comme la guerre, ou le fait qu’une tempête arrive ; il correspond donc bien au groupe. C’est quelque chose d’un peu agressif, mais maintenant nous ne le sommes plus trop dans notre musique. Le nom est tout de même resté.

eMr. : Qui a fondé le groupe ? Comment les autres sont-ils arrivés à jouer dans la formation ?

Mike : J’ai fondé le groupe avec Ryan. Nous sommes les deux seuls membres originaires mais ça ne veut pas dire grand chose car le groupe est aujourd’hui ce que le groupe aurait dû être dès le départ. C’est le line-up que nous avons toujours voulu avoir. Nous avons eu beaucoup de changements au fil des années et pour des raisons diverses, mais Ryan et moi nous avons toujours continué à jouer et à aller de l’avant. On a connu Dave et les deux autres membres du groupe il y a longtemps. Alors quand nous avons l’opportunité de remplacer les musiciens manquants avec ces trois gars nous l’avons fait.

eMr. : Et ce n’est pas trop difficile d’arriver dans un groupe déjà existant, Dave ?

Dave : Il n’y a qu’au début que c’était difficile et ça a pris peut-être un mois ou deux pour s’adapter aux changements au sein de la formation. Et maintenant les choses sont plutôt cool.

Mike : Maintenant il fait autant partie du groupe que n’importe qui d’autre. Nous nous connaissons depuis longtemps. Ça n’est pas comme si il avait rejoint le groupe et ne connaissait personne. C’est plutôt agréable d’avoir une relation amicale dès le début.

eMr. : Est-ce le premier groupe dans lequel tu joues Dave ?

Dave : Non, absolument pas.

Mike : En réalité nous les avons piqué à un autre groupe, lui et notre batteur ! Nous les avons extirpés de leur groupe pour qu’ils viennent dans le notre.

eMr. : Tu as surement du recevoir une offre intéressante d’un point de vue financier (rires) ?

Dave : Je suis toujours en train d’espérer ! (rires)

eMr. : Parlez nous du nouvel album, Polyester Zeal. Quelles ont été vos inspirations ? Écrivez vous les paroles avant d’avoir les chanson ?

Mike : Généralement les paroles sont écrites après que l’on ait trouvé la mélodie. On déconne un peu et de là sortent quelques riffs, des mélodies et des parties que l’on pense introduire dans une chanson. Mais ce qui se passe le plus souvent c’est qu’on écrit les chansons d’après les guitares accoustiques, on se concentre sur la mélodie et la structure de la chanson, surtout pour les moments clefs comme le refrain. Ensuite on voit avec tout le groupe, avec les instruments électriques et tout le reste. Pour ce qui est des paroles, on a d’abord une mélodie puis on pense à un concept sur lequel on pourrait écrire une chanson par rapport à la manière donc la musique agit sur nous. On ressent la chanson et après seulement on commence à écrire des paroles pour aller avec.

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eMr. :  Qui travaille sur quoi pour les chansons ? Qui s’occupe des mélodies ? Qui écrit ?

Mike : Jusque Polyester Zeal c’était Ryan et moi, on écrivait tous les deux. Mais dans ce dernier opus les autres membres se sont beaucoup impliqués, pas tant du point de vue des paroles, car c’est quasiment toujours Ryan et moi qui les écrivont, mais sur le plan instrumental. Ils ont vraiment essayé de trouver de nouveaux sons, de nouvelles ambiances. Le prochain album sera vraiment celui dans lequel nous chercherons et trouverons notre son propre. Je suis néanmoins celui qui compose le plus.

eMr. : Une chanson que nous avons vraiment apprécié est Emotionless. Nous aimerions savoir de quoi elle parle car elle nous a fait penser au mythe de Pygmalion dans les paroles. La video en revanche nous a plus donné l’impression d’une certaine réticence face à la science et à ses applications en matière de technologie.

Mike : C’est une interprétation intéressante, je l’apprécie beaucoup ! Le sens de cette chanson est pour moi le changement perpétuel. Je n’ai pas eu d’inspiration pour cette chanson, c’est venu de nulle part, d’un rêve en fait. Dans ce rêve je voyais une femme gisante dans une drôle de pièce mais je ne saurais expliquer ce que c’était car c’était évidemment un rêve et c’était vraiment bizarre. J’ai donc commencé à écrire une chanson autour du visuel de ce rêve . C’est difficile de dire ce que les rêves veulent dire mais je pense que la principale signification est le changement perpétuel même si je trouve de nouvelles interprétations tous les jours. À ce jour Emotionless m’évoque une moquerie de la société constamment obsédée avec la beauté et sa préservation. Et au lieu d’accepter le fait que la beauté soit un chemin entre la vie et la mort jusqu’à ce que nous vieillissions et pourrissions, elle s’acharne à aller contre-nature. C’est donc un sujet très sociétal, parfois on dépasse nos limites.

eMr. : L’art work de l’album est quelque peu étrange, qui l’a dessiné et pourquoi ce choix ?

Mike : Douglas Granger est l’artiste. Il vient de Akron dans l’Ohio, comme nous. Nous voulions absolument un artiste local. La rue qu’il a dessiné sur la pochette de l’album est Downtown Akron, ce n’est pas une rue inventée mais bien la réelle, tout ce qui se trouve sur la pochette existe, comme les bâtiments par exemple. L’homme qui pousse le charriot symbolise ce qu’est Polyester Zeal. Il a un caddy rempli de choses qui n’ont aucun sens : de faux tableaux et des trophées. Et même si ces choses ne l’aident pas à devenir autre chose que sdf, il les garde avec lui car ça le rend heureux. Ce que Polyester Zeal veut dire c’est : fais ce que tu veux, fais ce qui te rend heureux, peu importe ce que c’est et peu importe ce que ça représente pour quelqu’un d’autre. Ensuite il y a pleins de clins d’œils amusants dans le reste du dessin. Il y a un ours assis sur un homme qui représente une anecdote de tournée par exemple. Quand Douglas l’a dessiné, nous lui avons donné des idées générales, nous lui avons dit que nous voulions quelque chose de mainstream et de bizarre.

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eMr. : Vous utilisez très souvent sur les réseaux sociaux le hashtag #wearethread. Qu’est-ce que ça veut dire exactement ?

Mike : We are thread est une sorte de genre. On ne veut pas être étiquetés comme un groupe de rock ou de métal ou alternatif ou quoi que ce soit d’autre. On veut juste être nous. Nos influences viennent de sphères très différentes et de musiques variées que nous assemblons (cf. Le terme anglais « thread ») toutes ensembles pour créer notre propre son. En surface on pourrait dire que l’on écoute un groupe de grunge alternatif ou un groupe de rock, mais si l’on regarde plus profondément il y a beaucoup d’harmonies, ça bouge etc. On essaie de regrouper tous ces apects sous le terme de thread, c’est comme un genre en soi-même. On n’écrit pas une musique qui corrersponde à un genre particulier, on écrit pour nous mêmes et pour trouver notre propre son.

eMr. : C’est votre première tournée en Europe. Avez-vous hâte ?

Mike : Oui absolument ! Paris est notre premier show sur la tournée européenne.

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eMr. : Qu’est-ce que cela vous fait de présenter votre musique à un public européen ? Ils ne vous connaissent probablement que peu…

Mike : Je pense que c’est une étape très important pour nous.

Dave : Tout à fait ! Cela va représenter beaucoup pour nous de jouer devant un public européen et nous avons toujours voulu venir ici pour jouer notre musique. On veut vous montrer ce qu’on sait faire et c’est génial d’enfin en avoir la possibilité après tant d’années.

Mike : On a entendu pendant tellement d’années des choses merveilleuses à propos du public européen et de leur amour de la musique, donc on a vraiment hâte de voir ça.

eMr. : Et pourquoi n’avez-vous pas joué en Europe avant cela ?

Mike : On a jamais eu les moyens de le faire. C’est cher de venir jouer ici, mais maintenant nous avons un label qui nous le permet. Et pour cela je suis finalement content que nous ayons attendu parce que maintenant on peut le faire de la bonne manière et rencontrer une tonne de fans européens. On va avoir le temps de créer une réelle connection avec le public européen afin de continuer de revenir tourner ici.

eMr. : Dans quelles villes allez vous jouer ?

Mike : Dans beaucoup de villes. On a vingt shows et après on passe une semaine en Russie. On commence à Paris et on finit à Londres. On passe à peu près partout en Europe sauf en Italie, en Grèce et en Espagne. Ça représente six semaines de tournée, donc c’est une vraie longue tournée.

eMr. : N’est-ce pas difficile lorsque l’on est en Europe de jongler entre sa vie personnelle et sa vie de musicien ?

eMr. : Eh bien sur le plan familial c’est un peu difficile car le simple fait d’être ici, avec les décalages horaires, ne nous permet pas de nous parler beaucoup. Mais on s’arrange.

Dave : Oui ça va être un challenge car on doit trouver de la wifi, des connections etc. Et en plus quand il est peut-être 14h ici il peut être 19h autre part… Donc on a à gérer ça. Mais ça va être amusant et on a hâte de relever le défi.

eMr. : Parlons un peu de rêves, avec quel groupe aimeriez vous partager la scène si vous en aviez la possibilité ?

Mike : Tool, A Perfect Circle ou Soundgarden.

Dave : Foo Fighters, Metallica.

eMr. : Quel est votre pire souvenir sur scène ?

Mike : Ca n’a jamais été le fait d’une faute en tout cas. Une fois, il y a très longtemps, nous jouiions à Community Fair dans l’Ohio, on arrive et voyons cette grande scène alors on se dit que ça va être absolument génial. Et quand le staff nous a demandé quel groupe on était et qu’on a répondu Red Sun Rising, ils nous ont dit que nous allions jouer sur les scènes qui se trouvent sur le côté. Ils nous ont emmené en voiture par ce chemin tout boueux et quand on est arrivés, on a découvert que la scène était littéralement en face d’un champs de moutons ! On était au beau milieu d’une ferme : des enfants jouaient avec les moutons et nous, nous devions jouer sur cette minuscule scène. Il y avait un groupe qui jouait avant nous sur scène, ils avaient presque 80 ans et jouaient de la musique folk… Après eux on a dû y aller et ça devait probablement être le pire show de tous les temps.

Dave : J’ai eu quelques moments embarrassants il y a quelques mois. À la fin de la chanson Emotionless, on a ces petites marches posées au devant de la scène, je voulais sauter de ces marches mais je me suis loupé et je suis tombé droit sur le sol. J’ai eu du ma à me relever et à reprendre la chanson, c’était vraiment gênant pour moi. C’est la première fois que je tombais et j’espère que ça n’arrivera plus. Heureusement je n’ai pas vu de vidéos, il faisait noir et les lumières étaient éteintes ! (rires)

eMr. :  Avez-vous préparé un show spécial pour le public européen ?

Mike : On va juste essayer de jouer le mieux possible. Et il y a quelques choses que l’on fait en live et qui n’apparaissent pas sur l’album.

Dave : Je pense que ça va surtout être une surprise si le public connait les chansons.

Mike : On joue quelques interludes et certaines chansons sont prolongées donc il y aura des moments cools que le public ne connaîtra pas.

eMr. : Pouvez-vous nous donner cinq mots qui représentent à vos yeux l’album et qui donneraient envie à quelqu’un qui ne vous connait pas d’écouter ce dernier opus ?

Mike et Dave : Mélodique. Provoquant. Addictif, parce que je n’arrête pas de réécouter les chansons (Dave). Dynamique. Beau.

eMr. :  Avez-vous prévu de jouer dans des festivals ?

Mike : On est en train de gérer les festivals français en ce moment. Vous avez le Download maintenant alors j’espère que l’on sera à l’affiche. En fait j’espère jouer à tous les Downloads de la planète. On ne sait pas encore pour le Hellfest, mais nous aurons toutes les confirmations à la fin de l’année. L’an dernier on a fait tous les festivals américains donc cette année on va sûrement se concentrer sur les festivals européens et enregistrer pour le nouvel album.

eMr. :  Y a-t-il d’autres clips prévus ? Par exemple un clip live ?

Mike : J’aimerais qu’il y ait un clip live ! Mais pour l’instant ça n’est pas dans nos projets mais si l’on sort un nouveau titre de cet album après Amnesia, je suis certain que l’on fera une vidéo. Pour l’instant on ne sait pas.

eMr. : Est-ce que vous tournez déjà en Asie ?

Mike : Non pas encore. Ce sera le second pas après la tournée européenne. Je ne pense pas que qui que ce soit ici se focalise sur l’Asie pour l’instant.

eMr. : Peut-être une tournée mondiale pour le nouvel album ?

Mike : Hey, ça serait génial ! On l’espère.

Anaïs

Hallo Leute! Elevée avec AC DC, Iron Maiden etc. j'ai découvert Marilyn Manson, Rammstein, Eths et Slipknot vers l'âge de dix ans, depuis ils ne m'ont jamais quittés! J'essaie donc de passer le plus de temps en concert ou festival, je collectionne les albums et les reliques telles que les dédicaces, baguettes de batterie et serviettes de chanteurs à la maison et suis toujours prête pour de nouvelles expériences. Passionnée de littérature, de philosophie et d'apprentissage des langues, je compte utiliser toutes mes compétences au service de Mythologica dont j'ai d'ailleurs rencontré le Grand Patron au Hellfest. Ce dernier a consciemment offert la possibilité à une délurée qui danse sur du Amon Amarth d'écrire des chroniques...On se retrouve donc bientôt. See you soon!

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