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L’année dernière, je me suis laissé gagner par la tentation et l’achat du « Cycle de Mars » d’Edgar Rice Burroughs. L’intégrale…les dix romans. Bien connu pour être le père de Tarzan, il est aussi, pour notre plus grand plaisir, celui de John Carter (voir le film du même nom pour les cinéphiles). J’en suis au dixième chapitre de la série et tarde toujours à le terminer… La raison principale : faire durer le plaisir !

Je tiens toutefois à avertir les amateurs de « hard fiction » qu’il s’agit ici d’un « Planet Opera ». Pour employer une expression populaire dans le milieu, nous sommes à des années-lumière du classique de Kim Stanley Robinson et de sa trilogie de Mars ; ou encore de Asimov et des meilleurs ouvrages de C. Clarke. Mais pour ceux dont le plaisir coupable est de se laisser conduire là où l’auteur veut bien vous porter, et ce sans complication ; ce cycle est assurément pour vous. L’œuvre a été écrite dans la première moitié du vingtième siècle. L’époque où l’imagination remplaçait la science et le cœur supplantait l’esprit. Du temps de Robert Howard et de ses barbares, de Lovecraft et de sa sorcellerie, et bien sûr celui de Tolkien et de Gandalf. Le cycle tout entier est un véritable classique du genre : la véritable naissance de l’héroïque-fantasy.

Burroughs, comme certains de ses compères de l’époque, qui œuvraient dans l’imaginaire, a lui aussi inventé son propre monde avec toutes ses particularités. Son bestiaire, les mythes et légendes qui le hantent. Les différents peuples qui l’habitent. Des bourgades simples jusqu’aux cités démesurées et disposées un peu partout sur la planète rouge. Les navires qui planent sur l’air raréfié tel des bateaux sur une mer invisible. Les anciens océans desséchés aux sols poussiéreux. Son herbe et ses déserts orangés. Les nombreux dangers toujours présents qui guettent les principaux protagonistes. Burroughs nous fait visiter Mars, comme il veut bien nous la présenter. D’un hémisphère à l’autre, d’est en ouest, accompagné de personnages remplis d’honneur et de force, mais aussi de mécréants qu’on aimera haïr et qu’on détestera aimer. C’est une ode au délire et à la création. De l’action continue. Une fresque presque onirique qui vous ramènera dans l’émerveillement de votre enfance. Là où coexistent toujours la magie, l’imaginaire sans limites, les créatures de toutes sortes, et les voyages sidéraux.