curse of the damnedNIGHT DEMON est un tout jeune groupe américain originaire de Californie formé en 2011. Auteurs d’un premier EP éponyme 4 titres dès 2012, les trois lascars qui forment ce groupe nous reviennent aujourd’hui avec leur premier album.

Pour ce qui est du style musical, les 3 américains ne cherchent pas à nous leurrer. Dès la vue de la pochette, le message est clair : il s’agira ici de Heavy Metal. Et plus précisément de NWOBHM. En effet, tout au long des presque ¾ d’heure de musique proposés ici par le trio, l’ombre des Grands Anciens que sont Diamond Head, Saxon, Angel Witch et Iron Maiden plane irrémédiablement sur ce disque.

Dès le premier titre, Screams in the night, le propos est clair : retour direct dans les années 80. Riffs ciselés, cavalcades aiguisés et solos brillamment éxécutés sont ici la règle. Techniquement les 3 musiciens sont irréprochables. Ils maîtrisent indéniablement leur sujet et sont capables de proposer des titres rapides, directs et plutôt efficaces (Screams in the night, Full speed ahead, Livin’ dangerous) comme d’autres plus mid-tempo et privilégiant l’ambiance générale du morceau. C’est d’ailleurs dans ce registre que NIGHT DEMON parvient le plus à s’affirmer. Des morceaux comme Mastermind et surtout The Hollowing Manet ses 6’30 mn au compteur – développent des atmosphères prenantes et variées desquelles il est difficile de s’extirper. Les solos enfin, s’ils sont présents sur chaque titre, sont souvent inspirés et apportent leur pierre à l’édifice des différentes chansons (Curse of the damned, Heavy Metal Heat, Save me now notamment).

Mais malgré toutes ces qualités indéniables et une production parfaitement équilibrée mettant en valeur tous les instruments de manière équitable (et rappelant là encore la production des premiers albums de leur glorieux aînés), l’impression de se retrouver face à un album trop académique reste prégnante. On sent à travers cette galette que les 3 Californiens vouent un culte sans borne à ces groupes ayant popularisé le Heavy Metal dans les années 80. Mais à vouloir trop ressembler à leurs idoles ils en oublient de développer leur propre personnalité. Et finissent par faire naître un certain sentiment de lassitude chez leur auditeur (enfin en tout cas chez moi…). Peut-être que raccourcir d’un ou deux titres ce premier album (Satan par exemple, titre le plus faible de l’album) aurait permis de gagner un peu en efficacité.

Quoiqu’il en soit, ce groupe reste ma foi très prometteur, et montre que le revival Heavy Metal (avec des groupes comme Holy Grail, Enforcer ou encore Battle Beast) a encore de beaux jours devant lui. Ce qui nous laisse présager nombre de bons concerts où la musique du trio prend, paraît-il, une toute autre dimension. Et n’est-ce pas là le principal ?

Curse of the damned
NIGHT DEMON
Steamhammer

2014