PortdamesLionel Davoust, et son univers d’Evanégyre, ravissent le public amateur de fantasy depuis quelques années. Et voici que sort un nouvel opus, toujours chez Critic, que je me suis bien entendu empressé de dévorer, et je n’ai pas été déçu : il vaut largement les titres précédents, je dirais même qu’il est un poil au-dessus d’ailleurs. Entre donc avec moi dans Aniagrad et laissez-vous conquérir par cette ville étonnante !

La couverture d’Etienne Baranger est de toute beauté, un pur moment de plaisir et de découverte graphique. Pourtant la composition est vraiment simple mais elle aprvient à rendre à merveille le gigantisme de la cité mise en place par l’auteur. Un premier abord plus que convaincant pour le lecteur que je suis, rapidement confirmé par une quatrième vraiment intrigante :

« Un proverbe prétend qu’à Aniagrad, tout se monnaye, même l’usage des miroirs. »

Rhuys ap Kaledán est un héritier déchu.
Tout juste libéré de la servitude et des galères, il rejoint la cité franche d’Aniagrad, où tout se vend et tout s’achète, pour reconquérir l’honneur de sa famille. L’occasion lui en est rapidement donnée : Edelcar Menziel, un ancien ami de son père, lui propose de travailler sur la conversion dranique, un procédé perdu depuis des siècles qui permettrait de réaliser des machines magiques.  Résolu à tracer son chemin dans la haute société de la ville,  le jeune homme s’investit de tout son cœur dans le projet.
Mais bientôt, coincé entre des intrigues politiques et son amour pour une mystérieuse jeune femme qui vend des fragments de son âme pour survivre, Rhuys découvre que le passé recèle des secrets bien sombres et tortueux. Aux prises avec l’ambition, la duplicité et le mensonge, il devra se montrer plus rusé que ses ennemis s’il veut atteindre son but sans perdre son âme.

C’est connu, Lionel Davoust est un auteur qui maîtrise la plume et surtout l’art de créer des histoires étonnantes. Eh bien une fois de plus ce roman ne fais pas exception à la règle. En effet la ballade au cœur d’Aniagrad qu’il nous offre est surprenant sur plus d’un point mais il, parvient surtout, tout au long de son récit, à jouer avec nos émotions. Et c’est finalement ça qui est proprement fabuleux avec cet auteur : il parvient à nous faire osciller entre émerveillement et horreur, espoir et découragement, sans même sourciller. Et avec Port d’Âmes il ne déroge pas à sa règle diabolique : on vit au rythme des péripéties de Rhuys de bout en bout. Et franchement il va en vivre des aventures pour tenter de redonner son lustre passé à son nom… Je ne vais pas en dire trop sur l’histoire car l’ensemble est tellement touffu et passionnant que je m’en voudrais de déflorer l’intrigue. Je vais juste parler de l’une des premières scène de Transfert qui m’a profondément marqué, le genre de moment de littérature tellement réussi que le lecteur le vit avec le héros…

De bout en bout Lionel Davoust nous promène de sa plume claire à travers la ville, derrière un Rhuys bien en peine de comprendre les tenants et aboutissants de tout ce qui se déroule autour de lui. Les personnages sont une nouvelle fois construits à la perfection, équilibrés, loin des archétypes classiques, et doté de caractères les rendant simplement vivants devant nos yeux, crédibles. Et c’est finalement à ça qu’on reconnaît un excellent auteur : il nous conte une superbe histoire tout en nous proposant des personnages crédibles dans une ambiance littéraire feutrée. Et Lionel a tout bon sur ce point.

Comme je l’ai dit plus haut, stylistiquement c’est une fois de plus une merveille que l’auteur nous propose : fluide, souple, sa plume nous fait découvrir des merveilles tout en étant particulièrement légère. Lire du Lionel Davoust est vraiment à part, il donne l’impression d’avoir choisi chaque mot, chaque ponctuation à dessein afin de nous emmener toujours plus au cœur de son histoire.

Vous l’aurez compris j’ai été plus que conquis par ce Port d’Âmes, au coeur duquel on a envie de se promener, tout en faisant attention aux tuniques rouges et grises bien évidemment. Et je ne peux que vous enjoindre à faire de même, si vous cherchez un auteur de fantasy capable de rivaliser avec les plus grands noms, ne cherchez plus : vous l’avez trouvé !

Port d’Âmes
Lionel Davoust
Editions Critic
23 €