Hulk AfficheAvant de rejoindre les rangs des Avengers, Hulk a eu droit à un passage solo sur grand écran. Proche du personnage développé dans la série TV, la version de Louis Leterrier vaut le détour.

Dans un laboratoire universitaire, le chercheur en génétique Bruce Banner a décidé d’être son propre cobaye lors d’irradiation à des rayons gamma mais l’opération vire au cauchemar lorsqu’il se transforme génétiquement en une espèce de géant qui ravage tout, blessant gravement sa collègue et compagne Betty. Prenant la fuite, Banner disparaît. L’armée qui finançait ses recherches lance alors une grande chasse à l’homme. Le temps passe mais le général en charge de la traque est déterminé. Il est le père de Betty et plus que la colère de l’avoir trouvée à l’agonie, il refuse d’accepter que Banner lui échappe avec ses secrets. Car Bruce Banner, qui se terre désormais dans l’anonymat des favelas brésiliennes, renferme dans ses gènes une puissance que l’armée convoite, qui lui permettrait de « fabriquer » des super soldats, insensibles à la douleur, invincibles. Bruce essaie de contrôler le monstre qui l’habite et surgit sans contrôle dès qu’il est sujet au stress ou à la colère. Parallèlement, et grâce au soutien d’un mystérieux collègue généticien, il cherche également un remède. Mais une imprudence mène le général sur sa piste…

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Le bonhomme vert caché dans le corps fluet du docteur Banner… Une longue et belle aventure télévisuelle qui, avec le succès des adaptations Marvel au cinéma, est revenu en force ces dernières années. Cette version réalisée par Louis Leterrier, le plus français des réalisateurs de blockbusters US, qui a fait ses études à New York et ses armes auprès de Jean-Pierre Jeunet est une franche réussite.

Le scénario de Zack Penn auquel a participé Edward Norton dès qu’il fut retenu pour le rôle principal, reprend les éléments les plus importants de la série TV. Un Bruce Banner profondément humain et hanté par la crainte de ce qu’il est, traqué mais attentif aux autres, sorte de chevalier dans son armure verte hurlante victime d’une injustice à la fois médicale et légale. A cette base non inédite mais qui fonctionne toujours, s’ajoute un argument militaire crédible, celui de la course aux armes qui ne se lasse jamais, et qui, mieux qu’un bouledogue affamé ne lâche rien quel qu’en soit le prix pour les dommages collatéraux ou la simple morale populaire. Enrobant le tout, une romance douce amère, un zest d’humour et une superbe dose d’action, la recette est complète et équilibrée.

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Le casting est fort d’un capital sympathie évident. Edward Norton que l’on ne s’attend pas à trouver dans ce genre de premier rôle remporte le défi d’incarner Bruce Banner avec toutes ses nuances. Sous un physique banal, il se prête aussi bien à l’action de courses poursuites dans les rues et sur les toits des favelas, angoissé par l’approche inévitable d’une transformation, qu’aux douces étreintes de sa belle lors de retrouvailles malvenues mais si agréables, qu’à la douleur des conséquences des transformations et affrontements sur son psychisme par complètement absent du géant vert ou à la détermination de ce qu’il lui revient de faire.

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Face à lui, Liv Tyler est, comme souvent, la fiancée idéale. Belle, douce, volontaire, pas trop en détresse mais un peu quand même, elle insuffle à ce film de gros muscles, la notion tragique de ce qu’est devenue la vie de Banner, exilé volontaire et maudit par ses propres erreurs. William Hurt prouve une fois de plus qu’il peut tout jouer, même le général buté et incompétent, aveugle et retors, un militaire un peu cliché mais qui tient son rôle…

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Enfin, Tim Roth, arme humaine entre les mains du général, peine entre un personnage intéressant et un scénario qui tient absolument à en faire un fou de guerre, quitte à pencher dangereusement dans le ridicule. L’idée de faire muter le soldat Tim Roth pour qu’il devienne l’égale de Hulk et aide à le capturer est bien vue. Mais l’exagération pour amener ce super soldat dans la zone un peu attendue du « incontrôlable » forçant, pour une fois, Banner à se transformer sciemment au risque de ne plus pouvoir espérer se guérir un jour flirte avec la surenchère inutile.

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Les effets visuels donnant vie à Hulk et à son « double » sont parfaits, les traits de Hulk collent au visage de Banner/Norton, son expressivité compense l’absence totale de dialogues à laquelle il est condamné. Les cris et autres beuglements sont l’œuvre du créateur vocal et visuel de Hulk dans la série, Lou Ferrigno, qui, décidément, est irremplaçable ! Toute l’action déploie une superbe palette d’effets, de combats, de voitures qui volent, d’immeubles griffés et tailladés, d’explosions… bref, même si ça ne s’arrête pas avant que tout par terre, la chorégraphie est réaliste et bien orchestrée, n’oubliant jamais de lier l’idée que Banner se trouve quelque part à l’intérieur de cette masse de colère pure, que son subconscient prend parfois, en de rares et nécessaires occasions, le dessus.

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Le film se termine sur une ouverture laissant planer le fameux « à suivre », additionné d’une note d’humour aux yeux verts et d’un clin d’œil à ce qui fut produit par la suite : Avengers.

L’Incroyable Hulk est une bonne adaptation, qui exploite tous les bons ingrédients de la série TV, psychologiques surtout, qui a popularisé le personnage mais les modernise avec un scénario bien pensé, un jeu d’acteurs sans faille, une création géante d’un Hulk tout vert et tout furax sauf avec sa belle et une action bien dosée.

Bande annonce ici

L’Incroyable Hulk
Réalisateur : Louis Leterrier pour Marvel Studios et Universal Pictures
Scénario : Zack Penn & Edward Norton
Photographie : Peter Menzies Jr.
Musique : Craig Armstong
Avec : Edward Norton, Liv Tyler, Tim Roth, William Hurt, Lou Ferrigno…
Sortie France : 23 juillet 2008