140204012253106238Tandis que Grinsa et Tavis rejoignent tant bien que mal l’armée du roi Kearney, les alliances se concrétisent entre les royaumes d’Eibithar et de Sanbira. En dépit de la méfiance grandissante qui oppose les ducs aux Qirsi de cour, tous ont accompagné les nobles Eandi sur le champ de bataille. L’Empire de Braedon ignorant de la menace Qirsi est fermement décidé à envahir ses voisins, quel qu’en soit le prix. Pourtant, et selon ses prévisions, Dusaan passe enfin à l’action. Il se dévoile, réunit ses fidèles et file, avec une armée de 200 magiciens, à travers Braedon démuni de toute force armée pour conquérir les royaumes affaiblis par ses complots. Eibithar sera sa seconde cible. Grinsa parviendra t-il à lui faire obstacle? Rien n’est moins sûr. D’autant que des membres de la Conspiration Qirsi pourraient bien se mêler à l’armée royale Eandi et le poignarder dans le dos… Plus que jamais l’affrontement des deux Tisserands sera crucial et dépassera les intêrets de chacun. A condition que les Eandi oublient un instant leur suspiscion, acceptent de faire confiance à l’un d’entre eux et offrent à Grinsa les moyens de vaincre.

La grande finale de cette saga est à la hauteur de l’ensemble du récit! Fluide, net et logique, le déroulement de l’histoire se poursuit tel que le lecteur pouvait l’anticiper, avec quelques épisodes inattendus, essentiellement centrés autour des personnages secondaires : Evanthya, Fetnalla, Pronjed, Keziah, Fotir, Xaver, Diani, Cresenne, Aindreas, Jastanne, Nitara… La superbe mise en lumière du couple Evanthya-Fetnalla, que l’on pressentait avec la fin de l’intégrale 4, sert la mise en oeuvre d’un dénouement travaillé de telle sorte que David B.Coe passe à côté du cliché type du héros capable de vaincre seul grâce à sa parfaite maîtrise de sa magie.

Les doutes grandissants de Grinsa sont égals à ceux qui animent l’esprit du lecteur aguerri et passionné. On se demande depuis leur première confrontation spirituelle et magique si Grinsa pourra réellement être un adversaire de taille face à Dusaan. Et par quels moyens audacieux il pourrait bien faire face à ce sorcier d’entre les sorciers, lui, un homme seul alors que Dusaan est soutenu par des centaines de partisans prêts à lui offrir leur magie. David B.Coe répond à ces questions avec malice, encore une fois, et un fin calcul. Si la pseudo solution émane de la bouche du jeune Tavis, c’est presque un clin d’oeil pour le lecteur qui peut y voir une complicité avec le romancier, comme si Tavis était le miroir du lecteur et présentait l’idée qui trotte sans doute dans la tête du passionné attaché à cette histoire. Pour autant, cette petite étincelle secourable n’assure pas la victoire. Car chacun a un rôle à jouer dans cette bataille finale et chacun a droit à son heure de gloire, même quand elle est brève et lui coûte la vie. Et oui… David B.Coe met en scène nombre de personnages mais il ne recule toujours pas devant la perspective de les sacrifier. Cruel mais malin, l’auteur sème les cadavres sur le chemin de Dusaan et de Grinsa, promet bien des drames et des malheurs qui tombent aussi sûrement que les flèches tirées sur l’armée adverse.

Jusqu’à la dernière page, on se laisse guider à travers les landes des Terres du Devant, baignées de sang, d’avidité, de rage, de haine, d’amour, d’amitié, de lâcheté et de courage, et rien ne déçoit, ni l’écriture nette et vive de David B.Coe qui sait poser un décor, une ambiance en deux lignes, décrire aussi bien un moment intime que la fureur d’une bataille sans partage; ni le déroulement du récit qui ne cesse de surprendre, de séduire, de faire frémir. Jusqu’au plaisant petit épilogue, il offre un point final cohérent pour tous ses lecteurs attachés aux protagonistes de La Couronne des 7 Royaumes.

L’illustration de couverture, encore cette fois signée Marc Simonetti, flamboyante, forte et vivante, impose d’emblée que ce sera le tome du combat final, le choc des magiciens au coeur d’une armée impuissante. Quelques fautes de frappe, de saisie et des inversions de noms sont à noter dans la seconde partie du volume mais la qualité de l’édition intégrale collection semi-poche imaginaire de chez J’ai Lu demeure : format, couverture résistante, papier, typographie, impression, prix, tout y est.

De la très bonne fantasy, piquante, surprenante, fluide, haletante que J’ai Lu a eu l’excellente idée de rééditer dans une version intégrale soignée et abordable. A lire, absolument.

La Couronne des 7 Royaumes – Intégrale 5

David B.Coe

Editeur : J’ai Lu

collection : semi-poche imaginaire

Parution : 5 février 2014

12,90