Le baron noirParis, 1864. La vieille Seconde République est toujours dirigée par le Président Bonaparte. La France domine l’industrie dans tous les domaines : depuis le début du siècle, ses dirigeables sillonnent les cieux, ses transports ferroviaires véhiculent les marchandises de ses usines et de ses colonies dans toute l’Europe. Antoine Lefort, jeune magnat des transports et fabriquant d’armes, est un des artisans de cette puissance.
Lorsqu’ un de ses plans ultra-secrets est volé au nez et à la barbe des autorités, il décide de tendre un piège à ces espions, à la solde d’une puissance étrangère. L’aide d’Albert le majordome, du jeune Clément Ader et surtout celle du Baron Noir, un mystérieux justicier en armure, ne sera pas de trop.

La superbe couverture de Géraud Soulié nous avertit déjà : vous pénétrez dans un univers steampunk. Olivier Gechter nous plonge en effet dans une uchronie steampunk dans le Paris du XIXe où de nouvelles inventions technologiques côtoient les soirées mondaines.

Le roman est au final bien trop court (95 pages) pour se plonger à fond dans l’univers créé, mais entre l’Oiseleur et le Baron Noir, l’auteur sait travailler ses personnages. Si les codes du steampunk sont bien présents, on retrouve également ceux de l’espionnage et une petite dose d’humour avec le personnage d’Albert, le majordome d’Antoine Lefort. D’ailleurs, les relations entre ces deux personnages m’ont fortement fait penser à celles entre Bruce Wayne et Alfred. Le majordome a ce côté british tout à fait charmant qui fait ressortir le côté enfantin d’Antoine. De plus, Antoine Lefort n’est-il pas au final un super-héros de l’époque prêt à défendre les intérêts politico-économiques de la France ? Peut-être cela justifie-t-il ma comparaison avec l’Homme chauve-souris…

L’intrigue est simple et tout à fait compréhensible, même si elle fait intervenir le complot politique. Seulement, la personnalité du Baron Noir n’a pas le temps d’être exploitée à fond. Les éditions Céléphaïs, chez qui l’auteur est publié, mettent en avant cette novella comme un premier tome. Ainsi, espérons que de nouveaux dirigeables à air comprimé et autres oiseaux mécaniques destructeurs viendront hanter nos rêves dans un futur proche…

Un petit roman avec une ambiance et une époque parfaitement maîtrisées proposant un réel moment de plaisir littéraire. Pour tous les passionnés de la Belle Époque et de steampunk!

Le Baron Noir

L’Ombre du maître espion T1

Olivier Gechter

Éditions Céléphaïs

couverture : Géraud Soulié

9 €