chaumetteaigledesangCet ouvrage est sorti pour la première fois en 2001 chez Pocket dans une collection terreur. Nous sommes certes dans un ouvrage parfois éprouvant, mais nous naviguons entre anticipation et fantastique. Il faut dire que de nos jours, la catégorisation de terreur concernerait bien des genres du thriller au fantastique, tant la terreur fait dorénavant partie des outils usuels de tout bon auteur pour retenir l’attention du public, à condition de savoir en user avec parcimonie, sans se complaire dans le spectaculaire. Jean-Christophe Chaumette a reçu trois Prix Masterton dont le Prix Masterton 2002 du meilleur roman fantastique francophone pour L’Aigle de Sang. C’est à nouveau en format poche que l’œuvre remaniée par l’auteur sort en ce début d’année chez Lokomodo.

Dans un futur proche, le dérèglement climatique a bien changé notre planète. Cela n’empêche pas les activités humaines de se poursuivre et notamment celles du Tribunal Pénal International qui a obtenu des moyens actuellement impensables, afin de poursuivre les pires criminels de guerre qui soient. On pourrait de prime abord être surpris de ce monde vertueux où on ne laisse plus les criminels utiles à nos politiques se terrer où ils peuvent. L’auteur ne fait pas preuve d’angélisme et recadre assez rapidement la situation où la corruption et l’intérêt des élus n’a pas disparu. Soulagement. Les héros de cette histoire sont des enquêteurs et des juges du TPI que nous allons suivre.

Un certain nombre de criminels sont retrouvés, mais ils sont morts. Ils semblent avoir été torturés avec un ancien rituel viking qui n’est pas sans rappeler le Ragnarok, cette fin de cycle propre à la mythologie scandinave qui causera la fin des dieux. Et il faut que cela se produise maintenant que le climat est devenu incontrôlable. Les soupçons se portent d’abord sur une cellule du TPI qui traque les criminels, mais une autre piste prend de plus en plus d’ampleur : et si c’était un surhomme qui avait commis ces crimes étranges… à l’épée médiévale ? Vengeance ou prémisses de la fin du monde ? C’est à ces interrogations que se trouvent confrontés nos enquêteurs de choc, d’autant qu’ils commencent eux aussi à être les cibles d’étranges assassins.

Parfois bavard, souvent passionnant, Jean-Christophe Chaumette nous offre une histoire originale qui mêle rites anciens et thriller géopolitique de haut vol. Outre l’intrigue immersive, la gestion du passé d’un personnage principal permet de tirer l’histoire vers l’avant en laissant une possible histoire d’amour s’entrevoir. Je n’en dirais pas plus, mais l’auteur maîtrise bien la trame narrative et réussit ainsi à capter l’attention du lecteur qui se trouve emporté dans un tourbillon d’aventures époustouflantes, même si l’exagération vient parfois mettre en doute la crédibilité, quand trop de détails tuent la légèreté de la lecture et peuvent amener le lecteur à se complaire dans la passivité. La couverture très esthétique de Jimmy Kerast, nous permet d’entrevoir sa vision personnelle de l’aigle de sang, une vision bien romantique par rapport à ce que le lecteur trouvera dans cet ouvrage. Un thriller fantastique distrayant, mais uniquement pour adultes.

L’Aigle de Sang 
Jean-Christophe Chaumette
Couverture : Jimmy Kerast
Collection Fantastique
Editions Lokomodo

9,90 €