Denis Labbé est poète, analyste littéraire, traducteur, professeur de français mais aussi écrivain ayant à son actif plus de 4o nouvelles publiées sur différents supports. Un précédent recueil, Marelle d’ombres, avait été publié aux éditions Argemmios et plus récemment a été publié un roman de fantasy, Les Ombres de Nemain aux éditions Midgard.

Je vais directement vous présentez la quatrième de couverture :

Une adolescente accompagnée dans sa fugue par sa poupée. Un enfant hyperactif transformé en zombie par des médicaments et un autre qui rêve grâce à une ardoise. Un prêtre tentant d’empêcher la destruction de la France et untemplier qui a pour mission de faire échouer un voyage vers la lune. D’étranges êtres émaciés apparaissant dans un jardin et des androïdes de sève et de chair cherchant l’émancipation… 
Ces récits, souvent mordants, parfois grinçants, sont autant d’études de l’âme humaine et des travers de notre société. Passant du fantastique baroque à la terreur moderne, de l’uchronie à une anticipation humaniste, l’auteur place un miroir devant les yeux du lecteur afin qu’il saisisse ce qui se passe derrière son dos…

 Que dire de plus que cette quatrième de couverture sans entacher l’essence même de chaque nouvelle ? Non tout de même je ne vais pas m’arrêter là…

Chaque nouvelle est succinctement préfacée par l’auteur, afin de nous remettre dans son contexte d’écriture, à savoir s’il s’agissait d’une édition originale ou déjà parue, remaniée ou non, mais aussi nous orienter sur son contenu : fantastique, horreur, terreur, fantasy urbaine mais aussi uchronie. J’ai d’abord été surprise par ce type de préface, j’avais peur qu’elles en dévoilent trop sur le contenu de la nouvelle, surtout les fantastiques. Et je dois dire que non, j’ai été agréablement surprise. La tension est palpable dès les premières lignes, accentuée souvent par une narration à la première personne pour les nouvelles fantastiques. Un ton qui se veut par moment cynique, un zeste d’humour noir et sans crier gare, la petite phrase qui vient nous happer dans le récit pour nous rappeler la noirceur du thème …. On rentre directement dans l’intimité du personnage, on devient son confident, le dépositaire de ses pensées les plus intimes où la solitude est très souvent présente.

Beaucoup de coups de cœur, notamment pour les nouvelles fantastique/ terreur, notamment pour « Plastic Doll », « Les giacomettis », « Cereza » et « J’entends battre ton pouls… » ; cette dernière m’ayant fait penser tout de suite au film Les Autres, par son ambiance …. Les nouvelles uchroniques ont moins retenu mon attention, elles n’en sont pas moins bien construite ; le thème ne m’a sans doute pas parlé. La nouvelle de fantasy urbaine est vraiment très agréable, elle dénote un peu par rapport au reste, moins sombre, plus ludique, ça repose entre deux nouvelles sombres ….

« Encore un comprimé mon garçon ! » est celle qui en tant que mère me pose le plus de questions. L’idée de parents qui finalement reprennent leur vie en duo une fois leur petit garçon formaté. C’est peut être celle qui m’effraye le plus sans doute parce que j’ai un enfant hypertonique : bien que moins inquiétant qu’un hyperactif, cela peut se révéler tout aussi usant. Et qu’un parent reste inquiet même quand son enfant est dans la « normalité », bref j’ai eu du mal à comprendre et accepter le détachement des parents. Et puis un enfant de 7 ans qui joue au Risk c’est un précoce …

Donc un très beau et bon  recueil, à lire et à relire, à s’acheter ou à offrir …

Miroirs D’Ambre
Denis Labbé
Couverture Philippe Jozelon
Editions Lokomodo
Epub

8 €