Nouveauté de juin chez Vents d’Ouest, Goléador est la dernière bande dessinée de Sébastien Floc’h (Perle Blanche chez Glénat) et Denis Medri (Sans Dieu chez Les Humanoïdes Associés). Au premier coup d’œil le dessin cible clairement un publique relativement jeune, d’ailleurs ne faites pas la même erreur que moi à le chercher un quart d’heure dans le rayon bande dessinée, rendez vous discrètement au rayon jeunesse. Voici la description que l’éditeur nous donne sur le quatrième de couverture :

« Un monde où le football a remplacé la guerre !

Sur cette terre, nombreux sont ceux qui ont cru que gloire et pouvoir passaient par l’annexion des peuples et territoires. Après d’interminables guerres, une activité a remplacé les conflits entre les races : le football ! Le vieux Sibrouk, recruteur pour l’équipe des dragons, écume le continent à la recherche de la perle rare, lorsqu’il croise le chemin du jeune Jusepe. Impressionné, il lui propose aussitôt de le recruter afin de le porter tout en haut du monde du football ! Avec l’accord de ses parents adoptifs, Jusepe va alors découvrir l’univers fascinant de l’heroic football !

Sébastien Floc’h et Denis Medri imaginent un monde peuplé de créatures fantastiques, et centré autour du ballon rond : un régal tant pour les amateurs de sport que pour les fans d’heroic fantasy ! »

En grand enfant comment ne pas penser à des productions récentes comme Kung-foot ou Foot-2-Rue (toujours à l’antenne), ou encore des productions populaires japonaises tel qu’Olive et Tom ou encore Eyeshield21. Goléador n’est certes pas un dessin-animé, mais saura-t-il tirer son épingle du jeu ?

Tout d’abord ce que l’on voit tout de suite c’est la qualité du dessin qui semble emprunter au manga ses traits efficaces pour aller à l’essentiel et laisser de côté les détails. De ce fait l’action lors des matchs de foot est claire et lisible sans grand mal. Les petits traits de crayons volontairement in-gommés donnent au tout un style fantastique renforçant l’immersion. Les personnages sont très biens travaillés et ont tous une identité visuelle qui leur est propre. J’aimerais également souligner le travail de colorisation par Paolo Francescutto qui est tout bonnement magnifique ! La palette de couleurs très agréable renforce l’ambiance fantastique et donne au dessin le nécessaire de détail qu’il manquait auparavant. Ce premier tome me satisfait donc pleinement au niveau du dessin, bien que certains pourront le trouver sans doute trop « cartoon ».

L’histoire me semble quant à elle un peu plus convenue. Le synopsis donne une plutôt bonne idée de ce qu’il se passera dans ce premier livre. L’idée d’un monde d’heroic-fantasy ou la guerre est remplacée par le football semble plutôt intéressante et ne demande qu’à être développée. Nous retrouvons donc différentes races comme les humains, les nains, les gobelins… (D’autres sont de grandes absentes, mais attendent sans aucun doute de nouveaux tomes pour faire leur apparition). Le scénario ne manque pas de bonnes trouvailles comme des personnages qui sont la caricature même de certains archétypes de l’heroic-fantasy (les nains et leur choppe de bière toujours pleine, le vieux sénile rigolard mais malin ou l’entraîneur rasta) ou de blagues bien trouvées. Cependant le tout se noie dans une trame générale que j’ai trouvé plutôt fade. Certes on retrouve deux équipes rivales qui vont s’affronter pour la suprématie, des belles preuves d’esprit d’équipe ou le parfait contraire, que demander de plus ?

Un héros avec plus de profondeur et d’intérêt sans doute… Jusepe est une véritable feuille blanche, gamin surdoué au foot il accepte de rejoindre son équipe sans réelle motivation si ce n’est une espèce de promesse en filigrane que cela lui permettra de retrouver ses vrais parents. Mais passée la scène du recrutement on ne retrouve rien sur cette recherche. Cela ne semble pas très grave, après tout c’est un enfant, il n’a pas forcément besoin d’avoir un caractère complexe, l’intérêt peut se révéler être dans le challenge de mener son équipe vers le sommet. Mais même là on est déçu, l’équipe ne rencontre pas de réelles difficultés dans ce premier tome, le talent de Jusepe et la sagesse de l’entraîneur semblent à toute épreuve.

Pour conclure sur Goléador Tome 1 : La recrue, je pense que c’est un bon plat auquel on peut prendre du plaisir à le consommer, mais comme tout plat qui n’est pas assaisonné correctement il manque un peu de sel pour devenir un incontournable. Dans l’attente de la suite pour voir si les auteurs pensent à prendre le moulin à sel.

La recrue
Goléador T1

Sébastien Floc’h et Denis Medri
Vent d’Ouest
Juin
2012
14 €