avalonIl y a quatre ans déjà, Lucie Chenu nous proposait De Brocéliande en Avalon qui avait reçu de nombreux éloges et dont une nouvelle, « L’île close » de Lionel Davoust, avait reçu le prix Imaginales 2009, à très juste titre  selon moi, car j’ai eu la chance de la lire. Lucie Chenu récidive donc en 2012 et nous livre une nouvelle fois une très belle anthologie, qui revisite encore une fois de façon originale les légendes arthuriennes.

La quatrième de couverture :

Depuis la nuit des siècles, Arthur est en dormition dans l’île sacrée d’Avalon. Le temps est-il venu de le réveiller ? Car d’Avalon à Camelot, en passant par Brocéliande et Escalot, Londres et Camlaan, à travers le temps, de Samain à Beltane, Dames du Lac et Chevaliers de la Table ronde revivent de nouvelles aventures. Le passage des ans les aura-t-il changés ?
Tels des bardes modernes, dix écrivains de fantasy ressuscitent Arthur et Morgane, Merlin et Viviane, Guenièvre et Gauvain, Taliesin et Mordred, Perceval, Keu et Galaad. Dix récits forts et émouvants, ou drôles et distrayants, qui emportent le lecteur dans des chevauchées épiques, entre le rire et l’horreur, à travers les territoires du mythe

La préface de Lucie Chenu nous donne le ton, présente les contraintes de l’anthologie qui se révèlent somme toute assez simples : revisiter le mythe Arthurien à travers un des personnages.

Je vous donne le sommaire car il est tout de même agréable de savoir, dans une anthologie, avec quelle plume l’on va faire connaissance. Et pour ma part, j’avoue n’en connaitre que très peu.

Gudule ≈ Excalibur Circus

Yael Assia ≈ Trick or Treat

Anne Fakhouri ≈ Ce que chuchotait l’eau

Luvan ≈ Le Chevalier noir

Rémy Gallart ≈ Voyage sans retour

Dean Whitlock ≈ Le Sacre du nouvel An

Estelle Valls de Gomis ≈ L’histoire du Haut portail

Léonor Lara ≈ Décharmé peut être

Sara Doke ≈ Fata Morgana

Nicolas Cluzeau ≈ Une légende est née

Je ne vais pas prendre chaque nouvelle point par point, juste vous parler de certaines qui m’ont parlé plus que d’autres. La première, celle de Gudule, nous fait assurément une très belle entrée en matière, parce qu’elle reprend sans doute le mythe le plus connu des légendes arthuriennes, à savoir celle d’Excalibur. Elle se déroule dans les années 1970 mais aussi les années 480. Une très bonne nouvelle très bien bâtie avec une écriture incisive et fluide.

La nouvelle de Yael Assia m’a également beaucoup plu, un vrai coup de cœur. J’en suis ressortie sans réelle réponse et finalement c’est bien ça que j’ai aimé. Une très belle surprise !!

Quand j’ai commencé ce livre et ai constaté qu’Anne Fakhouri figurait au sommaire, je savais déjà pourquoi je le lisais : pour sa nouvelle, et je n’ai pas été déçue. Cette nouvelle vient nous donner une  autre vision du sénéchal Key, en donnant un visage plus humain à ce personnage qui nous est traditionnellement présenté comme méprisant. Un texte plein de richesses et plein de bruine…

J’ai été convaincue par Guenièvre dans la nouvelle de Nicolas Cluzeau. Par contre j’avoue n’avoir jamais fait l’effort de lire Guenièvre dans sa version gaélique : c’est beau « Gwynevere », mais je n’arrivais pas à le lire.

Sinon toutes les nouvelles ont su garder mon intérêt, je n’ai jamais eu l’envie d’en sauter une qui aurait pu me déplaire, elles sont toutes de qualité autant sur le fonds que la forme. La nouvelle d’Estelle Valls de Gomis m’a sur le coup déroutée, puis après réflexion, je me suis dis : pourquoi pas ? D’autant que son univers était tellement bien décrit que finalement, ça passe très bien.

Je finirai sur la nouvelle de Rémy Gallart qui est une vision plus SF des légendes arthuriennes. Cette fois-ci c’est la rencontre entre Merlin et Vivianne qui est mise en avant, ça fonctionne bien et j’ai d’autant plus apprécié que la nouvelle se passe aux alentours de Paimpont  qui est aussi une terre de légende arthurienne, chose que je n’ai malheureusement pas assez retrouvé, à mon goût, dans les autres nouvelles. Evidemment, on pardonnera à Dean Whitlock de situer son histoire en Angleterre, mais c’est vrai que j’aurais apprécié que les auteurs français sachent trouver leur inspiration également en Bretagne plutôt qu’outre-Manche, comme si la véracité de Brocéliande était encore contestable. Je reste nuancée dans mes propos car n’ayant pas lu De Brocéliande à Avalon, peut-être que cette anthologie avait déjà exploité suffisamment la trame bretonne. Et il va sans dire que je vais vite me la procurer.

 

 

Et d’Avalon à Camelot

Anthologie dirigée par Lucie Chenu

Éditions Terre de Brumes

Collection Bibliothèque Arthurienne

18,50 €