M.net : Bonjour Philippe, pour commencer pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

P.O. : Bonjour, je m’appelle Philippe Ossena, je suis vétérinaire et auteur de ‘La prophétie du Ragnarok’ aux éditions Sortilèges. Je suis né en Belgique en 1976, d’origine italienne et vit en France depuis 2003. Un européen en somme.

M.net : Exercez-vous toujours votre métier de vétérinaire ou la vente de vos livres vous suffit-elle ?

P.O. : Étant donné qu’il s’agit de mon tout premier roman, je ne pourrais pas en vivre pour le moment. Ceci dit, je ne suis pas sûr de vouloir arrêter complètement le métier de vétérinaire. Il s’agit certes d’une profession très éprouvante, principalement d’un point de vue émotionnel, mais je m’imagine mal ne plus avoir la contrainte d’une journée de travail ‘classique’. Le contact avec mes collègues, la clientèle et les animaux pourrait bien me manquer terriblement.

M.net : Avez-vous toujours été passionné d’écriture ?

P.O. : De lectures et surtout de livres, oui. Par contre le désir d’écrire n’est apparu que très tardivement, à l’été 2007, lorsque j’ai rencontré Éric et cheminé à ses côtés en Mannaheim. J’avais besoin de m’exprimer artistiquement et de m’évader de mon quotidien. Je me suis auparavant essayé au dessin, j’adore la musique, mais c’est dans l’écriture que j’arrive à retranscrire le plus fidèlement mon imaginaire.

M.net : Des auteurs vous ont-ils inspiré ?

P.O. : Je suppose que mon inconscient a dû être formaté par toutes mes lectures antérieures. Je n’ai pour autant jamais eu d’auteur fétiche. Seule la saga Harry Potter me faisait attendre impatiemment la sortie du prochain volume. Sinon, j’ai découvert la fantasy et la littérature jeunesse principalement après l’écriture de mon premier roman. Paradoxalement, quand j’étais en âge de lire ce genre de littérature, je me dirigeais spontanément vers des grands classiques de la littérature.

M.net : Qu’est-ce qui vous passionne dans la mythologie nordique ?

P.O. : J’apprécie sa simplicité, sa féerie, son imaginaire flamboyant. J’ai un peu plus de difficulté avec son côté rude, brutal et sombre, voire glauque. Mais l’ensemble m’apparaît somme-toute assez poétique. Et, de manière générale, j ‘apprécie toutes les mythologies, toutes sortes de légendes, les récits folkloriques ou tout ce qui est teinté de mystère ou de magie.

M.net : Combien de temps avez-vous passé à faire des recherches sur ce sujet ?

P.O. : Pendant l’écriture assez peu. J’ai simplement relu l’Edda poétique. Le reste est le résultat d’années de passion  et de recherches faites durant mon adolescence. Je m’étais d’abord pris de passion pour la mythologie gréco-romaine, car elle était, et est toujours, de loin la plus accessible. Puis j’ai découvert les mythes scandinaves. Ses elfes, dragons, nains,… tout ce qui constituait l’idée que je me faisais des contes, de la féerie, de la fantasy. Après avoir écumé les dictionnaires et les récits très cérébraux de mythologie grecque, les mythes nordiques me sont apparus comme une vraie bouffée de fraîcheur. La réelle difficulté, à cette époque où internet n’existait pas, fut de trouver des documents qui en parlaient. Je me suis donc abreuvé de tous ce que j’ai trouvé : livres jeunesse, eddas, encyclopédie, opéra wagnérien, …

M.net : Quel était ce rêve qui vous a inspiré l’histoire d’Éric ?

P.O. : Au moment où je me suis installé devant mon ordinateur, j’ai visualisé un de mes anciens dessins où Vallha apparaissait dans un océan d’étoiles et où le serpent Jormungand enlaçait la Terre. Je m’en suis servi pour décrire la première vision d’Éric et ensuite, tout s’est enchaîné.

M.net : Votre trilogie ou série à venir est-elle une interprétation personnelle de l’histoire de Vidar ou comptez-vous raconter toute l’histoire d’Asgard comme une sorte de Edda de Snorri moderne ?

P.O. : Je souhaite mettre en scène les dernières heures des dieux et faire voyager le lecteur à travers les neuf mondes pour qu’il puisse en faire la connaissance. Au début de mon écriture, je voulais rester très rigoureux avec la ‘réalité’ mythologique. Mais les bribes de textes dont nous disposons à l’heure actuelle laissent trop de place aux multiples interprétations, voire se contredisent totalement. Du coup, je m’autorise pas mal de liberté, afin, notamment de rendre le texte plus moderne et accessible.

M.net : Dans la mythologie Vidar et Goll sont-ils vraiment liés de cette manière ?

P.O. : Vidar fait partie de ces personnages dont on ne sait rien ou presque. Plusieurs hypothèses circulent sur son origine. Sa mère pourrait être la géante Grid, qui aura son rôle à jouer dans la suite. Pourtant, il joue un rôle capital dans le Ragnarok. A titre personnel, je pense que dans l’idée des scandinaves, vu leur goût pour les métaphores, il était peut-être logique que le dieu du silence reste secret et mystérieux. Dans leurs croyances, n’est-il pas aussi tout simplement normal qu’à la fin de tout le silence l’emporte ? Il n’y a peut-être derrière ce personnage rien de plus à découvrir que ce message…

M.net : L’histoire des nains est-elle fidèle à la mythologie ?

P.O. : Je le pense. Tout au moins à leur forme la plus archaïque. Je le rappelle dans le livre : ils vivent sous les ponts, sous la terre, dans les pierres. Qui d’autres pourrait-on y trouver. Ils sont également souvent assimilés ou confondus avec les elfes noirs eux même proches de Helheim. Je ne prétends pas que mon interprétation soit la bonne. Mais du moins s’en est une.

M.net : Les noms des personnages nous donnent beaucoup d’indices sur leur nature, pourquoi avoir fait de Grimnir un grand cavalier mystérieux ?

P.O. : Il est vrai que chaque nom possède sa signification Heptifili Spraki par exemple. Heptifili est un nom issu de la pléthore de nains énumérée dans l’Edda et Spraki signifie étincelle (en relation avec son passé de forgeron) Il ne reste plus au lecteur qu’à chercher toutes les significations. Le livre est truffé d’indices, de motif de recherche… Quant à Grimnir, je ne vous dirai rien, si ce n’est qu’il est loin d’être simplement un grand cavalier mystérieux.

M.net : Avez-vous reçu des critiques à propos de ce premier tome ?

P.O. : Jusqu’à présent, un grand enthousiasme prédomine à chaque chronique publiée. Le reproche le plus fréquent est qu’il faut un certains temps avant d’être happé par l’histoire. Une fois fait, on ne lâche plus. Je souhaitais une accélération dans le déroulement du récit, un peu comme un siphon. Je pense y être parvenu et j’aime à penser que la déception du début est due à l’apothéose de la fin.

M.net : Combien de temps vous a pris la rédaction de ce premier tome ?

P.O. : J’ai mis un an à l’écrire et bien plus à le retravailler. C’était mon tout premier essai en terme d’écriture, il m’a fallu un certain temps pour comprendre mes maladresses et les corriger. Si le style à évolué, l’histoire n’a que très peu été modifiée.

M.net : Que représente l’écriture pour vous ?

P.O. : Un moyen d’évasion, d’expression et de partage.

M.net : Que souhaitez-vous transmettre à votre public à travers ce livre ?

P.O. : J’espère donner envie de lire au plus jeunes. J’ai beaucoup travaillé pour que la lecture soit fluide et confortable. Et bien sûr, j’espère mettre en exergue la mythologie nordique et pourquoi pas instruire le lecteur à ce sujet. Mais si on ne retenait de ce livre qu’un agréable moment d’évasion, je serai déjà grandement satisfait. Après tout, lire est avant tout un divertissement.

M.net : Votre maison d’éditions vous a t-elle demandé d’effectuer des corrections importantes au niveau de l’histoire ? Si non, quel genre de détails vous a-t-elle demandé de modifier ?

P.O. : Il n’y a eu aucune modification de l’histoire. La plupart des corrections ont servi à dynamiser ou fluidifier la lecture. Il y a eu quelques petites modifications de vocabulaire et d’orthographe également.

M.net : Où en est le deuxième tome ?

P.O. : Je suis en pleine écriture. Une dizaine de chapitres ont été écrit. Disons les deux tiers du livre. Je m’applique à écourter l’attente, mais je ne transigerai pas sur la qualité pour autant. J’aurai plus de temps à partir de septembre. Le livre devrait quoi qu’il arrive sortir dans la première moitié de 2013.

M.net : Prévoyez-vous une tournée de dédicace ?

P.O. : J’ai déjà fait quelques dédicaces, mais je n’ai rien de prévu dans l’immédiat. Il y en aura certainement d’autres à la sortie du tome 2. D’ici là, je reste ouvert à toute sollicitation.

M.net : Avez-vous un site internet professionnel ?

P.O. : Non, malheureusement. Je ne suis pas un expert en informatique. Ceci explique peut-être cela. Je confie quelques infos sur le livre et partage quelques dessins sur mon facebook, tout le monde y est le bienvenu.

M.net : Avez-vous envie d’adresser quelque chose de particulier à vos lecteurs?

P.O. : À tous ceux qui m’ont déjà lu, je les remercie pour tous leurs gentils messages. Ils m’encouragent beaucoup et font chaud au cœur. Pour ceux qui me lisent ou vont me lire, je leur souhaite de s’évader loin du quotidien, et de profiter de leur lecture pour prendre le temps de rêver un peu en compagnie d’Éric.

Entretien réalisé par InfoComète