Il est délicat de vous parler de ce volume sans trop vous en dire. Sachez que vous aurez des morts violentes à la pelle. Et les têtes d’affiche ne vont pas être épargnées. Autant dire qu’il risque d’y avoir du renouvellement de personnages dans la série et qu’on va découvrir des personnages actuels sous d’autres facettes. Ainsi Tamaki est allé bien plus loin que la simple conception des ninbens, en cela il a poursuivi l’œuvre de son prédécesseur qu’il a trucidé dans un volume précédent. Nous allons d’ailleurs découvrir l’origine de sa vocation pour les combats entre deadmen.

Les combats font rage dans la prison de Deadman Wonderland alors que Makina et ses alliés sont proches du but. Ce n’est pas une victoire qui attend les insurgés, mais une redistribution des cartes. L’homme rouge est de retour, comme il fallait s’y attendre un jour où l’autre. Et il le fait au plus mauvais moment, même si c’est sous une forme pour le moins inattendue.

Ganta va encore perdre de nombreux amis dans cette lutte inégale. Cet ultime combat devait pourtant apporter la justice en ce lieu. Les sacrifices des uns et des autres auront-ils été vains ? Le mal gagnera-t-il toujours ? Et y a-t-il vraiment une combinaison de forces qui permettra de le vaincre ? Deadman Wonderland sera-t-il toujours une zone de non-droit où les pires exactions et les expériences les plus sordides pourront s’épanouir impunément ?

Parmi les ruines de la prison, j’ai parfois entrevu celles d’une centrale nucléaire. Cette illusion s’est d’ailleurs aggravée avec la tenue des surveillants ralliés à Makina. En effet, je trouve que leur uniforme de combat ressemble étrangement à la vaine protection des liquidateurs de Tchenobyl qui sacrifièrent leur vie pour sauvegarder les populations ukrainiennes après le drame. Les Japonais ont, bien avant Fukujima, toujours eu une relation ambiguë avec le nucléaire. Même s’ils confièrent durablement leur production d’électricité en grande majorité à l’atome, les Japonais ont toujours cette fascination-répulsion envers le nucléaire qu’ici on retrouve dans ces détails.

D’ailleurs, les dégâts du grand tremblement de terre à l’origine de tout ne sont-ils pas similaires à ceux d’une catastrophe nucléaire ? Et nous n’évoquons même pas les recherches sur les mutants menés par Tamaki. Nous allons découvrir un nouveau Deadman Wonderland dès le prochain volume, et il risque d’être encore plus abject que celui qui tombe dans le présent volume. Cela nous promet de belles découvertes comme savent les inventer Jinsei Kataoka et Kazuma Kondou.

Deadman Wonderland 9
Jinsei Kataoka et Kazuma Kondou
Traduction par Pascale Simon
Editions Kana
Collection Dark Kana
2012

6,85 €