Nous avions laissé la prison de Deadman Wonderland en pleine révolution au sortir du septième volume de Deadman Wonderland. En effet, Makina, la surveillante en chef, a d’abord introduit trois de ses anciens camarades des forces de sécurité – de vrais pieds nickelés soit dit en passant – et des armes dans l’enceinte de la prison. Elle a par la suite lancé Ganta sur la piste d’Azami la ninben pour débusquer la cachette du directeur Tamaki. Finalement, elle a décidé de quitter ses responsabilités afin de restaurer les droits des détenus et de se débarrasser de Tamaki et de sa clique, même si, pour cela, elle doit aller jusqu’à le tuer. Elle ne pouvait pas imaginer que tous les surveillants la suivraient dans cette aventure risquée.

Alors que l’infirmière à la solde de Tamaki torture Ganta jusqu’à ce qu’il n’éprouve plus la douleur et devienne ainsi apte à combattre et vaincre l’homme en rouge, elle ignore qu’un nouveau venu dans le récit, Madoka Shishito, a décidé de prendre pitié de notre héros et de lui prodiguer quelques soins. Quand on sait qu’il s’agit d’un ninben, qu’il ne porte pas de masque et qu’il ne supporte plus les expériences menées par Tamaki, on peut légitimement se demander pourquoi ce geste, quel est-ce personnage étrange et s’il ne serait pas le résultat d’une expérience ratée. Ganta ayant réussi à s’échapper grâce à Azami et à Shiro, ils se trouvent confrontés aux ninbens parfaits de l’unité alpha. Heureusement les deadmen arrivent à la rescousse.

Autant dire que ce huitième volume démarre sur un train d’enfer, car c’est bien ces combats qui vont être mis en scène tout du long. Ce ne sont pas moins de quatre combats qui vont opposer deadmen et ninbens auxquels le lecteur va assister. Soignés, ils nous montrent les forces et les faiblesses des uns et des autres, même si cela devient assez routinier et repose toujours sur le principe classique du gars qui s’en prend plein la tête, sur lequel on ne miserait pas un kopek et qui explose finalement son adversaire. Répété quatre fois de suite, ça en devient lourd. Et on n’évoquera pas les credo existentiels et les moralités des uns et des autres qui peuvent ressembler à de la philosophie, mais qui relève plus de la pensée du pilier de bar.

Le seul point vraiment positif là-dedans est l’ingénieuse idée des scénaristes qui ont profité des menaces proférées précédemment par les ninbens à l’endroit des deadmen où ils avaient inscrits au revers de leurs masques les faits qui avaient mené les deadmen dans cette prison. En effet, nous verrons au fil des échanges, les drames humains qui ont amené chacun des mystérieux deadmen à être incarcéré. Le dernier combat engage Ganta de façon totalement imprévisible, même si des indices nous avaient été distillés auparavant.

Nous avons ici un volume de transition qui va permettre à l’histoire de prendre un autre cours. Les graphismes restent compréhensibles et soignés malgré les traits de mouvement propres aux scènes de combat. Même dans ces scènes d’action, Jinsei Kataoka et Kazuma Kondou réussissent à donner de l’épaisseur à leurs personnages – malgré la faiblesse consternante des dialogues – et ne se contentent pas de scènes de violence gratuites. Décidément, ces mangakas ne manquent pas de ressources pour tenir leur public en haleine. Vivement la suite.

Deadman Wonderland 8
Jinsei Kataoka et Kazuma Kondou
Traduction par Pascale Simon
Editions Kana
Collection Dark Kana
2011

6,85 €