L’empire des hommes domine le monde. Le grand fléau qui a frappé les terres connues a été vaincu. Nombre de peuples ont disparu quand d’autres, après avoir payé un lourd tribut, en portent encore les stigmates. Peu importe !
Moi, Salarios suis arrivé en sauveur. J’ai asservi le grand conseil des mages.  J’ai bâti mon empire. J’ai fait des hommes, peuples d’esclaves, l’espèce la plus puissante des terres connues.
Il ne me manque plus qu’à faire plier Rachel, mère des magies. Elle devra m’obéir, m’aimer, malgré elle s’il le faut. Mon plan est en marche.

Les éditions Midgard nous livrent une admirable épopée fantasy, aux rebondissements étonnants et à la plume séduisante!

La couverture de Michel Borderie nous présente presque la fin du livre. Je ne la trouve pas très accrocheuse et pas tellement représentative de l’ambiance générale du livre. Ce n’est pas non plus le passage le plus captivant qui a été choisi.

Arthamios est trouvé dans la Forêt des Ombres par le géant Rahauric, l’un des derniers de sa race. Le jeune homme ne se souvient de rien et ne sait surtout pas qui il est. Salarios, l’Empereur suprême, s’inquiète de l’arrivée d’Arthamios qui possède de grands pouvoirs qu’il ne maîtrise pas encore. Rachel, Mère des Magies, pense qu’il est un espion à la solde de Salarios, mais Aqualis le mage va faire confiance à cet amnésique. Une grande aventure les attend.

Dès le début de l’ouvrage, on se retrouve dans un univers original et étrange avec de nouvelles créatures tout droit sorties de l’imagination de l’auteur et non une bête réutilisation de ce que l’on connaît déjà. Entre les Fourins, les Mentrools ou encore les Fiaunes, l’auteur nous plonge dans une nouvelle fantasy où règnent des créatures étranges loin des Elfes et des Nains. Parce que les peuples que croisent Arthamios sont différents et tous précisément décrits, le plaisir de lecture n’en est que décuplé. Pour une fois, on se dit que la fantasy peut être traitée différemment tout en gardant les codes du genre (la quête du héros, des lieux imaginaires, une guerre de mages).

Étrangement, on s’attache d’abord à Rahauric, puis à Aqualis avant d’être touché par Arthamios. Ce n’est pas un mal, car lorsque le personnage se révèle, alors un véritable héros né. Cependant, cela signifie que l’auteur a pris grand soin de ses personnages secondaires : d’Aqualis en passant par Hélios le troubadour ou Jydyne l’apprentie de Rachel. Car il n’y a pas que de la magie et des créatures fantastiques dans ce roman. On trouve aussi un vrai travail sur les relations humaines, les valeurs d’entraide et de confiance, la découverte de soi et la capacité à se surpasser.

Si le roman débute doucement, il y a rapidement une accélération du rythme avec de nombreux évènements et retournement de situation. L’auteur utilise un maximum la carte du monde qu’il a créé. C’est-à-dire qu’il fait traverser les différents « pays » à ses personnages en prenant soin de les y arrêter pour quelques pages afin que le lecteur déguste les lieux merveilleux qu’il nous a concoctés.

La découverte de la réalité sur Arthamios est surprenante bien que peu à peu prévisible ; la faute à quelques dialogues peu judicieux qui nous laissent penser que… Mais ce retour de mémoire du héros est brillant de par le lien qu’établit ainsi l’auteur entre réalité et monde parallèle.

La plume de Luc Lerberghe est délicieuse avec une maîtrise parfaite des descriptions, mais surtout des dialogues d’une finesse rare. J’ai eu le même plaisir de lecture qu’avec Ceux des eaux mortes de Brice Tarvel ; une sorte d’euphorie incontrôlable à chaque page, l’envie de lire et lire encore la suite.

CONCLUSION

C’est donc avec une certaine impatience non contrôlée que j’attends la suite des aventures d’Arthamios et de sa bande. J’ai trouvé que la fin du livre ne laissait pas du tout présager une suite, alors que va faire l’auteur? Patientons… Mais d’ici là, lisez les yeux fermés ce roman captivant!

Arthamios

Chronique d’un Esprit Vagabond  tome 1

Luc Van Lerberghe

Editions Midgard

Couverture: Michel Borderie

17,50€