Après la mort soudaine de Sparky, son chien adoré, le jeune Victor fait appel au pouvoir de la science afin de ramener à la vie celui qui était aussi son meilleur ami. Il lui apporte au passage quelques modifications de son cru… Victor va tenter de cacher la créature qu’il a fabriquée mais lorsque Sparky s’échappe, ses copains de classe, ses professeurs et la ville tout entière vont apprendre que vouloir mettre la vie en laisse peut avoir quelques monstrueuses conséquences…

Après le très décevant Dark Shadow, Tim Burton nous revient avec un film d’animation en stop-motion tout à fait brillant.

Hammer time

Le film en lui-même est une belle référence aux films de la HAMMER avec une superbe ambiance fantastico-horrifique et une pointe d’humour. L’importance de la science et ses bienfaits y sont traités, comme dans un Frankenstein, référence directe du film. Le nouveau professeur de Victor, dandy un peu fou passionné par les expériences, représente l’évolution, le futur que vont rejeter les habitants. Les bienfaits d’une science maîtrisée et les méfaits de la technologie à tout prix s’entrechoquent judicieusement permettant aux spectateurs (adultes…) de se faire leur propre opinion. Un Burton ne serait pas un Burton si on ne parlait pas de la mort, sujet central du film. Le réalisateur joue sur un Sparky recousu qui perd sa queue et dont la tête est retenue par des clous plantés à même la chair. On ne s’étonnera pas que le film soit conseillé aux enfants qu’à partir de 10 ans… La mort, toujours tragique ET poétique chez Tim Burton. Ici, c’est par la découverte de Sparky ressuscité que la ville va évoluer. Mais au final, la mort est-elle réellement acceptée? Car Sparky reste une sorte de mort-vivant accepté de tous. Ainsi, il est bien difficile de faire comprendre à l’Homme la place naturelle de la mort dans sa vie…

On a dit de l’histoire qu’elle était trop prévisible, mais le but du film est de souligner la forte relation d’amitié que peut entretenir un animal et son maître. De plus, la production est signée Disney et il est donc évident que la fin, par exemple, est prévisible. Cependant, je dois avouer m’être fait avoir et penser, rien qu’un instant, qu’une happy-end n’était au final pas envisageable…

Les personnages ont tous un brin de folie excepté Victor, petit garçon attachant, un peu intello et génie sur les bords.

Edgar, petit garçon étrange en quête d’un ami va créer de lourds problèmes à Victor. Sa voix tellement particulière et ses attitudes de freak font de lui un personnage central du film, drôle et touchant. Tim Burton aborde avec lui le handicap et la différence : Edgar est bossu avec une main abîmée, édenté et clopinant. Cependant, le réalisateur aurait pu pousser un peu plus loin la réflexion et mettre plus en avant le personnage qui finalement reste seulement un antagoniste de Victor.

La palme revient à Sparky, chien fidèle et aimant qui n’a cependant pas été humanisé par Burton. Sparky aime Victor, mais lorsqu’il revient à la vie, c’est tout logiquement qu’il veut sortir, jouer à la balle, sauter par-dessus la barrière… malgré les interdictions de Victor. Lorsque Sparky comprend qu’il est un monstre et que toute la ville le voit ainsi, Victor va devoir apprivoiser son chien comme un animal sauvage.

Stop-mo chic

La qualité de l’animation n’a rien à envier aux films actuels. Les animations de Sparky sont incroyables de réalisme et les nombreux détails des décors laissent envisager le nombre d’heures qu’a pris le tournage. Les mouvements de caméra sont stylisés et réellement travaillés comme dans un film live. Les expressions des personnages sont à la fois réalistes et cartoon ce qui permet notamment une dédramatisation au vu de l’intrigue un peu sordide. Au final, on retrouve avec plaisir la même stylisation de l’image que dans Les Noces Funèbres (même si la complexité des personnages dans ce dernier était plus poussée).

CONCLUSION

Malgré quelques thèmes survolés, Frankenweenie est un dessin animé drôle, dynamique et touchant. La passion de Burton pour le fantastique-horrifique est complètement retranscrite dans ce film bon enfant, certes moins adulte que les autres, mais tout aussi divertissant et visuellement abouti.

Frankenweenie

de Tim Burton

avec Winona Ryder, Catherine O’Hara, Martin Short

production Walt Disney Pictures