lawheadleroicorbeau1Robin des Bois au Pays de Galles? Pourquoi pas. Robin des Bois d’origine noble ? Pourquoi pas. Mais encore faut-il dynamiser un tant soit peu son intrigue. Ce premier tome de la trilogie Le Roi Corbeau n’a à mon sens aucun intérêt et sa lecture est des plus ennuyeuses.

XIe siècle, Angleterre. Depuis l’arrivée des envahisseurs normands, les Celtes ont été repoussés dans les montagnes du Pays de Galles. Traqué comme un animal, Bran ap Brychan, héritier du trône d’Elfael, a été contraint d’abandonner le royaume de son père pour se réfugier dans la forêt des Marches. Avec un petit groupe de résistants, il organise la reconquête de son pays avec l’aide de la barde Angharad. Mais comment faire confiance aux Ffreincs, ces horribles barbares qui appauvrissent de plus en plus la population? 

J’étais assez curieuse, voire pressée de lire ce roman et j’ai été vraiment déçue. Les évènements ou retournements de situation sont très peu présents et l’auteur tire et rallonge son histoire pour en faire un roman de 528 pages. À part un léger changement du nom des personnages et du décor, rien ne justifiait cette réécriture de la légende de Robin des Bois.

Certaines scènes reviennent encore et encore sans apporter de nouveautés à l’histoire. Les nombreux dialogues ne sont pas toujours justes et viennent alourdir l’action déjà peu énergique. Le manichéisme de l’histoire ajoute encore un point négatif à l’ensemble.

Le jeune Bran est loin d’être charismatique et les personnages qui gravitent autour de lui n’apportent pas plus à l’intrigue. Seul l’évêque Asaph présente un petit intérêt et permet notamment à l’auteur de proposer une critique de la religion à cette époque ; en opposant Asaph (Breton) à frère Hugo (Normand) par exemple. Dommage que le personnage de Mérianne ne soit pas suffisamment développé. Le modernisme de la jeune femme aurait pu apporter un souffle frais à l’intrigue et un nouveau thème à approfondir. Idem pour son père, personnage touchant et charismatique qui tente à tout prix de rester digne devant les Ffreincs, tout en engageant des alliances avec le baron Neufmarché dans l’espoir de garder ses terres.

Au niveau de l’écriture, on notera beaucoup de répétitions de mots et des phrases assez lourdes. Cependant, on peut également mentionner la qualité des métaphores employées par Lawhead. Certains passages présentent en effet une allure poétique tranchant complètement avec le reste de l’intrigue.

La lecture de ce premier tome ne m’a pas du tout donné envie de lire la suite des aventures de Bran ap Brychan. Il aurait sans doute été préférable pour Lawhead de proposer une intrigue nouvelle et non une adaptation d’un mythe lu, vu, relu et connu de tous.

Le Roi Corbeau
Robin T1
Stephen Lawhead
Orbit

7,50€